Première semaine de septembre

La Syrie : le bon, la brute, le truand, et les pieds nickelés réunis

Bref, cela sent pas bon. Revenons sur les acteurs et les faits :

– le président Assad de la Syrie massacre son peuple. Indignation des pays démocratiques, qui ont en eux la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Indignation double avec l’utilisation du gaz sarin, gaz mortel. Mais avec le problème de l’ingérence, on s’en réfère à l’ONU.

– Le problème avec l’ONU, c’est qu’il faut avoir un consensus avec le Conseil de Sécurité pour intervenir militairement. Sans le consensus, pas de salut.

– La Russie s’y oppose, pour l’instant, parce que : elle fournirait des armes à l’armée syrienne, elle a un point d’ancrage dans cette région du globe justement grâce à la Syrie, et en plus on a découvert des ressources naturelles exploitables dans ce pays. Des raisons économiques à ne pas négliger donc.

– La Chine s’y oppose encore pour d’autres raisons. Elle importe du pétrole venant de cette région du globe, et donc une guerre n’est pas bon pour les affaires, surtout si les affrontements déborderaient de la Syrie. Dans ce cas, la Chine ne serait plus alimentée en pétrole, et autres importations, or, c’est un pays qui utilise de plus en plus les importations.

– Et oui, les autres acteurs qui bloquent sont ceux qui sont autour : le Liban qui pourrait attaquer la Syrie, la Turquie qui rêve de devenir le pays référent de cette région et qui voudrait tout faire pour y parvenir, et enfin l’Iran. Ce dernier est le plus dangereux car ce pays aurait l’arme nucléaire. Et là il est difficile de pouvoir mesurer leur armement. L’Iran bluffe-t-il ?

Comment pouvoir aider le peuple syrien sans embraser la région ? Bonne question surtout :

– l’opposition française a émis des soupçons sur la véracité des vidéos présentées par les Renseignements Français,

– que l’on parle dans certains pays de composants islamistes dans les rangs de l’opposition syrienne, et autant le dire de suite, cet élément ne passe pas,

– que les Etats-Unis seraient prêts à intervenir mais de manière limitée (dans le temps, dans l’espace et dans les modalités) mais avec quelle efficacité ?

– sans oublier que les remontrances de la Russie (qui se rêve de redevenir tel un empire) dissuade pour l’instant qui que ce soit de bouger, à moins que des preuves tangibles soient présentées.

Bref, le paquet de nœuds ! (voir les articles de Libération, du Point, du Figaro, du Monde).

  • A suivre

– La polémique de l’été : Solidarités et Progrès (ou SP) a écris un article sur la réforme bancaire. Au centre de cette polémique : la saisie possible de l’Etat pour renflouer les banques. on peut croire que cela concerne les particuliers, et ceci entraînant un certain nombre de réactions, les unes comme les autres très virulentes envers l’Etat. Bon, on peut souligner certains faits qui méritent d’être confirmés après cet article. Je cite :

« La loi Moscovici prévoit la fusion du Fonds de garantie des dépôts (déjà largement sous-doté) avec le nouveau Fonds de résolution, ce qui pourrait aboutir de facto à l’anéantissement de la garantie publique pour les dépôts inférieurs à 100 000 euros. » (SP) : cette phrase n’est pas tout à fait faux car il y a bien une fusion  : « L’article 6 renforce les missions du Fonds de garantie des dépôts, qui devient le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, afin d’en faire le fonds de résolution français. » (amendement CF-25) mais il existe encore une garantie de l’Etat, qui passe par une Autorité : le projet de loi prévoit l’intervention du Fonds, sur décision de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, auprès d’un établissement soumis à une procédure de résolution.

Deuxième élément : vers qui cette loi s’adresse ? N’oublions pas que cette loi vise aussi la séparation des activités bancaires et de dépôt, et que les entreprises peuvent être menées à faire de même si elles ont des activités de financement. Or c’est dans ce cadre que cette loi bancaire s’instaure : l’article L312-4 qui a été modifié par la loi de juillet 2013, indique les établissements concernés (« Les établissements de crédit, les compagnies financières, les compagnies financières holding mixtes et les entreprises d’investissement, à l’exception des sociétés de gestion de portefeuille, agréés en France adhèrent à un fonds de garantie des dépôts et de résolution« ).

