Première semaine de novembre

Et pourquoi pas ?

Cela commence comme ça, sans prévenir. J’avais coupé quinze jours avec le blog, dans l’idée de me remettre avant la fin des vacances. Mais je n’avais aucune idée. Ce matin, lundi 1er novembre, jour de la fête des morts, voilà que j’entends Alain Decaux parlant de Alexandre Dumas. Jusque là, rien d’exceptionnel. Sauf que l’auteur interviewé disait au journaliste, qui le contredisait souvent, qu’il avait écrit une biographie de Dumas de plus de mille pages. De là est venu le déclic. Je ne vais pas m’emporter contre Alain Decaux et son talent, mais les difficultés à nous professeurs pour faire aimer le livre se concentre dans cette vantardise de Decaux. Tout est concentré là. J’ai l’habitude de penser que le livre est l’une des clés de l’âme, je reviendrai là-dessus.


Alain Decaux est un auteur à succès. Ce qu’il a écrit, il l’a bien fait, et cela est bien vendu. C’est un auteur complet, car je ne prends pas en compte uniquement le fait qu’il ait écrit des livres qui se vendent. Derrière le livre, se trouve une qualité littéraire que je ne vais pas discuter. Même si Decaux a (ou n’a pas) des nègres littéraires. Non, ce qui m’énerve, et sur ce quoi je me bats, c’est la vantardise de l’écrivain. Se pavaner ainsi en disant au journaliste qu’on a écrit plus de mille pages sur la vie de Dumas, et donc que l’on connaît bien le sujet, me semble être une erreur.

Pour moi, un auteur est une personne humble, quelqu’un qui a décidé de créer une œuvre. Il n’y a pas d’angélisme là-dessous, un livre est d’abord une création. Une idée qui devient vraie, rythmée par des pages, des chapitres, des thèmes. Je ne parle pas que de romans, mais de tous supports imprimés. Même si ne vous reprenez que des idées mal faites ou fausses, le fait de les transposer sur un support est une création.

Vous allez me dire que certaines créations valent mieux que d’autres. Cela est vrai, je ne vais pas comparer la revue « XXI  au « Nouveau Détective », car la première est largement au-dessus de la seconde. Qu’est-ce qui me permet de juger ? Moi, le lecteur, avec mes connaissances, mes idées sur ce que peut être une revue intelligente et originale. C’est mon point de vue qui me donne la base de mon jugement selon la qualité, les sujets, l’esthétique, etc. Seulement, je ne vais pas nier le fait que le « Nouveau Détective » est très lu, et peut-être aussi apprécié. Que recherchent les personnes qui lisent ce type de revue ? La question n’est pas anodine.

Je reviens à Decaux. Cet auteur dit qu’il a écrit une longue biographie sur Dumas, en insinuant qu’il connaît bien le sujet, et qu’il est alors un spécialiste. Quelle est la différence avec le lecteur du Nouveau Détective ? Leurs  positions justement. Decaux est un auteur. Il est normal qu’il soit satisfait de son travail. Mais qui donne la valeur, ou l’une des valeurs, du livre ou de l’écrit ? Le lecteur. C’est ce dernier qui apprécie le « Nouveau Détective » ou les tribulations de Miss Marple. Or pour connaître la valeur d’une œuvre, on n’a pas interrogé des lecteurs (confirmés ou non) mais son auteur. D’où sa vantardise malheureuse.

    Pourquoi insinuer que son œuvre est bien faite est dégradant pour son auteur ?


Voici une idée bien occidentale, mais aussi bien française. Vous ne devez pas dire que ce que vous écrivez est bon, même si cela l’est. Ce sont les lecteurs qui s’approchent d’un auteur, et qui lui disent. C’est cela la récompense de l’auteur. Plus que tous les prix qu’ils peuvent recevoir. Vous croisez une personne avec un livre, c’est un lecteur, qui apprécie ce qu’il a devant les yeux. Nous avons tous été lecteurs dans notre enfance. C’est un exercice difficile, mais possible pour tous. Par contre bien écrire est un défi.

