Troisième semaine de janvier

Il faut savoir ce qu’on veut …

Il y a quinze jours ont eu lieu les attentats à Charlie Hebdo, et à l’hypermarché Hyper Casher. Evénement effroyable qui avait amené une réaction incroyable. Comme pour dire non au terrorisme et que la laïcité était sacrée. Il y a une semaine, on se demandait comment se remettre de cet événement. Plusieurs pistes avaient été évoquées, notamment du rôle de l’école. Il est courant que dès que quelque chose cloche, on se penche vers l’école pour savoir ce que les acteurs en pensent. Bon, c’est de bonne guerre, si au moins c’était par esprit de coordonner les différentes synergies pour aller de l’avant.

Non seulement lorsqu’on demande aux acteurs de l’éducation ce qu’ils en pensent, on les écoute peu, mais en plus on fait venir des experts, comme des sociologues, qui n’ont pas vu d’élève depuis qu’ils ont eu leur bac. Mais passons, car le grief d’aujourd’hui n’est pas sur eux, mais sur nous-mêmes. Oui, sur nous, incapables de se rassembler sur une idée simple : comment lutter contre la montée des idées extrémistes ? Question simple ne veut pas dire réponse simple. Car là c’est un assortiment de réponses liées au terrain qui peuvent faire avancer les choses.

Or, même pour se mettre d’accord, pour nous rassembler pour réfléchir, on n’y arrive pas. Je prends par exemple des acteurs de l’éducation, il y en avait quelques uns, et des experts, qui demandaient de recevoir des formations pour expliquer le fait tragique qui s’était déroulé. La plupart de ces acteurs demandaient qu’on aille plus loin, et qu’on envisage que la formation à la laïcité et au respect des valeurs de la République soit inscrite dans la formation des professeurs. Actuellement, on forme les professeurs à être des techniciens de leur discipline, et presque rien d’autre. Bref, dès qu’on parle de loi, ça ennuie (pour ne pas dire ça emm…) les candidats de master 1 et les néo-tit de master 2. Pourtant, cela serait nécessaire selon les acteurs et les experts qu’on a vu dans les média.

Je pense que cette formation serait nécessaire, mais il y a un couac…

Cette semaine, la Ministre de l’Education Nationale et le Président de la République sont en train de mettre en place un plan pour enseigner la laïcité et les valeurs de la République dans le cadre de l’instruction civique. Cette idée est vieille, elle l’est tout autant que les maximes que l’on mettait sur les murs des classes. Nos élèves ne sont plus en blouse, et la tentation d’un temps ancien qui serait mieux est une drôle d’idée. Mais passons, car le bât blesse ailleurs.

Le problème est que j’entends des réactions, souvent, négatives face au plan présenté. Bon, on peut se douter qu’un plan ne va seul résoudre un problème aussi vaste. Mais pourquoi pilonner le plan alors qu’il n’est pas encore mis en place ? En fait,  des interrogations de ce plan viennent de la possibilité pour les professeurs de faire appel à des intervenants extérieures pour parler de la laïcité.

Et c’est là que je ne comprend pas. On se plaint de ne pas être suffisamment formé, et dès qu’on annonce un plan pour la formation et la transmission des valeurs de la République il y a un souci. Est que le problème vient uniquement qu’on puisse faire venir des personnes extérieures ? J’avoue que j’ai du mal à suivre. En tout cas, certains acteurs, notamment le directeur des Cahiers Pédagogiques, refusent ce plan. Pour eux, le plan ne serait qu’une mesure « gadget ». Je n’ai rien contre Philippe Watrelot, mais sa réaction est mauvaise.

Par son interview sur France Inter RMC, il jette un discrédit sur la volonté du gouvernement d’agir, se pose en râleur, même s’il ne veut pas en être un. Il aurait du dire que cette mesure est un premier pas, et qu’il faudrait améliorer ensuite. Je ne demande pas qu’il fasse corps avec la volonté de la rue de Grenelle, mais bon sang, quand on dit qu’on est contre, quel est l’effet ?