Troisième élément : à quoi sert ce fonds de dépôt et de résolution ? Retour sur l’article L312-4 :  » un fonds de garantie des dépôts et de résolution qui a pour objet d’indemniser les déposants en cas d’indisponibilité de leurs dépôts ou autres fonds remboursables et, sur demande de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, d’intervenir, dans les conditions prévues à l’article L. 613-31-15, auprès d’un établissement de crédit, d’une entreprise d’investissement, autre qu’une société de gestion de portefeuille, d’une compagnie financière et d’une compagnie financière holding mixte. » Cela veut dire que lorsqu’il y a des impayés, le fonds décide de renflouer les créditeurs en intervenant (avec l’Autorité) auprès de l’établissement pour le remboursement. La seule fois ou une personne peut être citée dans ce cas, c’est lorsqu’elle fait partie d’un groupe concerné par un impayé. Si cette personne est prise à défaut, c’est dans le cadre de l’établissement qu’elle devra rembourser, et non sur son titre seule.

Tout cela pour quoi : pour une info mal lue, un groupe de personne n’a pas vérifié le texte original ou mal compris. S’en est suivi un certain nombre de sites qui ont relayé l’info sans la commenter, et à la fin, l’info délivrée est fausse. Alors oui cette info est complexe et peut entraîner un certain nombre de réflexions, mais aussi on peut se souvenir que, souvent, la réalité sollicite beaucoup nos fantasmes dès lors qu’elle n’est pas bien expliquée … (lire les articles et décrets suivants : NosDéputés.fr pour le texte original ; Legifrance pour les articles L312-5 sur le fonds de garantie, L312-4 sur les établissements concernés par la loi, L511-20 où on détaille la qualité des identités concernées par la loi, et les articles 612-31-14 et 15 où on détaille la procédure d’intervention du fonds de dépôt et de résolution en coordination avec l’Autorité, et pour finir l’article de Solidarités et Progrès).

– Modifier les chiffres et leur faire dire n’importe quoi c’est possible. D’autant plus lorsque c’est l’INSEE qui le fait, car cette institution a un accès privilégié aux stats qui touchent la France. Dernier exemple : la manipulation des questionnaires sur les chômeurs, avec à la clé, une baisse virtuelle de leur nombre global. L’une des questions qui est soulevée n’est pas celle de la manipulation des chiffres uniquement, mais aussi l’identité des chômeurs. Voilà une définition difficile à arrêter, car elle n’est pas identique selon les pays, même si le BIT (ou Bureau International du Travail) avait essayé de mettre le « la » de cette histoire (voir l’article du Monde et de la page Web de l’OIT).

Etre trop policé ce n’est pas bon. La preuve avec une photo, ratée, du Président de la République. Bon elle est vraiment pas bonne cette photo, elle fait rire, discrédite la personne, et en retire son contexte (ici les rythmes de travail à l’école). Bref, à dégager. Mais en la marquant comme censurée, cette photo subit une seconde vie, et donc, produit l’effet inverse. Cette photo devient populaire. Il aurait été plus simple que le photographe la supprime dès la prise de celle-ci, sans en passer par l’institution AFP (voir l’article de Bigbrowser).

La nomination d’Aminata Touré à la tête du Sénégal pourrait être vu uniquement de la réussite d’une femme en politique. Il est vrai que cette question est importante, notamment pour des femmes occidentales, qu’une femme devienne non pas Premier Ministre mais Président. Nous n’en sommes pas là. Le Sénégal non plus, car Mme Touré est devenue Premier Ministre. On pourrait croire que le limogeage du Gouvernement sénégalais précédent pourrait mettre en difficulté Mme Touré comme une solution à l’emporte-pièce. Là non plus ce n’est pas ce qu’il faudrait voir. Mme Touré était précédemment Ministre de la Justice, mais a un CV bien rempli car elle a déjà travaillé comme experte des Nations Unies et a dirigé le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). En tant que Ministre de la Justice, La « Dame de Fer » du Sénégal a eu des dossiers important à gérer, notamment l’enrichissement personnel de précédents hommes politiques (voir l’article du Monde).

