Troisième semaine de février

L’illusion

Je vais reprendre un article paru dans InterCDI n°247 de janvier/février 2014. Signé par François Daveau, secrétaire honoraire du CEDIS, il est intitulé « CCC, entre hybride et chimère ». Le ton de cet article me semble intéressant car il dénombre deux aspects : la nécessaire modification du lieu de travail qu’est le CDI, on pourra revenir sur cette nécessité, et d’autre part l’inadaptation du modèle aux EPLE.

Faut-il réformer l’espace CDI et son fonctionnement ?

Voilà une bonne question. On nous dit à longueur de temps que la société évolue, que l’école doit le faire aussi. Notez le verbe devoir ici, comme si de facto l’école était en retard. M. Daveau souligne bien le fait qu’on nous a présenté le CCC comme une continuité concrète du CDI actuel. Sous couvert d’une nouvelle organisation qui regrouperait, pour ceux qui n’auraient pas suivi : le CDI, la vie sco, les bureaux du CPE, du COP-psy voire aussi de l’assistante sociale et pourquoi pas l’infirmerie. Bref, comme M. Daveau le rapelle, « le bazar ». Non par le fait que de regrouper des lieux aussi hétérogènes puissent créer du désordre, mais l’auteur souligne bien les incertitudes sur l’organisation, le lien et l’interaction avec des espaces si différents.

De plus, M. Daveau souligne aussi que réorganiser ces existants si disparates amèneraient une réorganisation des emplois, des emplois du temps et des responsabilité de chacun. Cela pourrait aussi demander une nécessaire formation de personnel prenant le CDI, euh le CCC, et ferait des prêts en-dehors de la présence du doc. Bon, même si cet aspect n’a pas été abordé par ceux qui font la promotion du CCC, et pour cause les caisses de l’Etat sont vides, il y a des questions à se poser quant à la coopération du personnel enseignant et non-enseignant.

Un modèle inadapté

Il faut bien le dire, ceux qui ont choisi le learning-center comme modèle se sont trompé sur sa complexité. Car imposer un modèle universitaire à des élèves du secondaire relève d’une niaiserie qui fait peur. Et je souligne ce que je viens de dire.

Le learning-center est un modèle de bibliothèque universitaire. Dans cette phrase il y a deux problèmes : universitaire et bibliothèque. Universitaire car ceux  qui utilisent actuellement ce modèle n’habitent pas loin de la France, il suffit par exemple de traverser la Manche. Dans cette organisation, l’élève est laissé à sa libre autonomie, et doit se dépatouiller pour trouver ce qui lui convient pour mener sa formation au bout. Il y a là une notion fondamentale : l’autonomie. Peut-on penser que des élèves de 3ème sont autonomes ? Dans une certaine mesure oui, et encore, pour la recherche documentaire, si vous voulez qu’elle ne soit pas bâclée, il faut rester derrière les élèves. Cette remarque vaut aussi pour la majeure partie des élèves du collège et du lycée. Surtout qu’il faut souligner un autre point : le learning-center profite surtout aux bons élèves, mais n’aide pas ceux qui sont en difficultés, car les élèves doivent être autonomes. Donc cela veut dire que si un élève se trouve en difficulté, on le laisse dans sa … ?

Autre élément souligné par l’auteur, l’économie. Le directeur du service d’informations de l’université de Kingston, M. Graham Bulpitt, ne dit pas autre chose. M. Daveau cite un séminaire qu’avait donné le directeur à Poitiers en 2011, je peux citer pour ma part un séminaire que M. Bulpitt avait donné à l’ENSSIB en 2009. Dans ces deux interventions plusieurs éléments importants que l’on retrouve : faire un CCC permet de faire des économies de personnel, tout en le formant et en l’adaptant, et aussi promouvoir une nouvelle forme d’apprentissage par l’autonomie . CE qui est une aubaine pour l’Etat français qui cherche à faire des économies mais qui veut que l’on reste performant (tant pour les professeurs que pour les élèves).

Le dernier élément que je souligne dans l’article de M. Daveau c’est l’omniprésence du numérique. En mode « cheval de Troie », M. Daveau souligne que l’on parle beaucoup des tablettes, des MOOCS, des COOCS aussi (cela veut dire rapidement formation en masse, en direct et à distance), de faire entrer l’ Ecole dans le numérique (merci l’Etat qui nous fait croire que l’on enseignait à l’âge de pierre). Sous couvert d’innovations, on pourrait faire évoluer le CDI. Là-aussi nos dirigeants se trompent.

