Les ders de janvier

Ne nous emballons pas

La semaine dernière, j’avais énoncé le fait que quelque fois, nous professeurs, devrions nous appeler messies ou missionnaires.

Je n’avais pas pensé une seule fois que l’exemple concret allait se réaliser la semaine suivante. Enseigner correctement les savoirs (et savoir-faire et savoir-être) est une des mission des professeurs. Il y en a une autre qui n’est pas écrite, mais qui est aussi indispensable : faire taire les mauvaises idées.

Cela est vrai, et vous pouvez le vérifier, lorsque les professeurs abordent la sexualité, la reproduction et les IST. Les modes de contamination du VIH sont souvent mal comprises, ou mal interprétées. Il existe souvent des rumeurs, assez anciennes, qui énoncent des faits assez fantasques, notamment la contamination du virus du SIDA par la salive.

Il y en a d’autres, plus difficiles à combattre. Non parce qu’elles se développent plus rapidement, avec les moyens modernes de communication, mais parce qu’elles sont soutenues par des personnes qui sont obsédées par leurs idées et non par la réalité des faits.

Cernier exemple en date : la propagation des études de genre dans l’éducation. Je ne reprends pas l’expression théorie du genre, car c’est une mauvaise traduction et qui dit mauvais traduction dit aussi contresens. Les études de genre, donc, seraient un dispositif visant à mettre en place un système éducatif tellement neutre qui permettrait de faire l’apologie de l’homosexualité, de la masturbation et transformer les filles en garçons et vice-versa. je n’invente rien, c’est ce que ces personnes pensent.

C’est totalement faux. Le système ABCD, qui est dans le collimateur de ces faux-penseurs, vise à mettre sur un pied d’égalité les hommes et les femmes. Mais contre le système archaïque, traditionnel et machiste (je précise que je suis un homme) de l’éducation d’autrefois (je ne parle pas de l’éducation du siècle dernier, je remonte à plus loin encore), ce dispositif ABCD émoustille les soi-disant valeurs de ces personnes.

Donc mettre un système éducatif égalitaire froisse ces idiots (j’insiste sur ce mot). Donc mettre la femme en-dehors du fourneau, de la papouille des enfants, ou des magasins cela ne serait pas normal. Ils ont trop regardé Mad Men.

Le problème n’est pas de savoir quelles idées elles propagent, nous savons dès le départ qu’il aurait mieux fallu qu’ils soient ivres lorsqu’ils ont émit ces idées, au moins ils auraient eu une excuse. Non le problème est qu’ils ne vont pas revenir sur leurs idées. Ils sont persuadés qu’on leur cache des choses, qu’il y a un conflit, une entente en-dessous de table pour propager les études de genre. Ce qui est grave aussi c’est que des personnes normales, certes fragiles, croient ces élucubrations. Ces personnes avaient des difficultés avec l’Etat d’une manière générale, et là, elles plongent du côté des sceptiques.

Je ne dis pas qu’il faut suivre l’Etat comme un soldat. Mais réfléchissons deux minutes, même pour les sceptiques : vous pensez vraiment qu’on prônerait la possibilité de faire visionner des films pornographiques pour expliquer la sexualité ? Pour promouvoir l’égalité, on habillerait les garçons avec des robes ? Nous sommes 2 ou 3 millions de fonctionnaires, vous croyez pas que ça passerait cette idée ? Vous croyez vraiment que ça ne coincerait pas ?

Faut arrêter deux minutes le délire. Cela me rappelle la rumeur d’Orléans. Elle s’était tue de plusieurs manières :

1. bien qu’il n’y avait aucune déclaration officielle, il avait été démontré que la rumeur ne pouvait exister du aux circonstances techniques et scientifiques de l’époque.

2. Le caractère rocambolesque de la situation avait donné en même temps que la rumeur des suspicions sur celle-ci, elle divisait la ville d’Orléans.

