Seul sur la mer immense / M Morpugo

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Un titre empreint de rêve, une porte ouverte sur le voyage et l’imaginaire. Une couverture lumineuse, turquoise, un clé, un fil… Autant de promesses…

Promesses un peu déçues à la lecture, comme c’est souvent le cas pour moi avec Morpugo. Mais c’est un sentiment très personnel qu’habituellement mes compagnons de lecture ne partagent pas.

Angleterre. 1947. Arthur est embarqué par l’Australie. A l’arrivée enchanteresse succède une vie misérable d’esclave dans une exploitation agricole. Arthur et son ami Marty réussissent à s’enfuir et s’ensuit pour eux une vie riche de rebondissements, parfois heureux, plus souvent dramatiques mais toujours liés à la mer.

De son passé anglais, Arthur se souvient d’avoir une soeur, Kitty, qui lui a un jour donné une clé qu’il porte constamment autour du cou. Et une chanson aussi, rengaine qui le suit inlassablement London Bridge is fawlling down…

Un livre avec de beaux passages mais pour moi un léger manque d’émotions qui m’a empêchée d’entrer totalement dans le roman.

« Au cours de ma vie, je suis entré dans des dizaines de ports à travers le monde. Aucun d’eux n’est aussi impressionnant que Sydney. Liverpool avait été sombre et gris quand nous étions partis. Sydney était bleu, parfumé, brillant, beau et embaumait. Je n’oublierait jamais cette arrivée. Nous avions atteint le port au matin, sur notre grand navire aux cheminées rouges, la sirène rugissant pour nous annoncer fièrement. Et je sentais que je faisais partie de cette nouvelle splendeur.

Nous nous penchions, Marty et moi par-dessus le bastingage, regardant éblouis, enfiévrés – je crois que c’est le mot qui concient le mieux. Tout était nouveau et merveilleux pour moi, la tiédeur de la brise, les centaines de voiliers voguant sur la baie, leurs voiles blanches gonflées par le vent, le Sydney Harbour Bridge, ce pont si majestueux, les maisons aux toits rouges sur les collines environnantes, et la mer – je ne savais pas que le bleu pouvait être si bleu. Aucun endroit n’aurait pu être plus beau. Je n’avais aucun doute : nous entrions au paradis. » Michael Morpugo

Le premier qui pleure a perdu / A Sherman

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Un roman à mettre en parallèle avec Lune Indienne (voir billets précédents) pour le sujet qu’il traite : la question des Indiens dans les réserves américaines.

Junior vit dans une réserve d’indiens Spokane.

C’est une vie aux caractères particuliers, partagés par tous ceux de la réserve : on y cotoîe la pauvreté, la violence, l’alcoolisme, la mort plus que partout ailleurs. Junior connaît cela et plus encore : il est né avec un problème au cerveau qui le rend particulièrement fragile et cummule les handicaps physiques.

Qu’à cela ne tienne : Junior est un indécrottable optimiste.

Une fois il cède à la colère, une seule fois. C’est son premier jour de lycée ; il est heureux, ravi même. On lui distribue son livre de géométrie, il a envie de l’embrasser. Il l’ouvre et il voit le nom de sa mère inscrit en première page. Il réalise que le livre a 30 ans de plus que lui. Une colère le submerge, il se lève en envoie le livre à la tête du prof de maths.

La révolte commence. Une belle et longue discussion avec le prof en question, blanc, malheureux du rôle qu’on lui fait jouer à enseigner à des ados indiens sans avenir, amène Junior à prendre la plus importante décision de sa vie : s’inscrire dans un lycée de Blancs.

Pour tenir sa décision Junior devra subir l’animosité des siens qui le considèrent comme un traître à la tribu et celle de ses nouveaux camarades qui le voient comme un extraterrestre.

Mais son optimisme et son humour sont ses meilleurs armes.

Sherman Alexie truffe son récit des dessins de Junior, toujours bien vus et amusants, qui ajoutent au coté très intime du roman.

Un livre dur, très dur, qui réussit le pari d’être aussi joyeux, gai, positif.

C’est frais et souvent c’est beau.

