Troisième semaine de janvier

Le bonheur est dans le pré (à penser)

Oui, la Tunisie s’est libérée de Ben Ali, oui le dictateur est tombé, le vent de la colère a fait tomber ce pilier de la dictature africaine. OK pour tout cela, mais après ? Il est bien beau de dire que la révolution tunisienne a eu gain de cause, cela ne sera d’aucun effet si les choses continuent aujourd’hui comme elles ont commencé sous le dictateur déchu. Je m’explique, un gouvernement provisoire a été mis en place, mais ce sont les composants de ce gouvernement qui pose problème.

C’est un exercice difficile : d’un côté il y a une certaine impatience à tourner la page, voire à mettre de côté les anciens partenaires de Ben Ali, comme c’est le cas de l’ancien premier ministre devenu président par intérim. La population a soulevé, ainsi que certains gouvernements, le fait que  des ministères restent au main de l’ancien parti du dictateur déchu. Résultat : il y a eu des démissions. De l’autre, les ministres en place sont là, disent-ils, pour préparer la transition démocratique. Selon le président intérimaire, ce gouvernement est là pour faire table rase du passé.  il reste beaucoup de question en suspens : que faire de ce gouvernement, doit-il rester ? Que faire de Ben Ali : doit-on lui lancer Interpol ou je ne sais quoi pour qu’il soit juger, au risque d’un déballage de l’ancien dictateur pouvant embarrasser bon nombre de personnalités politiques (notamment en France). Qui du cas de Leila Trabelsi, la femme de l’ancien  dictateur. Pendant ce temps-là, la révolte continue. Les Tunisiens sont conscients des marches à franchir, des risques extrémistes,  les anciennes milices de Ben Ali qui jouent les troubles-fêtes ;

En France, pendant ce temps-là, on s’étonne de la soudaineté de la révolte, prenant les conseillers en com de cours … Le gouvernement français a du mal à reconnaître qu’il est « planté » avec Ben Ali, balbutie comme ce n’est pas possible et pour sortir du marasme,  trouve un bouc-émissaire , en l’occurrence M. Michèle Alliot-Marie, Ministre des Affaires Étrangères et de la Diplomatie. Il est vrai qu’elle a été maladroite , mais il me semble qu’elle ne devrait pas porter tout l’embarras du gouvernement français vis-à-vis de l’ancien dictateur.  Juste un petit florilège :

La droite et Ben Ali : une diplomatie française délicate ; les critères démocratiques de M. Raoult ; la double-nationalité de M. Mitterand Frédéric et sa neutralité en question ; des vacances de rêves …

La gauche et Ben Ali : l’Internationale Socialiste qui se réveille bien tard; la déclaration maladroite de Moscovici du 11 janvier; le discours de 1997 de Jospin refait surface (pas encore trouvé le discours officiel, juste des critiques) ; Hubert Védrine (ancien Ministre des Affaires Etrangères) aussi maladroit que MAM avec la Tunisie …

Un petit outil sympa pour ceux qui ne veulent pas voir l’actualité à la TV, prenez Voxalead et tapez les mots-clés suivants : Ben Ali; révolution tunisienne; gouvernement provisoire et Tunisie; Ben Ali et révolution; Tunisie et transition démocratique. Ce ne sont que des exemples, mais vous ne serez pas déçus.

( Image de jasmin sur ce site ; voir les articles suivants servant de sources : de Libération, de l’Express, d’Europe1, du JDD.fr, du Figaro, de Slate.fr, du Monde, du Parisien, de France Soir, de RFI, de 20Minutes, d’afrik.com, de BFMtv, du blog Figaro d’Yves Thréard, freak-search.com et du site Voxalead  )

  • Infos essentielles

La garde à vue révisée ? La réforme est proche. Plusieurs idées à retenir :

– l’avocat doit être présent dès que commence la garde à vue. S’il n’est pas disponible, un avocat commis d’office sera dépêché;
– l’audition libre, c’est à dire une audition sans avocat, est supprimée ;
– le contrôle de la garde à vue passe aux mains du Juge des Lois et des Libertés, ou à défaut, au Président du Tribunal de Grande Instance ;
– le prévenu a un droit au silence ;
– l’audition d’un accusé peut commencer sans avocat si et seulement si le Procureur le demande pour des « raisons impérieuses tenant aux circonstances »  de l’enquête (?), pour « le bon déroulement d’investigations » qui sont menées dans l’urgence, ou pour « prévenir une atteinte imminente aux personnes » (voir l’article de TF1).

– La médecine peut guérir, mais peut aussi faire le contraire. Suite aux problèmes du Mediator, l’Afssaps (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) publie une liste de médicaments dangereux. Dans cet autre lien, l’agence revient sur les procédures de surveillance et les laboratoires qui les surveillent. Pour être plus complets, les documents à lire sont : le bilan de l’activité « gestion des risques » (document pdf), et les spécialités pharmaceutiques surveillées (voir le tableau, voir l’article de psychomédia.qc.ca et le plan de gestion des risques de l’Afssaps).

  • A suivre

La fiscalité va-t-elle changer ? L’ISF va changer, ou risque de changer selon le rapport de Jérôme Chartier, député UMP :

-l’imposition commencera aux fortunes supérieurs à 4 millions d’euro (valeurs mobilières et immobilières comprises);
– une convergence fiscale entre allemands et français est étudiée (notamment sur un taux commun pour des marchandises identiques);
– serait aussi à l’étude une taxation du travail, de la consommation, et du capital;
– une étude sur la « compétitivité fiscale » ;
– déduction des charges pour les entreprises avec un plafond (voir les articles du Monde, des Echos et du rapport Chartier).

