Deuxième semaine de décembre

S’il te plaît, dessine moi un prof ..

Comment décrire ce métier à ceux qui voudraient enseigner, à ceux qui voudraient savoir ce qu’on peut bien faire, ou pour ceux qui n’y croient pas (quoi, ils font tout ça les profs, non sérieux ? ). Je n’avais pas vraiment envie de parler d’un métier désenchanté, je voulais surtout souligner l’écart entre ce que nous voudrions, et ce qui se passe en réalité.

Je me disais que parler du métier entre la réalité et ce qu’on pense était un bon point de départ. et puis en fait j’ai changé d’avis.

J’ai relu hier une partie de la bd Watchmen. Plus particulièrement le passage entre le psychiatre et Kovacs. Cet échange où Kovacs nous explique pourquoi il est devenu si violent, si abrupt : pas uniquement parce qu’il a vécu des choses difficiles et qu’il a été ignoré de son père et rejeté par sa mère. En partie, mais pas seulement. Kovacs nous explique que le monde est immoral, et que pour soigner l’immoralité des gens, il s’est attaqué à eux. D’abord en les blessant. Kovacs nous démontre que cela ne suffisait pas, que cela ne permettait pas d’enrayer le crime, et qu’il décide alors de tuer les criminels. N’oublions que Kovacs est extrême dans son attitude et ses propos, mais il souligne quelque chose d’intéressant : Kovacs est devenu violent, car il s’en est senti obligé, la situation l’a forcé à devenir tel quel, il n’y prend pas plaisir.

 

Et c’est cela que je voudrais souligner : la situation exige de nous une certaine attitude, plus humaine, mais aussi moins exigeante sur certains éléments. Il nous faut opérer une certaine compromission : le contexte nous force à agir tel quel.

Alors évidemment, nous avons une certaine liberté d’agir, une liberté pédagogique. Mais il y a des impondérables qui nous poussent vers quelque chose que nous n’avions pas souhaité. Les lois et les règles nous obligent à agir d’une certaine manière. Quelque fois c’est heureux, d’autres fois, cela prend un aspect très administratif. Nous pouvons prendre par exemple la loi qui oblige les entreprises à signer une dérogation pour que les stagiaires et apprentis peuvent utiliser les machines dans le secteur industriel, ou de pouvoir monter à une échelle. Nous pouvons aussi citer l’obligation de remplir un formulaire de sortie d’une classe ou d’une partie de cette dernière en-dehors de l’établissement, que cela soit pour faire 50 m ou 20 km. Nous pouvons aussi citer l’obligation pour les professeurs d’amener 80% d’une classe d’âge au BAC, avec toutes les dérives que cela entraîne comme la surnotation ou l’obligation d’un professeur à revoir son tas de copie parce que l’inspecteur lui a fermement demandé…

Oui, nous sommes dans un contexte qui nous oblige : à travailler avec une DGH qui est rarement en adéquation avec la réalité; à vivre avec des collègues qui ne comprennent pas ce que nous faisons, et qui ne s’en préoccupent pas du tout d’ailleurs ; à prendre les réflexions de ceux qui ne sont pas dans l’éducation, les parents en première ligne ;  à nous prendre la tête pour amener au travail des élèves qui ne le souhaitent pas.

Alors oui, il y a beaucoup d’aspects positifs dans le métier, mais il y en a beaucoup aussi de l’autre côté de la balance. Et c’est cet état de richesse positive et négative qui nous fatigue et nous stimule tour à tour.

  • A suivre

– 25 médicaments ont été désignés par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) comme présentant « des anomalies » et qui donneraient des irrégularités « électrocardiographiques ». Cette décision n’est pas brutale et n’est pas exclusive à la France. D’autres études ont été menées en Inde, Allemagne, Belgique et au Luxembourg. Pour consulter la liste de ces médicaments veuillez consulter le rapport ici (voir l’article de 20Minutes et le rapport en pdf).

– La Chine est number 01. Depuis peu, la Chine est devenue la première puissance économique de la planète. Mais au lieu de faire des heureux, la position actuelle de la Chine souligne le faible niveau moyen des revenus, et souligne encore plus la concurrence que la Chine utiliserait envers l’Europe ou les Etats-Unis (Voir l’article du Figaro).

La carte que vous voyez au-dessus est une carte interactive. Censée informer presque en temps réel, ce document vous informe l’état de la corruption en France. Pour accéder au document c’est ici. Pour avoir plus de détails aller sur le site de France.info (voir l’article).

– La CIA a manqué à sa parole. Non seulement, cette organisation aurait menti, en disant que ses méthodes auraient sauvé des vies, mais en plus, le méthodes de tortures décrites seraient pire que prévu. Et pour finir, l’organisation aurait tout fait pour éviter qu’on enquête sur elle (voir l’article du Monde).