 

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Ceux qui sauront / P Bordage

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Encore un livre sur le totalitarisme et la révolte d’adolescents contre leur système politique. Cette révolte suit les étapes-type : rencontre, prise de conscience du monde dans lequel on vit, alliance, histoire d’amour, soulèvement. Bref on est très près du Combat d’hiver de La déclaration, de Méto.

La question qui vient à l’esprit est légitime : y a-t-il encore quelque chose à écrire sur le sujet ? La réponse vient aussi rapidement : OUI !

Le principe d’écriture de cette nouvelle collection du Père castor est pour le moins original : c’est l’Ukronie. Je ne connaisais pas la définition de ce mot, parfaitement expliqué en introduction au roman. U veut dire non et kronie le temps. L’Ukronie, c’est le temps qui n’existe pas, ou plutôt le temps qui aurait pu exister si les évènements s’étaient déroulés différemment. Alors on s’amuse à voir Pierre Bordage inventer ce monde, le nôtre, pourtant si différent. Une donnée historique et politique a tout changé : la restauration monarchique a eu lieu et a tenu bon après le règne de Naopléon.

Ce qui en découle est simple : l’aristocratie s’est maintenue au pouvoir, la capitale s’est fixée à Versailles, internet ne diffuse que des informations de propagande. Et surtout, une large classe pauvre, les « cous noirs » s’est développée. Aux personnes de cette classe on refuse, outre l’accès à la richesse, l’accès au savoir. Certains se révoltent contre cet état de fait et la nuit, dans les villages, les mères amènent leurs enfants suivre des cours clandestins. Ceux qui sont découverts sont punis de mort ou de bagne.

Dans ce monde sclérosé, Jean et Clara, pourtant nés aux deux extrêmes de la société vont savoir se rencontrer. Ce sont leurs aventures que l’on suit à un ryhtme halletant.

Ce roman sent fort la littérature de jeunesse, l’écriture qui tente de séduire sont public. Pour autant, on se laisse prendre au jeu et au ryhtme de l’histoire, on ne la lâche pas jusqu’à son dénouement. Il y a fort à parier que, proposé à un public de collégiens,  le roman plaira… beaucoup !

 

Alex Rider/Anthony Horowitz [tome I:Stormbreaker]

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Alex Rider, quatorze ans parle l’anglais, le français, l’Espagnol et l’allemand. Il est premier dan de ceinture noire, a des notions d’escalades et dans plein d’autres domaines. Il vit chez son oncle, Ian Rider, banquier souvent absent avec Jack, gouvernante avec qui il s’entend très bien. Il a une vie tranquille dans Londres jusqu’à la mort accidentelle de son oncle, qui n’est pas si accidentelle que ça. Après avoir découvert cela, il se retrouve enrolé dans les services britaniques MI6, là où travaillait en réalité son oncle.

Sa première mission est bien périlleuse : il doit infiltrer l’usine informatique de Sayle. M.Sayle veut faire un don d’un nouvel ordinateur a toutes les écoles britaniques. Pour empêcher le plan diabolique qui se cache derrière un don si généreux, Alex va devoir faire preuve d’ingéniosité et de prudence car tout sera semé de pièges et d’épreuves.

Je ne suis qu’au début de la série et je suis complètement sous le charme. Le premier tome, Stormbreaker a été adapté au cinéma par Geoffrey Sax et Alex Pettyfer est dans le rôle d’Alex. Je ne peux pas vous en dire plus je ne l’ai pas encore vu. C’est une série pleine de rebondissements qui plait et qui plaira à beaucoup.

Bérengère

Magnifique Le Clezio

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Pour le plaisir, la conclusion de sa conférence lors de la remise du Nobel :

À l’enfant inconnu que j’ai rencontré un jour, au bord du fleuve Tuira, dans la forêt du Darién. Dans la nuit, assis sur le plancher d’une boutique, éclairé par la flamme d’une lampe à kérosène, il lit un livre et écrit, penché en avant, sans prêter attention à ce qui l’entoure, sans se soucier de l’inconfort, du bruit, de la promiscuité, de la vie âpre et violente qui se déroule à côté de lui. Cet enfant assis en tailleur sur le plancher de cette boutique, au cœur de la forêt, en train de lire tout seul à la flamme de la lampe, n’est pas là par hasard. Il ressemble comme un frère à cet autre enfant dont je parle au commencement de ces pages, qui s’essaie à écrire avec un crayon de charpentier au verso des carnets de rationnement, dans les sombres années de l’après-guerre. Il nous rappelle les deux grandes urgences de l’histoire humaine, auxquelles nous sommes hélas loin d’avoir répondu. L’éradication de la faim, et l’alphabétisation.