L’industrie du livre contre-attaque : les industriels du Livre veulent aussi qu’Hadopi se saisisse du téléchargement illégal d’œuvres, suite au développement du livre électronique. Le SNE (syndicat National de l’Edition) pointe le téléchargement et l’échange d’œuvres, notamment de BD, à l’insu et sans la rétribution des auteurs(voir l’article de 01net).

– Une autre crise se profile au Liban, où le gouvernement précédent a été mis en minorité, à la suite de la démission du Hezbollah (voir l’article de Romandie).

  • Valeur O

Le futur rêve du mâle ? ; Number One ; ah, le vieux rêve de 2007 … ; un volcan (de littérature) s’est éteint … ; c’est déjà ça ; bah tiens … ; de la liberté d’expression ou de la différence ? ; z’ont peut-être pas encore bien compris cette guerre, ou alors c’est moi qui exagère … ; ça monte, ça monte … ; habile comparaison ; qui dit vrai ? ; sera-t-elle abrogée ? ; La justice rattrape Servier; mais se tient prêt ; … Et Zorro est arrivéeeuh, sans se pressser, ou plutôt il est de retour … ;  Sans oublier Tornado ; au-delà des chiffres des attentes récompensées ? ; la recherche sur le cancer évolue ; déterminer la source d’une info, c’est déterminer sa valeur ;    

  • En extra:

le rapport Pacifi et les critiques : Le Pacifi, si vous ne connaissez pas, est un rapport pour que l’élève puisse construire une culture de l’information, et ne pas se contenter d’une aptitude technique aux nouveaux outils de communication. Jursque-kà rien de méchant, sauf que le rapport, écrit sous l’approbation d’une majorité de docs, est d’abord destiné aux professeurs de discipline… Il me semblait que les personnes les mieux placées pour construire ce parcours étaient les docs … M’enfin ce sera peut-être une évolution vers une nouvelle circulaire. Une autre réflexion sur le Pacifi qui pourrait prendre de l’ampleur …

La vie d’une jeune doc racontée sur un blog. Entre espoir et désespoir, il reste l’humour, principale béquille utilisée par cette jeune confrère.

N’allez pas suivre le festival de Cannes, enfin si vous le pouvez, mais il existe un festival de film français en ligne proposant l’intégralité de long et court-métrages.

2 thoughts on “Troisième semaine de janvier

  1. Merci à vous de faire l’écho de ce document qui pourrait bien sonner le glas à brève échéance de la mission pédagogique des professeurs documentalistes. Afin de mieux informer nos collègues lecteurs, je me permets de corriger les quelques erreurs de votre présentation. Le document Pacifi n’est pas un rapport mais un simple document officiel de préconisation paru dans Eduscol le 12 octobre dernier. Il n’a pas été écrit « sous l’approbation d’une majorité de docs » mais par une petite équipe pluri-catégorielle qui a participé à des travaux pilotés par l’IGEN. Dans cette équipe, comptons au maximum 7 professeurs documentalistes en poste, dont certains, même, n’ont été consultés que par téléphone. Sous couvert de former les élèves à la « culture de l’information », concept très à la mode en ce moment, mais également objet d’étude essentiel des Sciences de l’information et de la communication qui constitue la discipline de référence des professeurs documentalistes, le document Pacifi restreint considérablement les contenus devant être enseignés à quelques capacités et attitudes tirées du Socle commun. De fait, il exclut totalement les savoirs théoriques info-documentaires, restant en cela dans la posture ancienne des capacités transversales. Vous avez en revanche raison d’insister sur le fait que ce document est destiné aux professeurs des autres disciplines auxquels l’IGEN et la DGESCO ont bien l’intention de transférer les apprentissages info-documentaires sous le prétexte que des incitations à travailler le document figurent de ci de là dans les programmes. Un projet de circulaire des missions des professeurs documentalistes vient d’être proposé sans préambule ni concertation récente le 18 janvier dernier dans lequel le Pacifi est justement imposé. Tentative de passage en force, il nie tout le travail pédagogique mené par la profession depuis plus de 30 ans et vise à confiner celle-ci dans des tâches techniques de mise à disposition de ressources numériques et de pilotage de politique documentaire.
    Merci d’avoir relayé les critiques que nous formulons à l’égard de ces deux documents. Pour suivre nos actions : http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/idoc/blog

  2. Merci M. Duplessis, la précision est plus que nécessaire. Lorsque nous parlons, entre docs, du Pacifi, deux sentiments apparaissent : pour les plus jeunes, dont je fais partie, une certaine inquiétude; pour les plus âgés, une certaine lassitude avec le sentiment que l’on se dirige vers le pire. Dans tous les cas, nous ne savons comment prendre ce document. Est-il une introduction vers une évolution du métier, où est-ce la fin d’une réflexion sur les conditions des documentalistes? Ce qui est surtout pointé par la majorité des docs que je rencontre est le fait que ce document n’a pas été rédigé pour les docs, mais envers les collèges de discipline. En tous cas, le lien que vous avez mis en fin d’article est une source d’information précieuse, car il se dit tellement de choses sur Pacifi qu’on ne sait plus vraiment quoi en penser.

Laisser un commentaire