3. Et aussi le rôle des média. Ils avaient eu une grande part dans l’apparition et la diffusion de la rumeur. Celle-ci s’éteignit, faute de traitements médiatiques, car : on n’avait pas pu prouver la véracité de la rumeur, et il y avait d’autres faits à traiter.

Messieurs les journalistes, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

  • Commémorations et souvenirs

– Le 27 janvier s’est déroulée la journée mondiale de la Shoah, phénomène qui a vraiment existé contrairement à ce que pensent des obscurantistes (voir la brève de bladi.net)

– En juin et août 2014, se dérouleront les souvenirs des débarquements de 1944 de Normandie et de Province, afin de combattre non une chimère mais bien le fascisme et le nazisme. Ces dernières idées existent toujours notamment dans la droite politique française.

– En janvier 54, l’Abbé Pierre lançait son appel pour les sans-abris. Des efforts à faire pour les loger, mais aussi pour les considérer, ou ne pas les exposer au danger (voir les articles du Parisien, de TF1.fr et du Figaro).

– En janvier 64, Nelson Mandela était condamné à vie, pour avoir lutter avec la force contre le régime de l’Apartheid. Régime qui sera mis bas plus tard par le même homme, avec la lutte non-violente.

– En janvier 74, la loi Veil sur l’IVG était votée. Elle est encore contestée par des obscurantistes.

– En janvier 84, Bhopal, une ville de l’Inde, a subi une catastrophe industrielle et chimique. Son procès n’est toujours pas clos, certaines personnes responsables de l’usine en cause n’ont pas été entendues ou condamnées. La reconnaissance et les indemnités dues à la catastrophe ont toujours été minorés par les représentants de l’usine. Après tout, comme disaient certains, que ce n’étaient que des travailleurs indiens (idée que je ne partage pas).

– En janvier 94, Nelson Mandela devient le premier président noir de l’Afrique du Sud.

  • Spécial festival de la BD

Avant de mettre la sélection du festival et en souvenir de la mort de Cavanna, voici quelques illustrations (attention, âmes sensibles ne regardez pas les images suivantes) :

 Le journal Kamikaze est une reprise de Hara-Kiri par des auteurs amateurs du journal de Cavanna.

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Bon maintenant la sélection du Festival :

Avant tout, si vous voulez suivre le Festival en temps réel, voici le lien sur You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=TgmBkJtv3Is#t=138

Pour la compétition officielle, ici, nous trouvons des bd et mangas comme : l’attaque des titans, le chien qui louche, Charly 9, l’Etranger (de Camus), mauvais genre ou encore Annie Sullivan et Helen Keller.  Vous pouvez voir les images sur le site du festival.

 

Pour la sélection jeunesse, ici, on retrouve : Klaw, space brothers, ou les secrets de Cerise. D’autres titres ne sont pas mentionnés ici, mais sur le site.

Pour la sélection patrimoine, ici, nous retrouvons des titres connus comme cowboy Henk, Nancy ou les Trois Royaumes.

Vous pourrez retrouver ici la sélection polar.

Qui va succéder à Willem pour le Grand Prix du Festival ? Voici les trois nominés : Bill Watterson (Calvin et Hobbes), Katsuhiro Otomo (Akira) et Allan Moore (V pour Vendetta et Watchmen). Choix très difficile cette année.

  • Valeur 0

Cela veut dire qu’avant … ; elle était belle ma voiture … ; à voir ; ce n’est pas un endroit dangereux normalement ? ; est-ce un luxe ? ; attention ! ; une mauvaise information peut entraîner des complications ; est-ce du rêve ? ; il serait temps d’en prendre conscience ;

  • En vidéo

La dernière vidéo de U2, Ordinary love

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Les ders de janvier

La culture

 

Un point que peu mentionnent et que d’autres oublient. La culture fait partie de notre identité, elle en est le ciment. Nous parlons souvent de nos expériences, celles qui nous ont forgé, en oubliant systématiquement en quoi elles ont été importantes.