Dans tout son pessimisme, la phrase de Stig Dagerman sur le paradoxe fondamental de l’écrivain, insatisfait de ne pouvoir s’adresser à ceux qui ont faim – de nourriture et de savoir – touche à la plus grande vérité. L’alphabétisation et la lutte contre la famine sont liées, étroitement interdépendantes. L’une ne saurait réussir sans l’autre. Toutes deux demandent – exigent aujourd’hui notre action. Que dans ce troisième millénaire qui vient de commencer, sur notre terre commune, aucun enfant, quel que soit son sexe, sa langue ou sa religion, ne soit abandonné à la faim ou à l’ignorance, laissé à l’écart du festin. Cet enfant porte en lui l’avenir de notre race humaine. À lui la royauté, comme l’a écrit il y a très longtemps le Grec Héraclite.

J.M.G. Le Clézio , Bretagne, 4 novembre 2008

© LA FONDATION NOBEL 2008

Vous trouverez le texte intégral ici.

 

Fille du destin/Isabel Allende

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C’est la première fois que je lisais un livre d’Isabel Allende et j’ai l’intention de continuer. Je l’aurais certainement mal compris ou vu trop différemment en le lisant plus tôt. C’est un livre, je pense à ne lire qu’à partir de la 3°.

Le savon est la première odeur que le fin nez d’Elisa Summers a connu, enfin c’est ce qu’elle dit, car Mama Fresia qui l’a trouvée dans une caisse de savon lui affrime qu’un bébé n’a pas de souvenirs. Elisa a grandi entre l’élégante demeure anglaise de Miss Rose et ses fréres, dans le port de Valparaiso au Chili et les cuisines de Mama Fresia, leur cuisinière. Elle est une jeune fille modéle jusqu’a ses seize ans quand elle tombe follement amoureuse de Joaquin. A partir de-là sa vie va devenir aussi mouvementée que les histoires qu’elle s’invente. La fiévre de l’or atteind tous les pays et les chiliens ne sont pas épargnés. Joaquin va partir … et Elisa aussi lorsqu »elle se verra enceinte.

Elle entâme une longue et pénible traversée avec Tao Ch’ien le médecin chinois, jusqu’à la Californie. La Californie, avec si peu de femmes et tant de dangers.

Le cadre historique, tous ces personnages si détaillés, si réels, cette héroïne si attachante, et tellement encore rendent ce livre vraiment fascinant.

Bérengère

La loi du roi Boris / Gilles Barraqué

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Sa majesté Boris III , roi du Poldovo s’ennuie. Une bonne guerre, voilà ce qu’il lui faudrait pour l’occuper un peu…Une guerre, oui, mais contre qui ? Son cousin et voisin le grand Duc Fernand-Joseph de Grönemburg ? Une malencontreuse faute d’orthographe commise par le roi en personne va sceller le destin du petit royaume du Poldovo. Ce n’est pas à un pays que Boris III va déclarer la guerre mais à une lettre : ce « e » ridicule qui n’aurait d’ailleurs jamais dû exister, ce « e » que désormais personne n’aura plus le droit d’utiliser. Ce que les habitants de Poldovo prennent d’abord pour une blague ou une nouvelle fantaisie de leur monarque tourne vite au cauchemar… 

Un roi ubuesque qui édicte une loi imposant une « Disparition » à la Perec…Un récit drôle, pour les 6e/5e, qui permet aussi d’aborder avec les plus grands la dictature, la guerre et la Résistance face à l’absurde.

