Première et deuxième semaines de février

Je ne peux commencer le mois de février sans dire sur mot sur l’anniversaire de la naissance de Django Reinhardt. Musicien émérite et obstiné, il  trouva dans la blessure de sa main gauche la perte de l’usage de deux de ses doigts, mais aussi la porte vers un style musical encore apprécié aujourd’hui : le jazz manouche.

(image prise sur  ce site).

Django était né le 23 janvier 1910, fils d’une famille de roms itinérants, sillonnant une partie de l’Europe avant de se fixer à Paris. Ce qui est incroyable , c’est la précocité de son don musical et de son obstination à faire aimer sa musique partout où il passait. Sean Penn, dans un film de Woody Allen, lui rendra un hommage indirect en incarnant un autre musicien reconnu de jazz manouche, Emmet Ray, en 2000.

En 1910, l’Afrique Equatoriale Française se créait, l’Afrique du Sud devenait indépendante, le Nicaragua devenait un protectorat étatsunien, Zapata commençait la révolution mexicaine, le Japon annexait la Corée, le Monténégro était un royaume indépendant, le Portugal devenait une république, les femmes pouvaient voter pour la première fois en Suède, et Paris était sous les eaux. 1910, c’est aussi l’année d’un passage de la comète de Halley, Marie Curie isolait le Radium, Charles Péguy publiait un essai et un recueil de poèmes, mais Mark Twain mourrait. Kodansha avait à peine un an en 1910, le premier manwha était publié, Sigmund Freud avait déjà publié « Cinq leçons de psychanalyse » et commençait des conférences sur ce sujet, et Tel-Aviv avait un an, tout comme Eugène Ionesco!

Le mois de février sera aussi un mois sportif avec les jeux olympiques d’hiver de Vancouver. Pour ceux qui n’aiment pas cela, prenez votre mal en patience cela commence  le 12 février et se terminera le 28. Donc l’actualité la plus chaude pendant cette période sera vraisemblablement sportive.

(image prise sur ce site).

Exceptionnellement, les références citées dureront jusqu’à la fin de la deuxième semaine de février. Beaucoup d’informations vont survenir et se contredire. Pendant quinze jours, vous pourrez entendre tout et son contraire, et je n’aurai pas la possibilité de mettre à jour ma page. M’enfin (comme dirait l’autre), je pense que vous arriverez !  Allez, une citation pour ce mois court par Coluche : “Le mois de l’année où les hommes politiques disent le moins de conneries, c’est le mois de février, parce qu’il n’y a que 28 jours!”. Cela ne veut pas dire que les informations politiques seront à jeter aux orties, bine qu’il y aura une foire d’empoignes pour les régionales … Gardez l’esprit ouvert !

  • Infos essentielles

– Le statut du fonctionnaire :  voici l’un des plus gros pataquès de ces derniers mois. Cela commence par le projet d’un décret visant la possibilité de licencier les fonctionnaires. Première précision, pour qu’un décret puisse être voté et appliqué, il doit y avoir une loi. La voici (1). Elle concerne la mobilité des fonctionnaires. Elle précise notamment deux choses : les salariés publics auront plus de mobilité entre les trois corps de fonctionnaires (Etat, collectivités territoriales, hôpital); et le fait de pouvoir être mis en disponibilité après avoir refusé trois offres. Cette loi est passée, votée donc, en août 2009. Le décret apparu il y a peu reprend les mêmes arguments (2), on est en février 2010, et suivent des réactions enflammées, dont celle-ci (3). Déjà il y a des contradictions et des éclaircissements à tenir. Le premier concerne la notion de mobilité. Chaque fonctionnaire, s’il est intégré dans un autre métier ou corps d’origine aura droit à une formation, sans que son contenu et sa durée soit précisée. Deuxièmement, la mobilité n’apparaît que si un poste d’un titulaire disparaît et que ce dernier doit être intégré. L’Etat est formel avec ses engagements : il ne peut pas laisser un fonctionnaire au chômage. Cette notion n’est censée pas exister dans le cours de travail d’un fonctionnaire. Si un titulaire voit son poste supprimé, il est alors mis en reconversion ou replacement. Dans ce cas, l’Etat lui fait trois propositions. Si au bout de ces trois éventualités, il n’y a pas ,de solutions, le fonctionnaire est mis « en disponibilité« . Il n’est pas licencié à ce moment. Il perd son traitement (salaire) mais reste ouvert (disponible) pour modifier son service (métier et horaires). Le titulaire ne peut être licencié qu’après cette étape et sur décision de la commission paritaire. Cela se passera ainsi :

