Interview d’Arnaud DOUIN, commercial chez EBP, une société qui édite des Progiciels de Gestion Intégrée (PGI). Il nous éclaire sur les avantages et les inconvénients des PGI dits « libres », c’est-à-dire disponibles gratuitement sur Internet et développés par les internautes volontaires, par rapport aux PGI payants, commercialisés par des éditeurs.
Retrouvez ici la première partie de l’interview.
Le WebPédagogique : Les PGI libres sont-ils de bonne qualité ?
Arnaud Douin : Oui on peut considérer que les plus connus, ou dans le secteur de l’éducation ceux qui sont dits “Reconnu d’Intérêt Pédagogique”, sont de bonnes qualités. Par contre, il convient d’être attentif à d’autres paramètres qui, dans certains cas, nuisent à la perception que les utilisateurs ont de la qualité du produit.
Par exemple, on m’a souvent signalé que le nombre de mises à jour disponibles posait problème. Il y a aussi des soucis avec les langues. Ça peut être la documentation qui n’est pas en français, ça peut être carrément un module du PGI qui n’a pas été francisé.
Plus ennuyeux encore d’un point de vue pédagogique, on trouve encore des erreurs de traductions comme confondre, dans le logiciel, les termes “remise” et “escompte” pour ne citer qu’un exemple… Très embêtant !
Autre « mythe », l’installation que certains imagine plus simple pour un PGI libre. Les différents témoignages montrent le contraire. L’installation de PGI libres est en général considérée comme délicate à mettre en œuvre pour les non-initiés, et suppose des compétences solides en informatique.
Soyons honnêtes, il en va de même pour la plupart des PGI « payants ». Mais dans certains PGI libre, l’absence d’offre « packagée », contenant à la fois le gestionnaire de base de données et le PGI, oblige à installer préalablement le gestionnaire de base de données avant de mettre en place le PGI, puis créer les liens fonctionnels entre la base et le PGI, ce qui n’est pas toujours évident ! Enfin, dans une utilisation 100% internet, les concepteurs doivent aussi veiller à conserver des temps d’affichage acceptable.
Les limites sont aussi visible à l’écran. L’interface c’est-à-dire ce que l’on voit à l’écran, d’un PGI libre est ainsi moins détaillée que celle du PGI « classique ».
Dans un modèle 100% internet, il convient dans un souci d’efficacité de ne pas surcharger la bande passante afin d’obtenir des temps de réaction acceptable en utilisation professionnelle. C’est une des raisons qui expliquent que l’interface des logiciels soit moins fournie que dans un logiciel traditionnel. Certain sont prêt à l’accepter, pour d’autres cela complique l’utilisation voire il s’agit d’une régression insupportable.
Le WebPédagogique : Quelles sont les caractéristiques de ce débat libre/payant propres aux PGI ?
Arnaud Douin : A l’origine le débat libre-gratuit/payant est une conséquence à l’hégémonie de Microsoft sur les systèmes d’exploitations. L’émergence du système Linux a lancé une nouvelle façon de concevoir des applications non plus seulement par des compagnies privées mais aussi via un système communautaire rendu possible avec l’arrivée d’Internet.
Concernant les PGI, l’intérêt ne provient pas d’une réaction à un « monopole » puisque le marché se repartie principalement autour de 3 ou 4 sociétés. Ce qui a contribué à l’arrivée de « PGI libre » est comme on l’a vu précédemment l’arrivée des technologies « full web ».
Aujourd’hui, le fait que plusieurs produits existent (et fonctionnent) montre que, d’une certaine manière, le pari est gagné. Mais à l’instar de Linux qui finalement, ou pour le moment, n’a trouvé qu’un marché de niche puisque ni sur le marché des entreprises, ni sur celui des particuliers, il n’a réussi à s’imposer, le PGI libre lui aussi tarde à s’imposer.
On l’a vu l’aspect coût (qui reste le facteur de choix principal des logiciel Open source) n’est pas si décisif qu’on l’imagine de prime abord. Ça peut même être un défaut pour certaines entreprises privés. J’ai travaillé de nombreuses années chez Microsoft, et il m’arrivait de discuter avec des Directeur Informatiques qui avaient choisi nos produits mais reconnaissaient préférer ceux de mes concurrents. Alors pourquoi ce choix ? Pour la tranquillité. Tranquillité vis-à-vis des utilisateurs, de la direction… On retrouve cela aujourd’hui sur les produits de gestion avec le logiciel SAP. Dire que sa gestion est traité sur SAP est souvent un argument que les sociétés ayant fait ce choix mettent en avant. Dans le secteur public, faire le choix de l’Open source c’est aussi s’affranchir de la dépendance vis-à-vis de grandes sociétés étrangères. Mais là encore les PGI libres ne répondent qu’en partie à ce besoin. Parce qu’ils sont autonomes, les données sensibles contenues dans les PGI libres sont elles plus en sécurité ? Rien n’est encore prouvé.
Attention, je ne veux pas accabler les PGI libres mais remettre les choses en perspective…
Mais où est le débat ? Il n’y en a aucun puisque seul un commercial d’EBP se voir offrir une tribune…
Bonjour,
Drôle de définition du mot débat, ci ce dernier doit se construire sur un seul son de cloche : l’ITW d’un commercial EBP, qui défend sa paroisse
Faute d’être un expert en la matière, je ne ferai que citer qqs sources :
« l’émergence récente de plusieurs ERP libres permet de minimiser les inconvénients de coût (liés à l’acquisition des licences logicielles), de rigidité et surtout de captivité. L’utilisation de formats ouverts facilite également les échanges de données, en interne et vers l’extérieur. »
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Progiciel_de_gestion_int%C3%A9gr%C3%A9
De plus, comme une autre personne l’a souligné dans l’ITW partie 1, libre ne veut pas dire gratuit. Le chiffre d’affaire des logiciels libres augmentent chaque année :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre#Le_logiciel_libre_dans_le_march.C3.A9_du_logiciel
Cordialement.
David Prudhon, chef de projet Internet