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Ca fume ; une solidarité industrielle ; on va peut-être y arriver ; il y a de la place … en campagne ; « changer l’énergie ensemble »« Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça. » de Coluche ; de la logique ; la loi n’est pas encore passée au Sénat non ? ; Terminator 5 ? ; c’est ça aussi les nouvelles techno ; une très bonne nouvelle ; Metal is not dead ; la fifille capricieuse ;

  • En vidéo

Un album de F. Sinatra. Oui je sais que ce n’est pas habituel, mais c’est un classique du genre : F. Sinatra avec son album In the Wee Small Hours

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Première semaine de septembre

La Syrie : le bon, la brute, le truand, et les pieds nickelés réunis

Bref, cela sent pas bon. Revenons sur les acteurs et les faits :

– le président Assad de la Syrie massacre son peuple. Indignation des pays démocratiques, qui ont en eux la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Indignation double avec l’utilisation du gaz sarin, gaz mortel. Mais avec le problème de l’ingérence, on s’en réfère à l’ONU.

– Le problème avec l’ONU, c’est qu’il faut avoir un consensus avec le Conseil de Sécurité pour intervenir militairement. Sans le consensus, pas de salut.

– La Russie s’y oppose, pour l’instant, parce que : elle fournirait des armes à l’armée syrienne, elle a un point d’ancrage dans cette région du globe justement grâce à la Syrie, et en plus on a découvert des ressources naturelles exploitables dans ce pays. Des raisons économiques à ne pas négliger donc.

– La Chine s’y oppose encore pour d’autres raisons. Elle importe du pétrole venant de cette région du globe, et donc une guerre n’est pas bon pour les affaires, surtout si les affrontements déborderaient de la Syrie. Dans ce cas, la Chine ne serait plus alimentée en pétrole, et autres importations, or, c’est un pays qui utilise de plus en plus les importations.

– Et oui, les autres acteurs qui bloquent sont ceux qui sont autour : le Liban qui pourrait attaquer la Syrie, la Turquie qui rêve de devenir le pays référent de cette région et qui voudrait tout faire pour y parvenir, et enfin l’Iran. Ce dernier est le plus dangereux car ce pays aurait l’arme nucléaire. Et là il est difficile de pouvoir mesurer leur armement. L’Iran bluffe-t-il ?

Comment pouvoir aider le peuple syrien sans embraser la région ? Bonne question surtout :

– l’opposition française a émis des soupçons sur la véracité des vidéos présentées par les Renseignements Français,

– que l’on parle dans certains pays de composants islamistes dans les rangs de l’opposition syrienne, et autant le dire de suite, cet élément ne passe pas,

– que les Etats-Unis seraient prêts à intervenir mais de manière limitée (dans le temps, dans l’espace et dans les modalités) mais avec quelle efficacité ?

– sans oublier que les remontrances de la Russie (qui se rêve de redevenir tel un empire) dissuade pour l’instant qui que ce soit de bouger, à moins que des preuves tangibles soient présentées.

Bref, le paquet de nœuds ! (voir les articles de Libération, du Point, du Figaro, du Monde).

  • A suivre

– La polémique de l’été : Solidarités et Progrès (ou SP) a écris un article sur la réforme bancaire. Au centre de cette polémique : la saisie possible de l’Etat pour renflouer les banques. on peut croire que cela concerne les particuliers, et ceci entraînant un certain nombre de réactions, les unes comme les autres très virulentes envers l’Etat. Bon, on peut souligner certains faits qui méritent d’être confirmés après cet article. Je cite :

« La loi Moscovici prévoit la fusion du Fonds de garantie des dépôts (déjà largement sous-doté) avec le nouveau Fonds de résolution, ce qui pourrait aboutir de facto à l’anéantissement de la garantie publique pour les dépôts inférieurs à 100 000 euros. » (SP) : cette phrase n’est pas tout à fait faux car il y a bien une fusion  : « L’article 6 renforce les missions du Fonds de garantie des dépôts, qui devient le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, afin d’en faire le fonds de résolution français. » (amendement CF-25) mais il existe encore une garantie de l’Etat, qui passe par une Autorité : le projet de loi prévoit l’intervention du Fonds, sur décision de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, auprès d’un établissement soumis à une procédure de résolution.

Deuxième élément : vers qui cette loi s’adresse ? N’oublions pas que cette loi vise aussi la séparation des activités bancaires et de dépôt, et que les entreprises peuvent être menées à faire de même si elles ont des activités de financement. Or c’est dans ce cadre que cette loi bancaire s’instaure : l’article L312-4 qui a été modifié par la loi de juillet 2013, indique les établissements concernés (« Les établissements de crédit, les compagnies financières, les compagnies financières holding mixtes et les entreprises d’investissement, à l’exception des sociétés de gestion de portefeuille, agréés en France adhèrent à un fonds de garantie des dépôts et de résolution« ).