Si nous sommes devenus ce que nous sommes, ce n’est pas du uniquement à ce que nous avons vécu, mais comment nous avons ressenti ces évènements. Les expériences sont autant d’éléments fondateurs de notre personnalité, et en y réfléchissant à ces souvenirs, nous trouvons ce en quoi nous croyons. Pourquoi, parce que nous tous, agissons ainsi. C’est l’interprétation des éléments d’une vie que nous comprenons ce que nous avons vécu et ce qu’il faut en retirer.

 

La personnalité ne surgit pas comment cela du jour au lendemain. elle demande du temps, de la patience ou de la maturation. Pour arriver à ce stade, nous devons apprendre et comprendre. au fur et à mesure que les évènements s’accumulent, nous constituons une mémoire des faits, celle qui nous guidera de manière continue soit pour des évènements déjà vécus qui se répètent, soit pour des évènements proches. Cette mémoire est sociale.

Notre éducation vient de notre entourage, de notre environnement. On pense que l’éducation commence et s’arrête à l’Ecole. Grosse erreur, elle ne s’arrête pas, tant que nous vivons. Rien ne saurait l’arrêter, car nous pouvons apprendre même à contre-cœur. Cette éducation dépend du milieu où on vit, mais aussi de la société. Elle est importante car elle forge des souvenirs (dans la culture : Lille Capitale européenne, Marseille bientôt dans ce cas-là …) et des référents (dans la culture : Picasso …) communs. Bref, cette construction va nous permettre d’échanger.

Or l’échange est essentiel, sans lui pas d’interaction ,pas de vie. L’échange permet aux entreprises de travailler de concert, d’être en conformité avec la loi (surtout si elle change), de trouver un travail, de trouver l’amour …

Bref, de se comprendre. Cela sert à ça la culture (Voir les articles du Monde).

 

  • Infos essentielles

Festival de la BD 2012. Présidé cette année 2012 par Art Spiegelman, l’auteur de Maus, voici quelques livres de la sélection qui, à mon avis, seraient intéressants à suivre :

Les tomes 1 et 2 m’ont ravi, le trois est de mieux en mieux. Cette histoire d’héroïc fantasy ressemble au trône de fer : pas de magie, pas de créatures bizarres. Non juste une histoire de  conquête, de pouvoir, de trahison. Bien que l’histoire se complexifie avec ce tome, il est difficile de lâcher des mains cette bd. Quant au dessin, il est magnifique.

Atar Gull n’est pas un livre facile d’accès. Le graphisme et le dessin se caractérisent par l’omniprésence de certaines couleurs telles que le noir, le marron et le gris. L’histoire racontée est celle d’un esclave qui va s’affranchir, quitte à le faire par tous les moyens. Un livre pourtant riche, que l’on peut faire lire à nos meilleurs lecteurs.

 

 Mon favori. Un manga qui ne ressemble pas à un manga : un dessin magnifique (comme Jiro Taniguchi avec Le journal de mon père ou bien encore Jinpachi Mori avec Tajikarao) et une histoire qui , j’espère, ne finira pas au trentième volume! Ce manga met ne scène une jeune femme  de 18 ans qui va être mariée à un très jeune garçon, et cela pour lier les deux familles. Dans ce décor de  steppe d’Asie Centrale, nous retrouvons derrière le dessinateur et auteur un scénario drôle, percutant et sans chichi. A lire dès le collège.

Marion Montaigne a un talent : elle nous fait aimer la science avec de l’humour.  De plus, comme elle sait bien dessiner, elle met en scène un personnage un peu loufoque, sans être un savant fou, sous le nom de professeur Moustache. En passant, l’auteur a aussi un blog sur la science, blog qui est à la base du livre.