  • Valeur 0

Etre d’accord à 27, ce n’est pas simple ; an evil biscuit ? ; encore des virus nouveaux ; et ça ça continue (encore) ; addiction(s), quand tu nous tiens ; le retour de la 2CV ? ; de la mutualisation des moyens ; maintenance et hygiène des locaux ; une idée difficile à appliquer ; l’accès aux soins toujours aussi important ; buvez, souriez ! ; pressés de s’en débarrasser ? ; encourageant ; non, ce n’est pas un OVNI ;

  • En vidéo

I forgot my phone : une courte vidéo pour ceux qui vivent sans smartphone

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Et pour finir, le tube de la fin de cet été : Avicii pour wake me up

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Troisième semaine de janvier

Le bonheur est dans le pré (à penser)

Oui, la Tunisie s’est libérée de Ben Ali, oui le dictateur est tombé, le vent de la colère a fait tomber ce pilier de la dictature africaine. OK pour tout cela, mais après ? Il est bien beau de dire que la révolution tunisienne a eu gain de cause, cela ne sera d’aucun effet si les choses continuent aujourd’hui comme elles ont commencé sous le dictateur déchu. Je m’explique, un gouvernement provisoire a été mis en place, mais ce sont les composants de ce gouvernement qui pose problème.

C’est un exercice difficile : d’un côté il y a une certaine impatience à tourner la page, voire à mettre de côté les anciens partenaires de Ben Ali, comme c’est le cas de l’ancien premier ministre devenu président par intérim. La population a soulevé, ainsi que certains gouvernements, le fait que  des ministères restent au main de l’ancien parti du dictateur déchu. Résultat : il y a eu des démissions. De l’autre, les ministres en place sont là, disent-ils, pour préparer la transition démocratique. Selon le président intérimaire, ce gouvernement est là pour faire table rase du passé.  il reste beaucoup de question en suspens : que faire de ce gouvernement, doit-il rester ? Que faire de Ben Ali : doit-on lui lancer Interpol ou je ne sais quoi pour qu’il soit juger, au risque d’un déballage de l’ancien dictateur pouvant embarrasser bon nombre de personnalités politiques (notamment en France). Qui du cas de Leila Trabelsi, la femme de l’ancien  dictateur. Pendant ce temps-là, la révolte continue. Les Tunisiens sont conscients des marches à franchir, des risques extrémistes,  les anciennes milices de Ben Ali qui jouent les troubles-fêtes ;

En France, pendant ce temps-là, on s’étonne de la soudaineté de la révolte, prenant les conseillers en com de cours … Le gouvernement français a du mal à reconnaître qu’il est « planté » avec Ben Ali, balbutie comme ce n’est pas possible et pour sortir du marasme,  trouve un bouc-émissaire , en l’occurrence M. Michèle Alliot-Marie, Ministre des Affaires Étrangères et de la Diplomatie. Il est vrai qu’elle a été maladroite , mais il me semble qu’elle ne devrait pas porter tout l’embarras du gouvernement français vis-à-vis de l’ancien dictateur.  Juste un petit florilège :

La droite et Ben Ali : une diplomatie française délicate ; les critères démocratiques de M. Raoult ; la double-nationalité de M. Mitterand Frédéric et sa neutralité en question ; des vacances de rêves …

La gauche et Ben Ali : l’Internationale Socialiste qui se réveille bien tard; la déclaration maladroite de Moscovici du 11 janvier; le discours de 1997 de Jospin refait surface (pas encore trouvé le discours officiel, juste des critiques) ; Hubert Védrine (ancien Ministre des Affaires Etrangères) aussi maladroit que MAM avec la Tunisie …

Un petit outil sympa pour ceux qui ne veulent pas voir l’actualité à la TV, prenez Voxalead et tapez les mots-clés suivants : Ben Ali; révolution tunisienne; gouvernement provisoire et Tunisie; Ben Ali et révolution; Tunisie et transition démocratique. Ce ne sont que des exemples, mais vous ne serez pas déçus.