Troisième élément : à quoi sert ce fonds de dépôt et de résolution ? Retour sur l’article L312-4 :  » un fonds de garantie des dépôts et de résolution qui a pour objet d’indemniser les déposants en cas d’indisponibilité de leurs dépôts ou autres fonds remboursables et, sur demande de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, d’intervenir, dans les conditions prévues à l’article L. 613-31-15, auprès d’un établissement de crédit, d’une entreprise d’investissement, autre qu’une société de gestion de portefeuille, d’une compagnie financière et d’une compagnie financière holding mixte. » Cela veut dire que lorsqu’il y a des impayés, le fonds décide de renflouer les créditeurs en intervenant (avec l’Autorité) auprès de l’établissement pour le remboursement. La seule fois ou une personne peut être citée dans ce cas, c’est lorsqu’elle fait partie d’un groupe concerné par un impayé. Si cette personne est prise à défaut, c’est dans le cadre de l’établissement qu’elle devra rembourser, et non sur son titre seule.

Tout cela pour quoi : pour une info mal lue, un groupe de personne n’a pas vérifié le texte original ou mal compris. S’en est suivi un certain nombre de sites qui ont relayé l’info sans la commenter, et à la fin, l’info délivrée est fausse. Alors oui cette info est complexe et peut entraîner un certain nombre de réflexions, mais aussi on peut se souvenir que, souvent, la réalité sollicite beaucoup nos fantasmes dès lors qu’elle n’est pas bien expliquée … (lire les articles et décrets suivants : NosDéputés.fr pour le texte original ; Legifrance pour les articles L312-5 sur le fonds de garantie, L312-4 sur les établissements concernés par la loi, L511-20 où on détaille la qualité des identités concernées par la loi, et les articles 612-31-14 et 15 où on détaille la procédure d’intervention du fonds de dépôt et de résolution en coordination avec l’Autorité, et pour finir l’article de Solidarités et Progrès).

– Modifier les chiffres et leur faire dire n’importe quoi c’est possible. D’autant plus lorsque c’est l’INSEE qui le fait, car cette institution a un accès privilégié aux stats qui touchent la France. Dernier exemple : la manipulation des questionnaires sur les chômeurs, avec à la clé, une baisse virtuelle de leur nombre global. L’une des questions qui est soulevée n’est pas celle de la manipulation des chiffres uniquement, mais aussi l’identité des chômeurs. Voilà une définition difficile à arrêter, car elle n’est pas identique selon les pays, même si le BIT (ou Bureau International du Travail) avait essayé de mettre le « la » de cette histoire (voir l’article du Monde et de la page Web de l’OIT).

Etre trop policé ce n’est pas bon. La preuve avec une photo, ratée, du Président de la République. Bon elle est vraiment pas bonne cette photo, elle fait rire, discrédite la personne, et en retire son contexte (ici les rythmes de travail à l’école). Bref, à dégager. Mais en la marquant comme censurée, cette photo subit une seconde vie, et donc, produit l’effet inverse. Cette photo devient populaire. Il aurait été plus simple que le photographe la supprime dès la prise de celle-ci, sans en passer par l’institution AFP (voir l’article de Bigbrowser).

La nomination d’Aminata Touré à la tête du Sénégal pourrait être vu uniquement de la réussite d’une femme en politique. Il est vrai que cette question est importante, notamment pour des femmes occidentales, qu’une femme devienne non pas Premier Ministre mais Président. Nous n’en sommes pas là. Le Sénégal non plus, car Mme Touré est devenue Premier Ministre. On pourrait croire que le limogeage du Gouvernement sénégalais précédent pourrait mettre en difficulté Mme Touré comme une solution à l’emporte-pièce. Là non plus ce n’est pas ce qu’il faudrait voir. Mme Touré était précédemment Ministre de la Justice, mais a un CV bien rempli car elle a déjà travaillé comme experte des Nations Unies et a dirigé le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). En tant que Ministre de la Justice, La « Dame de Fer » du Sénégal a eu des dossiers important à gérer, notamment l’enrichissement personnel de précédents hommes politiques (voir l’article du Monde).

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Etre d’accord à 27, ce n’est pas simple ; an evil biscuit ? ; encore des virus nouveaux ; et ça ça continue (encore) ; addiction(s), quand tu nous tiens ; le retour de la 2CV ? ; de la mutualisation des moyens ; maintenance et hygiène des locaux ; une idée difficile à appliquer ; l’accès aux soins toujours aussi important ; buvez, souriez ! ; pressés de s’en débarrasser ? ; encourageant ; non, ce n’est pas un OVNI ;

  • En vidéo

I forgot my phone : une courte vidéo pour ceux qui vivent sans smartphone

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Et pour finir, le tube de la fin de cet été : Avicii pour wake me up

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