– poste supprimé ;
– trois propositions, liées au grade, et à la situation familiale et géographique de l’agent mais aucune solution trouvée;
– disponibilité de l’agent ;
– l’administration fait trois nouvelles propositions, ne tenant plus forcément compte de la géographie, de la famille et du grade de l’agent, mais nouveau refus ;
– la commission paritaire se réunit, le fonctionnaire peut être alors licencié (4).

Les agents du service publics seront plus fragilisés face à une administration qui peut augmenter à son goût la mobilité. Une question se pose pour le recrutement d’agents réaffectés, peut-on choisir son équipe d’agents publics (5) ? Le Conseil Supérieur de la fonction publique aura une lourde charge : après avoir donné son aval, étape nécessaire à l’écriture du décret sur le statut des fonctionnaires, (6) doit confirmer sa décision envers des syndicalistes en colère. Enfin pour se tenir au courant, tenez le fil (7) ! (Dossier de  Viepublique, articles de TF1 news, de Sud Education, du Monde,  du Journal du Pays Basque, de Localtis.info, de Google Actualités).

La protéine Tau : une « découverte majeure » a été mise à jour par une équipe de scientifiques sur la maladie d’Alzheimer. Ces derniers ont trouvé un marqueur de la maladie, la protéine Tau. Plus cette dernière s’accumule dans l’organisme, plus l’individu sera touché. Une autre protéine, appelée FKBP52, pourrait être utilisée pour limiter l’effet de la protéine Tau (Voir l’article de SantéAZ).

  • A suivre :

Nouveau procédé pour la greffe d’organes :la greffe d’organes s’opérait comme suit : on prélevait sur des personnes décédées, ou plus exactement sur des personnes en état de mort cérébrales. Aujourd’hui, on peut prélever sur des personnes dont le coeur est arrêté,  mais  et c’est là l’astuce, que ses organes soient sauvegardés grâce à une circulation sanguine maintenue (Voir l’article d’Ouest-France).

Un Internet limité ? Grâce à la loi Hadopi, le législateur peut agir sur la connexion Internet.  Avec Loppsi, « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure », qui permet de mettre des applications limitant les infractions, le législateur peut limiter le débit ou filtrer la connexion. Contre la pédopornographie et le jeux en ligne illégaux, le juge peut agir. Cette dérogation, appliquée aux FAI, pourrait-elle s’étendre vers d’autres domaines ? (Voir l’article de GNT).

Acta : on a déjà parlé de l’Acta. l’Accord commercial anti-contrefaçon, ou Acta, concerne 39 états sur la réponse à donner face aux contrefaçons mais aussi sur la propriété intellectuelle. Cet accord est classé « secret défense », bien qu’il soit largement diffusé. Comment lutter contre la contrefaçon et pour la propriété intellectuelle : le filtrage. Tiens cela me rappelle quelquechose … (Voir l’article du NouvelObs).

Les licences CC ne sont pas illégales : France Culture a réalisé un dossier sur une journée professionnelle sur la BD numérique, pendant le festival international de la BD d’Angoulême. la BD numérique n’est pas bien cernée au niveau des droits, notamment pour la cession des droits moraux lorsque les auteurs de bandes dessinées utilisent les licences creatives commons. Or, c’est affirmation est fausse, il ya plusieurs contrats avec les licences CC, et surtout certaines d’entre elles permettent ni de copier ni de reproduire les données sans autorisation. Dans ce cas, les licences permettent de sauvegarder la paternité et régulent l’utilisation éventuelle de l’oeuvre à des fins commerciales. Pour ce blog, voir la page, les licences régulent le droit d’utilisation et de reproduction des articles (Voir l’article du blog de Marre de la télé).