En conclusion

Le CCC n’existe pas, ni dans les textes ni ailleurs en France. Il y a des expérimentations certes, mais qui ne sont pas répandues et qui suscitent beaucoup d’interrogations et de freins. Des inspecteurs avaient été conspué il n’y pas si longtemps pour en avoir parlé lors d’une journée de doc à Rennes il me semble, et le pire, oui le pire, serait de ne pas se poser de questions et de vouloir imposer par la force ce modèle qui ne convient pas. De plus, comme le souligne l’auteur, les docs n’ont pas attendu les directives (vagues) sur les CCC pour rendre les CDI fonctionnels, ouverts, et à la page au niveau numérique.

  • A suivre

Je me suis mis dans la tête que je pouvais construire un dossier documentaire. Comme ceux que l’on voit lors des épreuves du CAPES. Seulement j’y mets une touche TIC : j’utilise Flipboard.

Flipboard est une application nomade sous smartphone qui existe aussi sur PC, et mac je crois. Cet outil me permet de créer des magazines en plein écran. Comme pour un dossier documentaire, je peux faire le point sur un sujet et d’épingler les ressources les unes à la suite des autres.

Il y a plusieurs avantages à utiliser Flipboard. Comme toute application nomade, vous pouvez la retrouver n’importe où en mode lecture. En mode administrateur il faut installer le module sur le navigateur web. Pour un usager du PC, le mode lecture est vraiment agréable, car la lecture se fait en  plein écran. De plus, pour un formateur, donner le lien vous dispense de photocopier les ressources, car elles sont déjà en ligne. Le seul hic, est de vérifier le lien de chaque ressources la veille où vous donnez les documents. De plus, en mode administrateur, il est facile de faire le point sur les documents, car ces derniers sont mis en format vignette, ce qui fait que vous obtenez rapidement un diaporama des ressources choisies.

Il y a des inconvénients tout de même. Même si vous pouvez sauvegarder des ressources en ligne, certaines seront refusées. Des sites d’information (comme le Parisien ou Libération) refusent que vous utilisiez Flipboard. Ce qui est dommage lorsque vous voulez traitez de l’actualité. Deuxièmement, il est difficile de trouver un extrait d’un ouvrage théorique sur un sujet. Par exemple, je voulais un extrait des oeuvres de Pierre Bourdieu, de Georges Friedman ou d’Agnès Van Zanten. Là c’est la croix et la bannière. Ce n’est pas propre à Flipboard, mais Internet ne permet que deux choses : avoir le livre dans son intégralité, ou ne rien avoir. Dans le premier cas, si vous ne voulez qu’un extrait et que vous vous retrouvez avec le livre entier, qu’est ce que vous allez dire à vos étudiants ? Ne prenez que les pages comprises entre 27 et 42 ? Non, présenter un dossier documentaire c’est aussi le faire simplement.

Voici le lien de mon flipboard sur l’identité, ce n’est qu’une esquisse, je pense qu’on peut faire beaucoup mieux, mais en attendant, cela donne un plus. La présentation est agréable, et il y a 19 documents. Pourquoi 19, non il n’y a pas d’intrus, mais j’ai voulu intégrer une vidéo. Voici une nouvelle donne qui pourrait apparaître pour les épreuves de dossiers : l’utilisation de vidéo. Utilisées avec parcimonie, cela pourrait être intéressant, mais là aussi il faut être raisonnable, si on veut l’interview d’un chercheur, ne prenez pas une interview qui fasse 25 minutes, tout en sachant que l’épreuve que vous donnez en préparation est de 4 heures.

Voici le lien : https://flipboard.com/section/identit%C3%A9-bzbmlb 

Je tenterai une expérience analogue avec pearltrees.

 
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Ah Agadir, ces plages, son soleil et son régime ; la liberté guidant le peuple ; un grand pas pour l’homme ? ; le changement, c’est maintenant ? ; Thaïlande, l’autre pays de la contestation ; déterminé à réussir ? ; allright ; « la culture c’est comme un parachute, quand on n’en a pas, on s’écrase » P. Desproges ;

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Un musicien récompensé aux Victoires de la musique 2014. Non, ce n’est pas le plus connu, mais sa musique fait un bien fou, ça calme. Voici Ibrahim Maalouf pour True sorry :

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