Qu’encore une fois, le monde de l’éducation est incapable de bosser avec la société, que les profs peuvent encore s’engueuler entre eux, et qu’il ne se passe rien. Cette réaction négative renvoie encore cette image contradictoire du monde de l’Education.

Un monde préoccupé par ses prérogatives, peu conscient de ce qu’il se passe à l’extérieur, écrasé par une administration, qui se veut ouverte mais qui ne veut surtout ne pas suivre les idées populaires.

On aurait pu se passer de cette interview.

  • Infos essentielles

C’est une décision suspecte. Il n’y a pas d’autre mot. Le récent rapport de l’Efsa (agence européenne de la sécurité des aliments) déclare que le bisphénol A ne présente pas de risques nocifs pour la santé. Pour notre gouverne, plus d’une centaine d’expertises ont démontré que cet antioxydant est un perturbateur endocrinien très dangereux. Juste pour se rappeler, un perturbateur endocrinien ou leurre hormonal est un agent moléculaire nocif pouvant entraîner des dysfonctionnement physiologiques et de reproduction. Ce qu’il y a de plus grave, est que le rapport pour le bisphénol A est arrivé en même temps que son interdiction généralisée en France. D’où la réaction de la Ministre Mme Royal, qui trouve ce rapport très surprenant. C’est le moins qu’on puisse dire … (voir les articles de wikipédia, de LCI, du Point et de la Parisienne).

  • A suivre

– Le monde n’a jamais été aussi inégalitaire. Enfin, pas tout à fait. La disparité entre les revenus les plus faibles et ceux qui ont les plus haut revenus s’est agrandie. Les 1% les plus riches possèdent presque 50% de la richesse de la terre entière. Encore plus choquant, 80% de la population ne vit qu’avec des miettes, 5,5% de la richesse mondiale. Cela fait froid dans le dos… (voir l’article du Monde).

-Le QE. Un moyen de racheter la dette des Etats, relancer l’économie européenne. Voilà ce que peut faire la BCE. Le fera-t-elle ? (voir l’article de Libération).

– Là il y a du boulot. La grève des routiers risque de s’amplifier. Le patronat ne veut pas répondre aux demandes des employés du secteur. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Pour une fois que l’essence était pas trop cher et que cela durait. Ceux qui risquent d’en profiter, ce sont ceux qui emploient les conducteurs étrangers, moins chers et moins organisés… (voir l’article de 20Minutes).

Sweatshop est une émission de téléréalité norvégienne. Elle organise le travail de jeunes adultes passionnés de mode, dans les ateliers au Cambodge, là où on fabrique ces fameux vêtements. Vous imaginez la suite : les candidats qui travaillent très longtemps, payés au lance-pierre et n’en peuvent plus. Sweatshop ou l’envers du décor. Il manquerait quelque chose de ce niveau-là en France. Une émission de téléréalité sur la fabrication de chaussures, ou sur la fabrication de smartphones. Cela pourrait devenir intéressant (voir l’article des Inrocks)

  • Valeur 0

Seuls contre tous ? ; pendant ce temps-là ; pourtant, ils devraient pouvoir s’entendre … ; une loi votée comme prévue ; au moins on sera prévenu ; là aussi on le saura ; les habitudes ont la vie dure ; la grippe arrive, et elle a muté ;

  • En vidéo

Une bonne musique. Du son pop, un peu rock, comme les Black Keys, avec du bon piano et des cuivres. Voilà une musique intéressante d’un groupe de Los Angeles, Saint Motel avec my type.

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Le moins qu’on puisse dire est que le groupe cultive un certain esprit vintage, qu’on peut retrouver sur cette seconde vidéo, intitulée Benny Goodman, qui était un clarinettiste, chef d’orchestre et créateur du swing. Si vous regardez bien le clip, vous reconnaîtrez les sosies des Jackson Five.

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