L’éducation sexuelle, vers une levée des tabous ? Il ya  trop de mère-filles en France. 30 000 grossesses ne sont pas désirées en France.  De plus, le nombre d’IVG stagne, 200 000 chaque année. Pour endiguer le phénomène, la Ministre de la Santé française, Mme Bachelot, veut augmenter l’information sur la sexualité dans les établissements scolaires. Là où c’est paradoxal, c’est qu’on n’a jamais aussi bien informé sur la réalité de la sexualité et de ses conséquences. Trop d’informations tue l’information, à moins que cela soit du à une timidité excessive ou à des stéréotypes … (Voir l’article du Monde).

Une Chypre unique ? Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU, l’affirme : la Chypre peut se réunifier. Mehmet Talat, candidat aux élections en avril 2010 dans la partie turque, milite pour la réunification. Parce qu’elle est entrée dans l’Union Européenne en 2004, la Chypre doit mettre fin à sa partition, Talat en est persuadé, mais son opposant turc est nationaliste … (Voir l’article de podcast).

Une identité numérique : Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat au Développement de l’économie numérique, planche sur l’identité numérique. Ce n’est pas la signature numérique, car l’identité numérique pourrait être utilisée avec l’aide d’un téléphone portable, ou par une clé USB. Elle constitué d’un code PIN et mise en place par un label. Ce dernier, appelé IDéNum, permettrait d’avoir accès  tous les services qui nécessitent un mot de passe avec un seul identifiant. Il y a un risque : un seul identifiant pour tout, et si on le perd par vol, l’individu peut entrer dans tous les domaines qui vous concernent, y compris votre vie privée. La secrétaire assure que l’IDéNum sera facilement mis en opposition s’il y a un soucis, et qu’il sera très sécurisé. Ce procédé n’est pas nouveau, d’autres pays l’utilisent (Voir l’article de France2).

  • Valeur o

Le lien profond ; le moteur de recherche de l’éducation ; les moteurs de recherche personnalisables ; panaorama des livres sortis en hiver 2010 ; 64 M de Français et moi et moi et moi … ; il est libre Dom ; un nouveau style de paris en ligne : le pari politique ; c’est pas moi qui ai dit cela, c’est Murphy ! ; des couleurs pour des dinosaures ; le vilain petit canard ; le même en image ; une attitude qui déplaît mais pas surprenante ; de nouveaux engagements ; la maltraitance … à l’hôpital ; dix millions de mal-logés;  le rock alternatif en France est reconnu hors de nos frontières; un exploit méconnu; un os ; Kartoo ferme ; protéger et servir (les écoliers) ; beaucoup de bruit (pour rien ?) ; Hadopi en Belgique? ; la panacée ? ; un admin qui déconne, ça peut faire mal ; le défi de l’orthographe ; la TNT ou le noir complet ; Terry Pratchett et la mort ; la restriction de l’expression semble se poursuivre ; école et rythme de l’enfant ; Bingu wa Mutharika, nouveau président de l’UA ; trajectoire des avions qui nous survolent ; mots-clés : le fonctionnement ; Goojie? C’est quoi donc cela ? ; le jargon informatique ; ça se discute, jour après jour ; IDéNum ? ; je suis voilée mais je suis citoyenne ; de l’amateurisme ou de la naïveté? ; l’omelette norvégienne de la parité ; 61,4 millions de comptes d’abonnés en France.

Deuxième semaine de janvier

Images de Philippe Seguin et d’Eric Rohmer

L’ombre. Celle qui caractérise les nègres littéraires, ceux qui conseillent la communication de leur protégé, ou ceux qui entraînent leur champion. L’ombre, c’est aussi ceux qui travaillent pour l’Etat ou pour une entreprise, même philanthropique.

L’ombre, c’est d’abord celle du réalisateur. Eric Rohmer était un cinéaste qui utilisait les technique nouvelles de son époque. Son approche du film était celle qui permettait de rompre avec l’ancien moyen de filmer, au profit d’une nouvelle. Tout cela pour rendre le cinéma à la merci de celui qui le visionnait. Les films du mouvement auquel il appartenait, « la Nouvelle Vague« , mettait le film comme une reconstitution sociale, culturelle ou historique de la société de son époque. Un miroir obscur.