Lorsque Decaux annonce qu’il a écrit une très longue biographie, il n’insinue pas seulement que son œuvre est bonne, il annonce aussi (à mots couverts) qu’écrire cette œuvre n’est pas à la portée du premier venu. C’est la deuxième idée contre laquelle je me bats. Oui, nous n’écrivons pas tous pareils, nous ne sommes pas des Maupassant, et vraisemblablement, très très peu d’entre nous le deviendront. Cela doit nous empêcher d’essayer ? Avant de devenir de grands auteurs, Victor Hugo ou Voltaire ont connu la misère. Vous pouvez être persuadés que vous n’êtes pas fait pour écrire un roman, rien ne vous défend de bien écrire. Même si cela ne doit être qu’une phrase sur une copie double.

C’est l’exercice même de la composition. Dire les choses, les assembler comme des tableaux d’un musée, et de faire de vous un guide, transportant le lecteur à travers les galeries. Et si cela est bien écrit, on ne vous oubliera pas, faites moi confiance. Par contre, bien écrire n’est pas chose aisée. C’est absolument le contraire, mais cela ne veut pas dire impossible.

    Voilà la dernière partie de mon texte un peu long, si l’on peut tous apprécier la lecture et l’écriture, comment fait-on pour choisir ?


Je m’arrêterai à l’idée suivante : une bonne lecture se trouve dans un bon livre. Cela veut dire par extenso, qu’un bon livre recèle une bonne histoire, celle qui vous fait oublier le monde autour de vous. Un livre vous plonge dans son univers, et pour cela vous devez allez le trouver. Cela veut dire que vous devez percevoir ce qu’il recèle.

Le mieux est de commencer avec les livres d’occasion. Un livre intéressant est comme un vin, ou un bouquet de fleurs. C’est sûrement parce que je suis en train de lire Les gouttes de Dieu que la comparaison entre le corps d’un château Lafite et « le Silmarillion » me semble approprié. Les livres d’occasion vous en trouverez dans les foires. Fouillez quand vous y allez, ne vous occupez pas des dires des autres, c’est vous le lecteur, c’est vous qui choisissez. Un livre intéressant doit pouvoir s’emporter partout, vous devez le prendre avec une main, tourner les pages avec l’autre. De cette manière, vous pourrez lire où vous le souhaitez même dans le bus en restant debout. Touchez le. Le livre ne doit pas être uniforme, surtout s’il est vieux. Un livre ancien est un livre dont les pages ne se ressemblent pas, elles doivent être irrégulières. Touchez le bord de ces pages, pliez les : vous devez sentir l’épaisseur et la souplesse du livre. Refermez le livre, et sentez le. S’il est d’occasion, un livre doit sentir. Quelles odeurs ? En premier le renfermé, mais pas l’humidité. Dans un  second  temps, si un livre date d’avant les années 40, il doit sentir un peu fort. Un livre qui n’a aucune odeur, et qui est raide est : soit un livre dont les feuillets n’ont pas été coupés, soit un livre très très bien conservé, et donc très rare.

Qu’en est-il du prix ? Si vous avez fait la première étape, vous n’avez pas encore ouvert le livre. Regardez son prix avant de lire la quatrième de couverture. Pour certains cela peut être un sacrilège, mais dans un pays plongé dans une crise économique, tout ce qui est consommable a un prix. Pour les livres cela a des conséquences fâcheuses. Ainsi certains éditeurs font des prix semblables pour des livres ayant des qualités différentes. Cela touche aussi bien les livres neufs que d’occasion. Si vous regardez certains éditeurs vous trouvez du Gallimard, Flammarion, Folio ou le livre de Poche. Si vous lorgnez du côté des BD, vous trouvez Dupuis, Dargaud, Glénat ou Casterman. Les livres sont a peu près les mêmes, cela ne peut vous donner beaucoup d’éléments pour les livres neufs. Regardons du côté des livres d’occasion :

–          Un grand format (Flammarion, R. Lafont) se vend neuf de 18 à 21 € environ

–          Les livres primés ne se vendent pas plus chers que les autres

–          Certains éditeurs vendent des livres neufs et grands format moins chers comme Stock (entre 15 et 18 €)

–          En-dessous de cette dernière fourchette, vous ne trouverez que les livres soit peu épais, soit des petits formats.

