Les ders de septembre

Revival

Revival ? Késako ? Un néologisme ? Non pas vraiment. Le revival est un effet de mode qui envahit plusieurs domaines de la vie publique et de la sphère privée. Revival c’est faire revivre quelques chose en lui donnant un je-ne-sais-quoi de moderne. Par exemple : la guerre des boutons. Cela fait une éternité que l’on connaissait le vieux film, en voici deux remakes. Blade runner date de 1982, et Ridley Scoot va le renouveler dans l’année, ou l’année prochaine. Vous avez compris, le revival prend en compte deux notions: le vintage et le remake. C’est une fusion de ces deux termes, mais l’originalité du revival, c’est que cela ne se limite pas à la création artistique.

Le revival peut être une répétition, un discours archi omniscient, à tel point que son sens se perd. Par exemple : les profs ne font rien, ce ne sont que des fainéants et des incapables. Lorsque vous entendez ce discours, dite par une personne qui n’a pas mis les pieds dans un établissement scolaire depuis la fin de son lycée, et qui n’est pas encore parent, vous pouvez dire qu’il ne sait pas de quoi il parle. Autre exemple : les jeunes ne s’intéressent à rien, ils sont blasés. En fait, les jeunes, déjà il faudrait définir ce terme usé des média, ont des intérêts, il se trouve que ce ne sont pas les mêmes que ceux de leurs parents. Oui, ils sont intéressés par leur avenir, ils sont inquiets aussi. cela veut dire qu’ils sont conscients. Autant tout leur expliquer, j’ai bien dit tout, et ne rien laisser en suspens, car sinon les « jeunes » vont croire qu’on les prend pour des sous-développés.

La musique est cible aussi du revival. Beaucoup de clips en rappellent d’autres. On appelle ça des références. Dans le rap, le R’n’b, la techno utilisent allégrement cet outil. Cela permet aux artistes de se rapprocher de leur public. En utilisant un morceau en background, ils disent à leur public : « tu vois on est du même coin, j’utilise les mêmes références que toi ». Par exemple : the Black Eyed Peas avec the Dirt, qui reprend la musique du film ditry Dancing , Beyoncé reprennant Sweet Dreams (je sais qu’elle a été beaucoup remixée cette chanson), il y a bien d’autres exemples.

On peut trouver aussi le revival dans le discours politique. En disant d’un côté  : il faut laisser faire les marchés, et de l’autre : il faut les réguler, on oublie dans les deux cas les deux manières de faire. On appose ces termes comme si elles avaient été déposées par un brevet. On n’explique pas le fonds de ces phrases. On en cherche encore moins la véracité.

Je peux multiplier les exemples, presque à l’infini, car le revival est  l’opposé de la création, sa négation. Alors si vous trouvez un objet neuf (comme un téléphone ou une paire de baskets) reprenant ouvertement une référence  ou un design d’un objet ancien, tout cela pour vendre (Ouah, la paire de basket Air Jordan XIII ! C’est le top ça), passez votre chemin, car les vendeurs essayent de vous insuffler un désir qui n’a pas lieu d’être.

 

  • A suivre

– Le suicide des enfants. Voici un rapport qui fait peur. Voici qu’il y a eu peu un suicide, l’incompréhension plane. Comprendre  ce qui se passe dans la tête d’un enfant voulant faire ce geste est un vrai défi. Ceux qui disent que c’est facile mentent. C’est exactement l’inverse. Boris Cyrulnik a écrit un rapport en tant que spécialiste. Alors qu’il admet que les statistiques sur le nombre d’enfants qui se suicident est en-deçà de la réalité (ça déjà ce n’est pas rassurant), l’auteur explique que l’acte mortel peut être la conséquence d’un fait qui peut paraître banal, mais qui entraîne une propagation à l’intérieur du corps de l’enfant. L’environnement (familial, scolaire etc. ) peut expliquer le geste. Mais le fait de passer à l’acte peut être la résultante d’un évènement imprévu que l’enfant ne sait pas gérer (le déménagement d’un copain par exemple). On peut alors comprendre que saisir la détresse d’un enfant est très difficile (Voir l’article du Monde)

– Relance, relance. La récession guette, et nous n’avons pas ou peu avancer. Notre économie, assujettie aux desiderata des soubresauts des partenaires de la France, peine à trouver un souffle. Les gouverneurs des différents pays, et notamment de l’UE, tentent de trouver une solution. Ou plusieurs, ou au moins un plan B parce que là il y a un problème : les gouverneurs se disent que tout peut repartir, or rien ne bouge. Ou du moins, pas dans le bon sens. Les Grecs sont dans la panade, et quelque part tout le monde, car si ce pays ne représente qu’un papillon de l’économie mondiale, sa descente provoquerai un séisme pour ses partenaires. Il y a fort à parier que si rien n’est fait, en changeant d’optique économique (c’est à dire ne plus s’occuper de la rentabilité à court terme, mais de viser des nouveaux secteurs viables sur le moyen ou long terme), nous pourrions envisager un léger mieux. Sauf que là aussi nous ne devons pas être utopistes : soit en tant que gouverneur, cela veut dire arrêter de nous bassiner avec des plans de relance économique trop flous et qui ne servent pas à grand chose ; soit en tant que citoyen, ne pas attendre monts et merveilles des dirigeants, qui sont emprisonnés de leur propre raisonnement et de leurs œillères.  Je sais que cela fait un parti pris, mais l’économie n’est pas l’apanage des plus grands, apprenez-là si vous voulez comprendre le monde où vous vous trouvez (voir l’article de Slate).