L’ombre, c’est aussi celui qui gravit les échelons sans être au-devant de la scène. Philippe Seguin, était un homme convaincu par la place de l’Etat. Pupille de la Nation, il en était devenu le serviteur. Celui qui ne se laissait pas influencer par ses anciens compères, l’arbitre des sages et des commères. Passionné par son métier, et par le football, Philippe Seguin a du batailler pour être arrivé à cette place et reconnu (lisez « La lutte des places » de Vincent de Gauléjac et vous comprendrez qu’on ne devient pas le président de la Cour des Comptes juste en serrant la main à toutes les personnes possibles et imaginables). Ce qui est incroyable, c’est que depuis qu’il est mort, Philippe Seguin n’a jamais eu autant d’amis, qui eux n’hésitent pas à se montrer. Le plus fort, c’est qu’un de ces derniers a fait l’éloge des qualités du disparu, et que cet orateur en soit dépourvu. Être à tout prix dans la lumière pour montrer la vie exemplaire de M. Seguin, cela ne s’appelle plus un hommage, c’est plutôt de l’opportunisme…

L’ombre, c’est aussi le souvenir. Celui que laisseront les hommes, femmes et enfants disparus lors du tremblement de terre à Haïti

  • Infos essentielles

L’effronterie a une limite : une entreprise licencie, cela arrive, et décide de se relocaliser en Tunisie. Pas de chance, un incendie détruit sa nouvelle implantation et la société souhaite revenir en France. Le préfet de la région concernée interpelle le consulat tunisien et stoppe la délivrance des visas. L’argument ? la société a délocalisé, bien, mais le fait qu’elle revienne en France avec ses employés ce n’est pas possible pour des travailleurs venant hors de Schengen. L’Europe a institué cette règle : vous ne pouvez employer un individu hors communautaire si vous êtes certain qu’aucun travailleur européen puisse faire le travail demandé. (Voir l’article du Monde)

L’effronterie a des limites (bis) : Google serait-elle une entreprise idéaliste? A priori non. Mais lorsque des hackers chinois viennent l’attaquer, elle avertit le gouvernement chinois qu’elle se débarrasse de la censure. Google.cn sans aucune entrave, vous imaginez? Il faut bien lire entre les lignes: Google ne veut pas partir de la Chine, en fermant son serveur local, Google ne pose pas de principes sur le droit d’expression libre, sinon l’entreprise l’aurait fait bien avant, mais qu’on attaque la firme de Richmond, alors là, attention à vous. Ca me rappelle la chanson de Carmen (« si moi je t’aime, prends garde à toi »). PS : l’article présenté est celui du Point.fr, ce n’est pas le meilleur, mais regardez les réactions, elles sont assez intéressantes…(Voir l’article du Point.fr)

  • A suivre :

Des ondes pour la mémoire ? : alors qu’on annonçait une manière de retarder les effets de cette maladie suite à des tests sur des souris (voir article de ce blog daté de la troisième semaine de décembre), une équipe d’autres chercheurs soulignent que les ondes des téléphones portables ne seraient pas nocives pour les souris. Cette étude demande confirmation … (Voir l’article du nouvel Obs).

La prison alternative ? Un autre système carcéral existe, il s’agit de permettre aux prisonniers d’acquérir du savoir-faire en-dehors de la prison. Durant la journée, les prisonniers travaillent, et le soir ils rentrent dans un centre fermé. C’est l’expert Paul-Roger-Gontard qui délivrera la marche  à suivre …  (Voir l’article du Monde)

  • Valeur 0 :

Confirmation d’un futur étiquettage « sans OGM » ; scan vertical sur port USB ? ; It’s my responsability ; on a à peine le temps de souffler ; le logo de la discorde ; ne m’appelez plus jammais La Posteeeuuh , mais La Poste S.A. … ; l’attaque des clones ; cela devait bien arriver un jour ; voici l’avenir … ; Word interdit à la vente ? ; Chériii ! J’arrive pas à payer nos impôts … ; une couche en plus ? ; l’IPhone subventionné … ? ; plus ambigü, tu meurs ; là, on ne peut pas mieux dire ; un pas en avant, un pas en arrière … ; on n’est sûr de rien Jean-Claude ;