Si vous trouvez des livres ayant entre un à trois ans plus vieux et qui ne se vendent encore vers 18€ alors qu’ils se vendaient neufs à 21, passez votre chemin. Un livre d’occasion doit être une fourchette plus basse que celle de départ. Pour les livres petits format, ils doivent être vendus environ à moitié prix. Pour des livres d’occasion datés de plus de trois ans, ils doivent être vendus entre moitié prix et au tiers de leur prix neuf. Exemple pour un livre de 20€, un livre de plus de trois ans est vendu généralement entre 10 et 7 €. Il se peut que vous trouviez une critique au dos, cela peut vous aider.

En effet, si vous ne connaissez ni l’auteur, ou alors un peu, que vous connaissez un peu l’histoire, il vous reste deux opérations à faire. La première est de lire la quatrième de couverture. Retournez le livre, et lisez ce qui est écrit. Si cela vous aide tant mieux, mais comme le vin, un livre peut cacher sa vraie nature. Certaines histoires ne se révèlent que si l’on lit des passages de ce livre. Lisez le premier chapitre, ou une partie de celui-ci, tournez quelques pages, au-delà de la moitié et lisez quelques pages de plus. Quelles sont vos impressions ?

–           Le livre est amer s’il ne vous donne pas envie de lire.

–           Il est acide s’il semble intéressant mais lourd à lire.

–          Salé s’il est culotté,

–          Sucré s’il vous emporte quelque part et que vous avez envie de continuer.

Fiez vous à ce que vous avez ressenti précédemment, mais cela ne peut pas toujours suffire. Demandez à ceux qui s’y connaissent: les bibliothécaires, un documentaliste, un libraire. Ne dérangez pas un lecteur, même s’il lit une BD, sauf si vous connaissez la personne ou que vous sentez que vous pouvez déranger l’inconnu(e).  C’est après qu’il n’y a pas vraiment de règle : certains lecteurs aiment bien les sentiers battus, d’autres aiment la nouveauté. Si certains livres sont trop prévisibles, et que vous n’aimez pas cela, ne prenez pas le livre, même si c’est un auteur très connu. Ne vous forcez pas à lire un livre, sauf si ce livre vous est imposé. La lecture est un acte contradictoire : c’est un effort de lire, mais ce dernier est atténué si vous lisez quelques chose qui vous plaît.

    J’avais dit au début que les livres sont des clés de l’âme. Venez voir un de vos amis qui lit. Même si c’est des revues de moto. Regardez les différents livres ou revues. Regardez comme ils sont rangées, et s’ils sont usés. Des bibliothèques de particuliers révèlent souvent plus les intérêts des personnes que leurs habits. Alors pourquoi pas un livre pour Noël ?

  • Valeur 0

C’est pas nous, c’est pas nous ! (même s’il y a des morts) ; les îles de la discorde ; du bruit pour peu de chose ? ; le marqueur du cancer ? ; la femme politique de Lula ; 5 ans d’attente pour la démocratie ; du rififi chez les miss ; un meilleur rebond pour les ménages surendettés ; des risques de l’AVC ; de la destruction saine ; ce n’est qu’un au-revoir ? ; de la trêve et de la discussion ; préparons nous ! ; les infiltrés sont de retour … ; faut pas rêver (quoique) ; entre rêve … ; et réalité ; faire, contre mauvaise fortune, bon cœur ; une aide médicale payante ; une franchise médicale pénalisante ; le mois du dépistage du diabète ; une première en France ;

  • En extra :

De notre futur et des geeks ; des dangers des réseaux sociaux en musique ; de l’anticipation dans les années 60 ; un petit point sur la veille ; un deuxième petit point sur la veillepour utiliser ou découvrir PMB ;

Première semaine de mars

La soumission, ou comment croire que l’on peut évoluer en abandonnant une partie de soi-même.

