Deuxième semaine de mai

La honte, la colère, l’impuissance


Ces trois sentiments m’animent en ce moment, car depuis un trop long moment, nous ne sommes pas capables de comprendre la crise qui touche l’Europe. Il est pourtant vital d’en saisir le sens, non pour assimiler les informations débitées sur la radio et la TV, mais pour  remarquer que cette crise a un impact sur notre avenir. Je ne m’aventurerai pas sur le domaine économique ou politique, tels que certains spécialistes le font. Non, mais juste quelques remarques (peinture du « Radeau de la Méduse« , tableau de Géricault).

La honte

Cela commence avec le Traité de Maastricht. J’aurais voté pour à l’époque, et le fait que cela fut adopté avec une marge de papier à cigarette pouvait nous faire envisager du meilleur comme du pire. A l’époque, je savais que ce Traité apportait quelque chose de neuf, même si je ne savais pas quoi exactement. L’Europe, pour beaucoup de monde, représentait l’avenir. La coopération politique et économique arrivaient, et en même temps, plus de guerres sur le continent. Que demander de plus ?

Ce qu’on a surtout vu, c’est la création de l’euro, qui prenait en lieu et place l’écu. Puis vint la BCE, puis l’Eurostat,  l’Euronext, l’espace Schengen, bref des outils intéressants pour  la production, la vente, l’achat de biens. Mais cela est resté cantonné à l’économie. Il y a eu d’autres outils, mais l’essentiel de l’Europe se trouve sur ces composantes économiques. Pire la guerre du Kosovo est apparue …

Alors, oui la honte, car Herman Von Rompuy n’aura pas la carrure de Robert Schuman,  et que la Journée de l’Europe est passée inaperçue. La honte aussi, car nous n’avons pas entendu Mme Ashton (chef de la diplomatie européenne) parler de la crise, la faute peut-être aux média français trop chauvins qui se sont cantonnés à la chancelière allemande et au président français.

La honte car l’Europe ressemble plus à une hydre de Lerne, aujourd’hui, la confusion semble être une seconde nature.

La colère

L’Europe s’est engluée dans un système qu’elle n’a pas conçu, mais qui croyait que ce dernier pouvait lui être bénéfique. Le système des agences de notation et de la liberté (anarchique) des marchés a fait plonger la Grèce, pays ô combien respectable, même si l’Allemagne l’a égratigné en passant.  L’Europe croyait s’en sortir mieux que les autres car, comme lors de la crise des subprimes, il y a eu des injections d’euro à un système qui aurait du être admis en soins palliatifs.

En face de cette image confuse de l’UE, se dressent des eurosceptiques. On ne va pas leur donner tort, ils formulent leurs inquiétudes sur l’avenir, le notre. Comment le Parlement européen peut-il les rassurer, et nous aussi par ailleurs ? Il ne le peut pas. Tout ce que les députés et ministres de l’économie des pays membres sont arrivés à faire, c’est parvenir à se mettre d’accord pour donner un peu d’air à la Grèce, et anticiper des coups durs, avec la création d’un fonds monétaire européen.  L’Europe continue à se construire sur l’économie.

La colère aussi car la culture et l’histoire européenne n’ont pas suffi pour que les pays se mettent d’accord, il a fallu  plus 11h de réunion pour qu’on accepte de travailler ensemble.

L’Impuissance

Avec un grand I. On ne saurait dire comment l’Europe va évoluer maintenant. Il n’y pas de ligne directrice. On nous annonce des moyens pour réguler les marchés, mais quid d’une culture européenne ? Si elle existerait, les ministres des pays se seraient pas posés la questions pour aider la Grèce. Il n’y aurait pas eu autant de discussions sur la nécessité de sauver ou non ce pays. L’Europe est un bateau, il suffit qu’une vis saute pour que nous coulons, car il manque tout de même un capitaine… Pourquoi ? Car le système économique peut toucher n’importe quel pays, et que chacun croit qu’il peut être le Schuman de demain.

L’Impuissance donc, il suffit que les agences de notation voient avec circonspection l’accord signé entre pays membres pour que la crise dure. Au fait, comment ils évaluent ces gens-là? L’Impuissance est de mise, lorsqu’on sait que les Etats sont obligés de mettre 700 milliards d’euro pour rassurer les marchés, et peut-être aussi notre stabilité économique.

L’Impuissance enfin, car nous voici entraînés dans une histoire sans fin, entre une adhésion nécessaire à l’Europe et un système financier qui se déconnecte du monde. L’une des preuves, c’est que les média ont annoncé que c’était l’une des plus graves crises, mais les bourses ont rebondi tout de suite après les accords fructueux, de -11% à la fin de la semaine dernière, la Bourse de Paris a augmenté de +9% ce lundi … (Voir les articles de Wikipédia, du portail Europea, du Figaro, du Courrier International, de La Croix, de Fenêtre sur l’Europe, du Monde et du Nouvel Obs).

  • Infos essentielles

Les Balkans et l’UE : une conférence a lieu le 11 mai sur la place (prochaine?) des Balkans au sein de l’Europe. Cette conférence est aussi le moment pour revenir sur l’histoire de ce coin du monde embrasé de guerres et de rivalités intestines. Ce moment est là aussi pour discuter de l’avenir politique de ces pays, notamment lorsque la paix sera totalement établie (Voir l’article du Monde).