 – Le Sénat est passé à gauche. La belle affaire me direz-vous, vu qu’on ne vote pas directement pour eux. Bon en fait il y aura des conséquences. D’abord rappelons ce qu’est le Sénat. C’est une assemblée, comme celle de l’Assemblée Nationale, qui est chargée : d’approuver ou non les lois et décrets proposés par l’Assemblée (et surtout par le Gouvernement), de vérifier la constitutionnalité de ces actes législatifs, de bloquer ou non des grandes orientations nationales (comme le budget de la France pour une année), de demander des modifications sur telle ou telle partie d’un texte, etc. Les conséquences,on peut le voir sont ou seront nombreuses, car avec un gouvernement qui veut aller dans un sens et un Sénat qui s’y refuse, on va voir apparaître des débats, et des petites phrases qui vont voler sur la mauvaise foi d’untel… (Voir l’article et l’interview du Figaro, de France Inter).

– Un peu de culture avec les mooks. Ce terme est une contraction entre magazine et books. Cela désigne un magazine ayant beaucoup de pages (on dépasse les 100 facilement), présentant une touche de nouveauté dans leur maquette et avec un style littéraire différent. On ne parle pas de magazine undergrounds, mais de magazine qui présente une originalité. Le mook touche essentiellement le monde littéraire et de la création, il se peut que cela touche d’autres domaines (comme la voiture par exemple) mais il présente des traits communs :

– la qualité du papier est importante, cela donne un aspect plus « noble » au magazine,
– il est l’affaire de passionnés, cela n’est pas forcément un magazine tout public, bien qu’il peut être consulté par tous
– il n’y a pas de publicité
– le design, la maquette et le style de la page sont soignés
– ce n’est pas un magazine où les idées sont conventionnelles.

Conséquences de la segmentation de la société peut-être, les mooks se développent pour s’adresser à chacun de nous. Cela peut concerner l’art  (comme Chronic’art  ou L’insensé)  ou le reportage (comme 6 mois ). Cela peut concerner les domaines de l’information (comme XXI ou Autrement ) . Les mooks peuvent présenter un regard original sur la société par exemple l’actualité selon les livres ( par  Books ), ou avant-gardistes (le devenir possible d’une société par la bande dessinée comme  Usbek & Rica  ). Il y a un domaine qui s’en sort bien : le monde du jeu vidéo. Pas en reste, ce monde qui est à la pointe de la création artistique et ludique nous présente trois mooks des plus originaux :   IG , Pix’n Love   et  COSPLAYgen. Dans un autre domaine, celui de la littérature,  vous trouverez Feuilleton. En tout état de cause, le mook est un magazine pensé profondément, ce n’est pas seulement un outil ludique, c’est d’abord un bel objet qui se lit lentement. Le plaisir (d’une passion par exemple) fait écho à la qualité de l’objet lui-même.  Le mook commence à prendre une part de plus en plus importante dans notre société, sans pour autant être trop grand public, ce n’est pas un outil qu’on galvaude, malgré les tentations de certains.

 

  • Valeur 0

Un nouveau revival ? ; de la bêtise passée sous silence ; revival, tome 2 ; publicité et religion… ; no comment ; entre la tête de l’emploi et la qualité de l’emploi … ; pour en rire ; true or not? ; c’est sérieux ça ? ; le spectre de la peur ; protéger les populations de l’énergie c’est aussi du politique ; Pakistan, Arabie Saoudite, itinéraire d’une affaire ; il serait temps non ? ; de la lutte des places ;

  • En vidéo

Un artiste qui monte qui monte. Voici un titre d’Orelsan: « Plus rien ne m’étonne ». Vous le remarquerez, c’est un artiste qui aime bien la rupture avec la société de consommation. Ce n’est pas vraiment un acteur engagé, d’ailleurs il justifie les choix de ses chansons par cette phrase qu’il prononce dans RaelSan : « sans possessions, nos sentiments sont plus purs. » Le titre de cette chanson (RaelSan) me fait sourire car Rael fait penser à une secte et San est un suffixe japonais pour désigner un camarade. C’est assez marrant comme juxtaposition. Original. Reprenons avec « Plus rien ne m’étonne » donc :


OrelSan – Plus rien ne m’Étonne par 3emebureau

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