Première semaine de novembre

La culture de la guerre

Il y a peu, nous avons eu le plaisir de voir des otages libérés. Et puis, peu de jours après, nous avons que d’autres ont été assassinés. Et à partir de là, beaucoup de commentaires de personnes indignées sur la mort de ces personnes. Là il serait temps de revenir sur le contexte et sur la naïveté fausse des média.

Je m’explique : les journalistes tués étaient conscients de ce qui pouvait se passer. Et leurs collaborateurs aussi. Tout le monde le sait qu’aller dans des pays en guerre, ce n’est franchement pas le lieu tranquille. Et pourtant, on a entendu des indignations, plus de personnes politiques que de journalistes, sur les conditions de la mort des victimes. On a parlé d’assassinat, de mort atroce, d’exécution sommaire, et d’autres choses. Ce déballage de vocabulaire crée l’effet inverse de ce qu’il devrait faire. On a l’impression que les média découvrent la guerre. Ces indignations sont autant de signe d’incompréhension de la situation où se trouvent les journalistes en Afrique. Les envoyés et autres grands reporters sont dans des pays en guerre. En guerre. Cela veut dire, et on est loin des guerres mondiales, que lorsqu’il y a guerre, il y a des prises de guerre (ici les journalistes), des armes (qu’il faut financer), des raids, et des exécutions. C’est cette absence de prise en considération qui donne une naïveté implicite dans les déclarations. Il aurait mieux fallu dire : « on savait ce qui pouvait se passer, cela confirme que le pays n’est pas encore libéré des terroristes ». Cela aurait été peut-être plus dur à dire, mais surtout plus vrai.

Cette absence vient peut-être du fait que le traitement médiatique essaie d’appliquer le principe de précaution envers ceux qui lisent, regardent ou entendent les média. En gros, les relais d’information grands publics nous infantiliseraient. En fait, en essayant de nous cacher la réalité, en déclarant que les morts de journalistes sont atroces, on oublie de nous montrer et expliquer le contexte géo-politique. On oublie de nous dire ce que sont les groupes terroristes au Mali, d’où ils viennent et pourquoi ils attaquent les journalistes. C’est l’absence de ce contexte qui rend une info caduque. Et là encore, l’info des journalistes tués au Mali a été relayée de manière ininterrompue sur certaines chaines d’info, mais cependant on ne sait pas toujours pourquoi les journalistes ont été tués, à part le fait qu’ils étaient dans un pays en guerre, et que des occidentaux peuvent être des prises de guerre pour des raisons, ou des victimes de la radicalité locale. Tout le reste, pour l’instant, n’est que littérature.

Ce qui manque, à nous comme aux média, c’est de se préparer à ces faits meurtriers. C’est cela comprendre la culture de la guerre, ce n’est pas la faire, mais accepter qu’on puisse y être confrontée.

  • Infos essentielles

La prescription. Certains faits, s’ils ne sont pas dénoncés après un certains temps, ne sont plus condamnables. C’est ce qu’on appelle la prescription. Cette semaine, la Cour de Cassation de Paris va se décider sur a prescription d’un viol commis en 1977. Si la Cour accède à la demande, cela peut faire jurisprudence et donc, permettre d’allonger le délai ou de le rendre ad viternam (voir l’article du Parisien).

  • A suivre

– Le bouc émissaire. Ca y est, le responsable est trouvé ! Oui, s’il y a des manifestations de bretons c’est à cause d’Ecomouv. Mais bien sûr, et la marmotte, elle met le feu au portique aussi. Bon, la mémoire politique est toujours aussi superficielle … (Voir l’article du Parisien).

– Le vrai visage du FN. Une élue FN a quitté son parti. Pourquoi ? Elle n’a pas accepté les remarques de certains confrères envers elle et envers certaines personnes de la population, soit selon leur couleur, leur aspect etc. Dénonçant des faits de racisme, elle découvre que l’extrême-droite produit des personnes xénophobes et/ou racistes. Bon, il y en a au moins une qui a ouvert les yeux, comme quoi, il ne faut pas désespérer (voir l’article d’Europe1).

Le courage. Der Spiegel, journal allemand très connu, milité pour l’asile politique de Snowden en Allemagne. Selon le journal, son travail de divulgation est un travail de citoyen honorable, car comme il l’écrit sur sa couverture, le journal cite cette phrase : « qui dit la vérité ne commet aucun crime ». Le seul problème, pour le journal, est que le gouvernement de Berlin n’aura jamais le courage de s’imposer dans cette histoire, trop frileux et peureux à l’idée de se compromettre avec l’Etats-Unis. Bon, et bien en France, c’est pareil, on préfère se taire, et parler de portiques qui brûlent (voir l’article du Courrier International).

  • Valeur 0

L’attaque d’UFC-Que choisir ; Android devient quasi omnipotent ; c’est basique mais c’est clair ; une prévention ; un baroud d’honneur ? ; la mort du centre ; mais sans Leonarda ; peut mieux faire ;

  • En vidéo

Allez une vidéo trip hop : FTSE et Kenzie May  : Float

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Et pour finir une session acoustique de Winston Mc Cannuff et Fixi  : Garden of love

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