Deuxième semaine de janvier

Images de Philippe Seguin et d’Eric Rohmer

L’ombre. Celle qui caractérise les nègres littéraires, ceux qui conseillent la communication de leur protégé, ou ceux qui entraînent leur champion. L’ombre, c’est aussi ceux qui travaillent pour l’Etat ou pour une entreprise, même philanthropique.

L’ombre, c’est d’abord celle du réalisateur. Eric Rohmer était un cinéaste qui utilisait les technique nouvelles de son époque. Son approche du film était celle qui permettait de rompre avec l’ancien moyen de filmer, au profit d’une nouvelle. Tout cela pour rendre le cinéma à la merci de celui qui le visionnait. Les films du mouvement auquel il appartenait, « la Nouvelle Vague« , mettait le film comme une reconstitution sociale, culturelle ou historique de la société de son époque. Un miroir obscur.

L’ombre, c’est aussi celui qui gravit les échelons sans être au-devant de la scène. Philippe Seguin, était un homme convaincu par la place de l’Etat. Pupille de la Nation, il en était devenu le serviteur. Celui qui ne se laissait pas influencer par ses anciens compères, l’arbitre des sages et des commères. Passionné par son métier, et par le football, Philippe Seguin a du batailler pour être arrivé à cette place et reconnu (lisez « La lutte des places » de Vincent de Gauléjac et vous comprendrez qu’on ne devient pas le président de la Cour des Comptes juste en serrant la main à toutes les personnes possibles et imaginables). Ce qui est incroyable, c’est que depuis qu’il est mort, Philippe Seguin n’a jamais eu autant d’amis, qui eux n’hésitent pas à se montrer. Le plus fort, c’est qu’un de ces derniers a fait l’éloge des qualités du disparu, et que cet orateur en soit dépourvu. Être à tout prix dans la lumière pour montrer la vie exemplaire de M. Seguin, cela ne s’appelle plus un hommage, c’est plutôt de l’opportunisme…

L’ombre, c’est aussi le souvenir. Celui que laisseront les hommes, femmes et enfants disparus lors du tremblement de terre à Haïti

  • Infos essentielles

L’effronterie a une limite : une entreprise licencie, cela arrive, et décide de se relocaliser en Tunisie. Pas de chance, un incendie détruit sa nouvelle implantation et la société souhaite revenir en France. Le préfet de la région concernée interpelle le consulat tunisien et stoppe la délivrance des visas. L’argument ? la société a délocalisé, bien, mais le fait qu’elle revienne en France avec ses employés ce n’est pas possible pour des travailleurs venant hors de Schengen. L’Europe a institué cette règle : vous ne pouvez employer un individu hors communautaire si vous êtes certain qu’aucun travailleur européen puisse faire le travail demandé. (Voir l’article du Monde)

L’effronterie a des limites (bis) : Google serait-elle une entreprise idéaliste? A priori non. Mais lorsque des hackers chinois viennent l’attaquer, elle avertit le gouvernement chinois qu’elle se débarrasse de la censure. Google.cn sans aucune entrave, vous imaginez? Il faut bien lire entre les lignes: Google ne veut pas partir de la Chine, en fermant son serveur local, Google ne pose pas de principes sur le droit d’expression libre, sinon l’entreprise l’aurait fait bien avant, mais qu’on attaque la firme de Richmond, alors là, attention à vous. Ca me rappelle la chanson de Carmen (« si moi je t’aime, prends garde à toi »). PS : l’article présenté est celui du Point.fr, ce n’est pas le meilleur, mais regardez les réactions, elles sont assez intéressantes…(Voir l’article du Point.fr)

  • A suivre :

Des ondes pour la mémoire ? : alors qu’on annonçait une manière de retarder les effets de cette maladie suite à des tests sur des souris (voir article de ce blog daté de la troisième semaine de décembre), une équipe d’autres chercheurs soulignent que les ondes des téléphones portables ne seraient pas nocives pour les souris. Cette étude demande confirmation … (Voir l’article du nouvel Obs).

La prison alternative ? Un autre système carcéral existe, il s’agit de permettre aux prisonniers d’acquérir du savoir-faire en-dehors de la prison. Durant la journée, les prisonniers travaillent, et le soir ils rentrent dans un centre fermé. C’est l’expert Paul-Roger-Gontard qui délivrera la marche  à suivre …  (Voir l’article du Monde)

  • Valeur 0 :

Confirmation d’un futur étiquettage « sans OGM » ; scan vertical sur port USB ? ; It’s my responsability ; on a à peine le temps de souffler ; le logo de la discorde ; ne m’appelez plus jammais La Posteeeuuh , mais La Poste S.A. … ; l’attaque des clones ; cela devait bien arriver un jour ; voici l’avenir … ; Word interdit à la vente ? ; Chériii ! J’arrive pas à payer nos impôts … ; une couche en plus ? ; l’IPhone subventionné … ? ; plus ambigü, tu meurs ; là, on ne peut pas mieux dire ; un pas en avant, un pas en arrière … ; on n’est sûr de rien Jean-Claude ;

2 réflexions au sujet de « Deuxième semaine de janvier »

  1. Google contre le gouvernement chinois:  » Business  » ou  » Don’t be evil  » ?

    Google communique à tout va sur sa décision de ne plus continuer à censurer les résultats sur Google.cn ! En-effet, après la détection d’une cyber-attaque visant des comptes Gmail de militants chinois des droits de l’homme, le géant de Mountain View engage un bras de fer avec le gouvernement chinois et se dit prêt à stopper ses opérations dans l’Empire du Milieu !

    Un article de Tech Crunch qui fait le buzz s’interroge sur la sincérité de cette campagne: s’agirait-il plus de business que d’éthique ? En-effet, Google perd de l’argent sur ses opérations chinoises et ne ferait que profiter de cet incident pour revoir ses positions. Par ailleurs, d’une pierre deux coups, ses compromissions passées avec la censure chinoise avaient ces dernières années durement malmené son image de marque.

    Alors,  » Business  » ou  » Don’t be evil  » ?

    C’est la question du sondage trouvé sur Pnyx: http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/493

    A votre avis, ce bras de fer, n’est-ce que par intérêt pour négocier de meilleures conditions d’exploitation en Chine, ou est-ce pour retrouver – tardivement, mais mieux vaut tard que jamais – les valeurs de son célèbre et humaniste slogan ? Ou les deux, tant qu’à faire …

  2. je ne sais pas vraiment. La chine est un formidable marché, et le perdre serait déraisonnable. D’au autre côté passer pour une entreprise sans scrupule ne va pas arranger les affaires de Google. Voici donc, à mon avis, leur ligne de conduite : négocier avec les autorités tout en gardant une image respectable d’entreprise à travers le monde.

Laisser un commentaire