  • A suivre

Une réforme des impôts demandée par le Conseil des Prélèvements Obligatoires (le CPO) :  une fiscalité injuste et inadaptée, voilà ce que déononce le CPO. La cible de son ire ?

– Un gros problème de financements des collectivités qui reposaient jusqu’alors sur le taxe professionnelle, les impôts locaux, les dotations de l’Etat français et les aides européennes, car la taxe professionnelle est enlevée ;
– des impôts qui ne tiennent plus compte de la situation actuelle du pays, ils sont jugés  alors inefficaces ;
– la taxe d’habitation qui est progressive, puis régressive. En gros, si vous êtes très riches, vous payez moins, en proportion de votre revenu, qu’un ménage modeste ;
– pas de concertation, ni d’harmonie des fiscalités locales  entre départements, communes et régions. D’où des taux de fiscalités quelquefois prohibitifs.

Comment réguler ces problèmes ? Le CPO conseille de revenir sur la part du revenu du travail et réviser le calcul de l’impôt sur la part du patrimoine foncier des contribuables.

Le bitume toxique ? Voici le verdict d’un tribunal français : Eurovia, entreprise de travaux publics, a été condamnée à Bourg-en-Bresse (Ain), pour ne pas avoir protégé ses employés contre les projections et inhalations du bitume conjugués aux UV. Une femme d’un ancien employé avait porté plainte, car son époux était mort d’un cancer de la peau. Travaillant sans protections, et dans des conditions dantesques, où le bitume avait une température avoisinnant les 150°C, M. Andrade avait été reconnu malade avant de décéder. Si cette « faute inexcusable » a été portée contre Eurovia, c’est que l’accusation savait les portées nocives du bitume et l’auraient caché à ses employés. Faux rétorque l’enterprise qui s’appuie sur des analyses scientifiques qui ne prouvent pas le lien entre bitume et toxicité. Un jugement en appel va êter prochainement prononcé, au risque de voir une nouvelle jurisprudence sortir … (Voir les articles de Libération, de Wikipédia et du Figaro).

L’austérité est de rigueur : face à la crise, le gouvernement français prend des mesures : maintien de l’aide au chômage partiel; suppression de la mesure « Zéro charges » qui permettait aux entreprises d’êtres exonérés de leurs nouveaux salariés pendant un an;   la prime « exceptionnelle » de » 150€ pour les ménages les plus modestes ôtée; fin de l’exonération des deux premiers tiers des tranches les plus basses de l’impôt sur le revenu … L’austérité a commencé … (Voir l’article du Nouvel Obs, et sûrement que d’autres viendront).

Comment se planter de manif en 2 leçons : L’Institut Montaigne, un cercle de réflexion sur l’Ecole, a écrit un rapport sur l’échec scolaire. De suite, des lycéens ont manifesté à Evreux notamment, merci Facebook. Bon là où les lycéens sont mauvais c’est que :

1- on parle de réduction d’un mois de vacances, alors que l’Institut Montaigne ne parle pour l’instant que de deux semaines, voire un peu plus
2- comme le montre la couverture du rapport ci-contre, l’Institut a écrit un rapport sur le rythme scolaire en primaire, donc rien à voir avec les lycéens.

« L’information devient une distraction […] plutôt qu’un outil d’épanouissement ou un moyen d’émancipation » (B. Obama, discours aux étudiants de Hampton). Il est alors urgent de la prendre sérieusement. Enfin, le rapport n’est pas l’œuvre du Ministère de l’Education, donc il ne fait pas force de loi. A noter que certains articles, dont le Monde, ont porté la confusion car il n’était pas précisé que la réduction des vacances ne concernait que l’école primaire … (Voir les articles du Monde, du Post, de 20Minutes et du rapport de l’Institut Montaigne)

  • Valeur 0

De la défense de l’école publique outre-Atlantique ;  Tout va très bien Madame la Marquise ! ; menaces sur des journalistes ; il n’y a pas que Hilary Clinton comme femme politique aux USA ; plainte contre Apple ; un autre point de vue sur la crise ; un modèle s’est éteint ; il y en a qui ne sont pas doués ! ; non seulement ils ne sont pas doués, mais ils continuent dans leur c … ; la liberté d’expression n’est pas compatible avec de tels propos ! ; Jean qui rit et Jean qui pleure ; tous les internautes ne sont pas des potes, ce n’est pas le monde des Bisounours ! ! ; il y a un pilote dans l’avion ? ; l’esclavage moderne ciblé ; les mères et femmes modernes ; il n’y a toujours pas de pilote dans l’avion, cela va devenir inquiétant ;

  • En extra :

Le point sur la réfome des lycées ;  comment naviguer sur le Net tranquillement ; un powerpoint sur l’identité numérique ; des séquences pédagogiques ; des notices de manuels en ligne ; un futur possible des moteurs de recherche (en anglais et basés sur les Etats-Unis, mais très intéressants, surtout l’outil Evri) ; de la performance des antivirus ; des dangers de l’informatique durant la guerre selon le général James Matis !? ;

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