Troisième semaine d’octobre

Un espoir ?

La France est dans une crise économique durable … Dans les années 70, on pouvait dire qu’ « en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». Le seul truc, c’est qu’on a plus d’idées … Encore que … On a bien des idées en France, et pas qu’un peu !

Prenons le cas de Mr Tirole. C’est le dernier Prix Nobel d’économie, c’est pas le prof du coin, ou alors à Toulouse (lieu où il a co-fondé une université). Ses idées ne sont pas simples à comprendre, mais il y a quelque chose d’intéressant : toutes ses analyses utilisent la méthodologie de la théorie des jeux et de la théorie de l’information de Shannon.

Pour Shannon et Weaver, un message est délivré comme suit : il y a un expéditeur qui délivre un message vers un destinataire. Pour cela, il utilise un medium qui est important selon la quantité de l’information et sa valeur. Pour Shannon, l’information est une grandeur mesurable. Pour utiliser le médium, l’expéditeur utilise un codage, auquel le destinataire devra utiliser pour comprendre le message. Pour faire court on a :

Expéditeur -> Encodage -> Message + bruit de l’information -> Décodage -> Destinataire

Pour la théorie des jeux, il faut revenir à trois éléments : les joueurs, les règles et  des situations il me semble. Le but d’un des joueurs est d’atteindre la meilleure situation possible, dans certains cas, cela peut-être le score maximum ou le plus gros gain. Les personnes sont rationnelles, cela veut dire qu’elles vont agir : selon les actions des autres, selon les situations qui se présentent et aussi par les contraintes réglementaires. L’une des forces de la théorie des jeux est que si les joueurs veulent atteindre la meilleure situation possible, les joueurs vont utiliser leur intuition pour y parvenir.

Si on se réfère aux travaux de Tirole, on peut comprendre que ses analyses économiques vont porter sur des agents qui vont tenter de comprendre les situations dans lesquels ils se trouvent, en utilisant les informations dont ils disposent, et vont viser la situation qu’ils jugent subjectivement la meilleure.

Tirole utilise beaucoup la psychologie. Dans un de ses travaux, il délivre les relations entre un entrepreneur et un de ses salariés. Cette relation est emplie de confiance, de stress, de prudence. Lorsque le chef charge son agent de faire quelque chose, ou de le représenter, que devrait-il se passer ? Selon Tirole, la situation actuelle entraînerait  des questions de confiance, de non transparence de l’information, des risques d’anti-sélection, d’aléa moral ou de passager clandestin. Pour l’auteur, cette situation devrait entraîner le contraire, c’est-à-dire la transparence de l’information et une possibilité de faire émerger des incitations. Bref, construire une relation durable de confiance.

Autre élément : Tirole pense que l’Etat peut réguler le marché financier dans un certains but. Le seul but valable est l’intérêt des consommateurs. Ce but commun pourrait resserrer les différences entre entreprises et Etat, comme dans la théorie des jeux. Tirole admet sans fard que le marché est imparfait, mais aussi qu’on ne doit pas confisquer son fonctionnement avec une régulation trop forte. Mais là où on peut attendre de l’Etat, c’est son rôle de surveillance ou d’alerteur lorsqu’une entreprise ou un grand groupe abuse de sa position envers ses clients ou ses concurrents, Tirole cite d’ailleurs Google. Mais ce qui intéresse les économistes et Tirole en particulier, c’est que la régulation de l’Etat ne peut pas se faire de manière égale. On est ici à l’opposé de l’idée des 35 heures. Cette régulation ne peut se faire, selon lui, secteur par secteur.

Autre idée, proposée dès 2003, est de supprimer les contrats CDI/CDD. Un contrat unique, porté sur la protection du salarié, et/ou des pénalités sur les entrepreneurs qui licencient. Bref, les idées de Tirole (qui ont été développées ici et bien d’autres) mériteraient d’être débattues. Un peu de courage (voir les articles des Echos, de Libération et du Nouvel Obs, image de Jean Tirole disponible ici).

 

  • A suivre

– Le Royaume Uni reconnaît un Etat palestinien à côté d’Israël. A quand un tel courage en France ? (voir l’article de l’Express).

– Le cadeau empoisonné de Facebook ou d’Apple. Après leur dernière invention technologique, qui n’est qu’une évolution de ce qui s’est fait avant, voici la dernière trouvaille : la congélation d’ovocytes prise dans leur couverture santé. Au départ, cela n’est pas forcément une mauvaise chose, mais le piège qui est tendu est bien réel : l’entreprise peut décider à votre place de la formation d’une famille, et aussi de votre vie intime (voir l’article de Slate).

 

  • Valeur 0

L’avenir de l’édition ; l’avenir de l’Icann ; bon, on s’engueule ou on avance ? ; s’imposer dans le sang ; et toujours pas de débat !  ; les sénateurs n’ont pas d’intérêt à ce que cette loi avance … ; qui paiera le manque à gagner ? ; la littérature reprend ses droits devant la haine ;

  • En vidéo

Allez, prenez courage. Voici l’intervention d’une jeune femme atteinte d’une maladie cérébrale. Maysoon Zayid, c’est son nom, parle de son handicap durant sa vie. Elle démonte aussi que ses problèmes ne l’ont pas empêché de développer ses capacités. Devant un parterre de femmes d’affaires, Maysoon restranscrit ses combats contre les préjugés en tant que femme, palestinenne, musulmane, et handicapée.

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Allez pour finir, le dernier titre des rockers : Play ball d’AC/DC

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