Interview de Christine, enseignante en lycée professionnel en Seine Saint Denis. Elle raconte la transition mais aussi sa propre adaptation aux Progiciels de Gestion Intégrée.
LeWebPédagogique – Comment avez-vous accueilli la mise en place des PGI dans votre Académie ?
Christine : Notre inspecteur nous y sensibilise depuis au moins trois ans déjà au cours de ses réunions de rentrée. L’établissement dans lequel j’enseigne est équipé d’un PGI depuis l’an dernier, PGI que nous avons commencé à utiliser en septembre dernier.
Concrètement, l’idée est de commencer à l’utiliser avec les élèves nouveaux entrants en seconde et de poursuivre durant les trois années de scolarité jusqu’à leur baccalauréat. Pour le moment, j’ai commencé avec ma classe de seconde, tout comme les autres enseignants qui suivent le mouvement.
LWP – Qu’est ce que les PGI ont changé pour vous, dans votre enseignement ?
Christine : Le PGI permet plus d’interactivité entre les concepts théoriques du programme et la pratique professionnelle. Avec les nouveaux programmes du bac pro et en l’occurrence la seconde professionnelle MSA « Métiers des Services Administratifs », l’utilisation d’un PGI apparaît comme une évidence. En effet, les programmes cherchent à vraiment rapprocher l’élève de l’univers professionnel et avec le PGI, quand l’élève rentre en classe, il n’est plus vraiment élève, il est le salarié d’une entreprise avec un poste défini, il doit répondre à une demande de son supérieur en réalisant une activité nécessitant outils et logiciels professionnels. Par exemple, comme en entreprise, où un chef de produit et un comptable n’ont pas les mêmes accès, les élèves ont des droits d’utilisateurs différents selon leur poste. Et il y a un vrai travail collaboratif entre eux, comme dans des équipes de travail pro. Le PGI, ça nous rapproche vraiment de la réalité en entreprise.
Concrètement, cela requiert plus de collaboration entre enseignants, le développement de nouveaux supports (à lire la semaine prochaine sur notre blog), mais en contrepartie, la double ou triple saisie des données est supprimée, ce qui permet de gagner du temps.
LWP – Avez-vous rencontré des difficultés pédagogiques ?
Christine : Oui, j’ai notamment rencontré des difficultés liées aux absences tournantes de certains élèves et, de fait, quelques soucis pour les raccrocher à la séquence. J’ai résolu ce problème en effectuant des sauvegardes systématiques à chaque séance afin de raccrocher les absentéistes.
LWP – Avez-vous rencontré des difficultés techniques ?
Christine : Oui, j’ai rencontré des soucis lorsque que j’ai du me décider si je voulais travailler en local ou en réseau. J’ai opté pour la version réseau car je ne suis pas dans la même salle de cours et les élèves n’ont pas de postes informatiques attitrés. Cette question risque de se poser lorsque tous les élèves seront sur PGI.
Nous avons aussi rencontré des difficultés pour récupérer le travail de certains élèves. Nous avons deux serveurs au lycée et certains de mes élèves n’avaient pas sauvegardé leurs travaux sur le bon serveur.
LWP – Comment réagissent vos collègues ?
Christine : C’est assez difficile à dire. Notamment car nos pratiques pédagogiques sont différentes. Je note cependant que les “jeunes” enseignants sont moins réticents aux changements. Actuellement au lycée j’échange avec trois collègues concernant le PGI et nous montons un travail « collaboratif » en commun pour ma classe de seconde pour la fin d’année. Ça marche plutôt bien.
Mercredi prochain, retrouvez l’avis de Christine sur le passage aux PGI mais surtout, ses trucs et astuces !