( Image de jasmin sur ce site ; voir les articles suivants servant de sources : de Libération, de l’Express, d’Europe1, du JDD.fr, du Figaro, de Slate.fr, du Monde, du Parisien, de France Soir, de RFI, de 20Minutes, d’afrik.com, de BFMtv, du blog Figaro d’Yves Thréard, freak-search.com et du site Voxalead  )

  • Infos essentielles

La garde à vue révisée ? La réforme est proche. Plusieurs idées à retenir :

– l’avocat doit être présent dès que commence la garde à vue. S’il n’est pas disponible, un avocat commis d’office sera dépêché;
– l’audition libre, c’est à dire une audition sans avocat, est supprimée ;
– le contrôle de la garde à vue passe aux mains du Juge des Lois et des Libertés, ou à défaut, au Président du Tribunal de Grande Instance ;
– le prévenu a un droit au silence ;
– l’audition d’un accusé peut commencer sans avocat si et seulement si le Procureur le demande pour des « raisons impérieuses tenant aux circonstances »  de l’enquête (?), pour « le bon déroulement d’investigations » qui sont menées dans l’urgence, ou pour « prévenir une atteinte imminente aux personnes » (voir l’article de TF1).

– La médecine peut guérir, mais peut aussi faire le contraire. Suite aux problèmes du Mediator, l’Afssaps (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) publie une liste de médicaments dangereux. Dans cet autre lien, l’agence revient sur les procédures de surveillance et les laboratoires qui les surveillent. Pour être plus complets, les documents à lire sont : le bilan de l’activité « gestion des risques » (document pdf), et les spécialités pharmaceutiques surveillées (voir le tableau, voir l’article de psychomédia.qc.ca et le plan de gestion des risques de l’Afssaps).

  • A suivre

La fiscalité va-t-elle changer ? L’ISF va changer, ou risque de changer selon le rapport de Jérôme Chartier, député UMP :

-l’imposition commencera aux fortunes supérieurs à 4 millions d’euro (valeurs mobilières et immobilières comprises);
– une convergence fiscale entre allemands et français est étudiée (notamment sur un taux commun pour des marchandises identiques);
– serait aussi à l’étude une taxation du travail, de la consommation, et du capital;
– une étude sur la « compétitivité fiscale » ;
– déduction des charges pour les entreprises avec un plafond (voir les articles du Monde, des Echos et du rapport Chartier).

L’industrie du livre contre-attaque : les industriels du Livre veulent aussi qu’Hadopi se saisisse du téléchargement illégal d’œuvres, suite au développement du livre électronique. Le SNE (syndicat National de l’Edition) pointe le téléchargement et l’échange d’œuvres, notamment de BD, à l’insu et sans la rétribution des auteurs(voir l’article de 01net).

– Une autre crise se profile au Liban, où le gouvernement précédent a été mis en minorité, à la suite de la démission du Hezbollah (voir l’article de Romandie).

  • Valeur O

Le futur rêve du mâle ? ; Number One ; ah, le vieux rêve de 2007 … ; un volcan (de littérature) s’est éteint … ; c’est déjà ça ; bah tiens … ; de la liberté d’expression ou de la différence ? ; z’ont peut-être pas encore bien compris cette guerre, ou alors c’est moi qui exagère … ; ça monte, ça monte … ; habile comparaison ; qui dit vrai ? ; sera-t-elle abrogée ? ; La justice rattrape Servier; mais se tient prêt ; … Et Zorro est arrivéeeuh, sans se pressser, ou plutôt il est de retour … ;  Sans oublier Tornado ; au-delà des chiffres des attentes récompensées ? ; la recherche sur le cancer évolue ; déterminer la source d’une info, c’est déterminer sa valeur ;    

  • En extra:

le rapport Pacifi et les critiques : Le Pacifi, si vous ne connaissez pas, est un rapport pour que l’élève puisse construire une culture de l’information, et ne pas se contenter d’une aptitude technique aux nouveaux outils de communication. Jursque-kà rien de méchant, sauf que le rapport, écrit sous l’approbation d’une majorité de docs, est d’abord destiné aux professeurs de discipline… Il me semblait que les personnes les mieux placées pour construire ce parcours étaient les docs … M’enfin ce sera peut-être une évolution vers une nouvelle circulaire. Une autre réflexion sur le Pacifi qui pourrait prendre de l’ampleur …

La vie d’une jeune doc racontée sur un blog. Entre espoir et désespoir, il reste l’humour, principale béquille utilisée par cette jeune confrère.

N’allez pas suivre le festival de Cannes, enfin si vous le pouvez, mais il existe un festival de film français en ligne proposant l’intégralité de long et court-métrages.