Dernier livre de la sélection, et pas des moindres : Jésus & Bouddha. Ce manga offre, en plus qu’il traite avec humour des religions (ce qui est rare et salutaire), une relecture des évènements bibliques  (par exemple : Jésus explique qu’il marchait sur l’eau parce qu’il ne savait pas nager …). C’est donc un manga avec pleins de références, et pas que religieuses, et qui n’est ni un pamphlet ni une illustration des livres saints. Intéressant.

a noter d’autres livres à suivre: L’inscription, la Grande Guerre de Charlie, Julia & Roem, Polina, Habibi ou encore l’île aux cent mille morts. La sélection en entier est à consulter ici (voir le site du festival).

  • A suivre

Une révolution égyptienne ? Les égyptiens se réveillent avec un goût amer : celui de s’être faits voler leur révolution. Depuis l’accession au pouvoir des islamistes (modérés) et le maintien aussi de l’armée, une frange de la population égyptienne pense que rien n’a vraiment changé depuis le départ de Moubarak. L’armée, le contrôle strict de la population sous une voilure verte, la révolution a-t-elle vraiment débouché sur une liberté, ou est-ce que certain n’attendaient que la chute de l’ancien président pour conquérir le pouvoir à leur profit ? ( Voir l’article du blog du Monde Printemps Arabe).

– Géo-politique. L’Iran est en difficulté. L’embargo européen est en train de faire ralentir économique du pays à grande vitesse. De plus, bloquer le détroit d’Ormuz, où transitent beaucoup de pétroliers, est une idée qui peut paraître saugrenue aux yeux des pays développés. Cela reviendrait pour l’Iran à rentrer dans un conflit ouvert avec une bonne partie des pays du globe, et pourquoi ne pas déboucher sur un conflit armé. Des nationalistes diraient que face à une situation exceptionnelle, l’Iran doit avoir une réaction du même type, quitte à que cela soit juste un baroud d’honneur, et rien de plus. En tout cas, ce conflit fait un heureux : l’Arabie Saoudite. Depuis que l’Iran traverse cette difficulté, l’Arabie  fait office de partenaire idéal, car il est le seul pays qui peut compenser la demande pétrolière manquante (voir l’article du blog du Monde Oil Man).

Vers l’indépendance ? Le Premier ministre écossais Alex Salmond veut faire de son pays un pays indépendant de la couronne britannique. Cette idée n’est pas nouvelle, ce qui l’est c’est la situation : peu de ses compatriotes voudraient quitter le Royaume-Uni, et pourtant la partie n’est pas vraiment compromise. en s’appuyant sur la question suivante « Etes vous d’accord pour que l’Ecosse soit un pays indépendant ? « , Alex Salmond vise deux éléments :

– obtenir dans un premier temps un statut composite de son pays, ni totalement indépendant, ni totalement intégré dans la Couronne (rappelons comme même que l’Ecosse peut prendre des décisions souveraines dans certains domaines) ;
– obtenir une dévolution, c’est-à-dire des pouvoirs plus étendus, dans tous les domaines.

Cette consultation publique trouvera son échéance dans 20 semaines (car Salmond ne veut pas précipiter les choses), soit 140 jours ou 4 mois et demi, soit la mi-juin (Voir l’article du Monde).

 

  • Valeur 0

Du rififi dans le journalisme ; copier sans inventer ; l’avènement des femmes ? ; les supports changent, les loisirs restent ; de droit de lire et de partager ; 60 idées chrono ;

 

  • En vidéo

 

Cette semaine deux vidéos un peu burlesques. La première est d’un musicien de house quasi inconnu : Scott Grooves. Influencé par la musique Jazz, il réalise un album où ses chansons sont remixées. L’album s’appelle morthership reconnection. Ce remix est réalisé par Daft Punk, mélangeant subtilement les sons techno avec les sons jazzy, disco et funk. Une chanson qui se fait de plus en plus rare à trouver.

http://www.dailymotion.com/video/xu1c9

 Un autre clip. Celui de Coldpay pour la chanson paradise. Certes le clip est beau, très finement construit, tel un court-métrage. Il n’empêche que le personnage principal est un peu décalé. Malgré ce drôle d’acteur, cela reste superbe.

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