 « Ferventes pensées envers ce cher Perec, subtil barbichu, baron d’Oulipo, toujours parmi nous ! »

 

Trois ombres / C Pedrosa

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Joachim et ses parents vivent dans une sorte d’eden familial et sylvestre. Ils se promènent en forêt, se baignent dans le lac et passent leurs soirées ensemble, au coin du feu dans leur douillette maison de bois. Un soir, par la fenêtre, Joachim aperçoit trois ombres de cavaliers sur la colline. Elles ne partiront plus. Chaque jour plus proches elles s’évaporent pourtant quand le père de Joachim s’avance vers elles. Sa mère comprend très vite qu’il ne sert à rien de lutter : les ombres ne repartiront qu’avec Joachim. Le père entre dans une rage folle à l’annonce cette nouvelle et décide de fuir, son fils dans les bras, de l’autre coté du fleuve…

Voici une bande dessinée qui emporte, voire emprisonne dans son univers, son émotion. De même que les personnages avancent vers un destin inéluctable, le lecteur et amené vers le dénouement sans pouvoir offrir aucune résistance. Le graphisme est porteur d’une force envoûtante (bien plus que le scénario, plus inégal à mes yeux). Il bouge, se déstructure, se modifie, revient à son trait initial au rythme des sentiments des personnages en lutte contre leur destinée.

Un beau moment d’émotion donc, et certaines pages magnifiques qui restent longtemps présentes à l’esprit…

 

Le retour / Bernhard Schlink

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train ride
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Le jeune Peter grandit dans l’Allemagne des années cinquante auprès d’une mère distante. De son père il ne sait rien si ce n’est qu’il serait mort pendant la guerre. C’est pourtant chez ses grands-parents paternels qu’il passe toutes ses vacances, en Suisse, et c’est là qu’il goûte aux petits plaisirs de la vie. Des grands-parents relecteurs pour une collection de littérature populaire, et qui fournissent le petit Peter en papier de brouillon avec ces épreuves corrigées au dos desquelles il dessine ou fait ses devoirs. Malgré l’interdiction formelle de lire le recto de ses brouillons, Peter est un jour intrigué par l’un de ces récits. Il y est question d’un soldat prisonnier en Sibérie… C’est le point de départ d’une quête pour assembler les morceaux de cette histoire liée à sa propre vie et au passé de sa famille.

Un roman initiatique, le périple d’une vie, d’Allemagne en Suisse en passant par les Etats-Unis puis l’ex RDA,  à travers l’Histoire de l’Allemagne. Et toujours en filigrane l’Odyssée d’Ulysse…Un récit surprenant, qui brouille les pistes (« Mais d’ailleurs, tenons-nous à tout savoir précisément? »), truffé de références littéraires et historiques allemandes et de réflexions sur la justice, la vérité, la culpabilité. Intéressant aussi pour les germanistes, mais plutôt adultes ou grands lycéens…

« Je songeai à un vieil ami qui sait désigner et détailler comme personne les étoiles et les constellations. Il invente tout, mais même quand on le sait, c’est un plaisir de l’écouter. Parce que nous ne serions pas plus avancés avec les vrais noms? Parce qu’il s’agit simplement en donnant des noms et des significations, de rendre familier l’immense scintillement du ciel étoilé ? »

La Belgariade / David Eddings

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Pour mon premier article ici, je vais vous parler de la Belgariade une série fantastique signé David Eddings. J’ai pu lire la série seulement cet été parce que ma soeur me jugeait trop jeune lorsque j’étais en 5°, et en 4° j’ai pas trop eu le temps.

Garion, le héros de la série, vit avec sa tante Pol dans une paisible ferme. Parfois, un vieux conteur passe et Garion est fasciné par toutes ses histoires. Il vit donc assez innocemment jusqu’au jour où il part avec sa tante Pol, « sire Loup » (comme il appelle le vieu conteur) et Durnik le forgeron. Les voilà partis pour une longue aventure qui va les mener travers tout le royaume du Ponant et même au-delà. Il vont trouver des alliés précieux et des enmemis parfois aussi cruels que doués.

Dans ce monde que les dieux on créé deux prophéties s’affrontent : l’une rapportrait l’équilibre qui a été troublé et l’autre qui mettrait le dieu jaloux a la tête de tous, ce dieu mal aimé friand de sacrifices humains qui a détourné l’équilibre en volant l’obre d’Aldur, la pierre vivante.

Voilà une série fascinante avec son histoire captivante, ses mythes, ses pleuples si différents parfois les uns des autres avec leur cultures, des paysages variés, et surtout des personnages attachants avec leur superbe évolution. Moi j’en aime beaucoup mais j’ai un petit faible pour tante Pol.

Le tout est magnifiquement bien assemblé. Je vous le conseille vivement.

Bérengère