Un dossier de Sciences Humaines sur l’énigme de la soumission a retenu mon attention (numéro 213, mars 2010). La soumission est un phénomène complexe, qui nous contrarie, mais auquel nous faisons appel, dans des circonstances bien précises. Il n’est pas question ici de juger ceux qui se soumettent à autrui, mais de savoir ce qu’on peut en tirer.

(le refus des règles inadéquates ou image de la mouette non soumise prise ici)

Pourquoi la soumission ?

Si nous faisons appel à la soumission, c’est que nous pensons que nous pouvons gagner quelque chose (même si ce n’est que la tranquillité d’esprit). En clair, se priver d’une partie de soi pour attendre un but, le jeu en vaut-il la chandelle ? Tout commence par le « jeu » qu’on nous propose, et dans lequel nous acceptons de nous mettre dans une situation délicate. Si nous tentons de définir la soumission, nous nous apercevrons que cette notion ne peut se comprendre seule. Nous nous soumettons à quelque chose ou à quelqu’un (personne physique ou autorité). La soumission se comprend dans un contexte. Je vais essayer d’en faire un contour en utilisant des synonymes.

Comment vient-elle à nous ?

D’abord, je pense que la soumission se crée dans un contexte que nous ne maîtrisons pas. Nous pouvons le comprendre entièrement, mais nous ne pouvons pas le diriger. ainsi, avant de se soumettre, nous nous en remettons à celui qui présente les faits. Nous lui faisons confiance, jusqu’à un certain point. C’est ce qu’il se passe dans le jeu télévisé qui est présenté ici : un candidat, un animateur qui lui pose des questions. A chaque mauvaise réponse, une décharge électrique est envoyé à une personne tiers. La culpabilité est réelle, mais les décharges ne le sont pas. La manipulation fait partie d’une certaine forme de soumission.

La soumission peut se voir en dehors du jeu. Elle peut être légale, comme le soumission à la loi, car personne n’est censée l’ignorer. Rentrer dans la concurrence, faire en sorte que vous soyez le meilleur selon des conditions bien précises (par le biais de résultats constatés par des statistiques) vous donne la possibilité d’être celui qui y arrive, ou vous faire croire tel quel (comme le dindon d’une farce). Que vous y croyez ou non, vous êtes obligé d’agir ainsi, c’est votre voie pour parvenir à faire une carrière sans soucis, voire plus. Ici, la soumission se teinte d’asservissement et quelque fois de croyances.

Jusqu’où peut aller la soumission à autrui ou à des idées ?

La soumission est aussi une explication pour nous faire agir quelque fois sans précaution. Fait récent, Canal + a diffusé une information selon laquelle des soldats roumains seraient allé à Tahiti au lieu d’Haïti pour aider les insulaires du tremblement de terre. Cette « bourde » roumaine n’en était pas une, mais un canular diffusé par un site roumain connu pour divulguer  de fausses informations. Canal + l’a comme même diffusé comme une information sérieuse. Pourquoi ? Une des réponses se trouve dans le fait que les journalistes se sentaient en mesure de le faire de manière impérative. L’impératif (de l’audimat par exemple), voici un  autre visage de la soumission.

Enfin la soumission peut être la tromperie. Tromper son monde, faire en sorte que les autres entrent dans votre jeu, les mettre dans un contexte particulier, ou user de celui qui existe déjà pour arriver à vos fins, c’est aussi cela la soumission. Il faut une sacrée dose de suggestion pour vous mettre dans une position de soumis, et vous montrez des erreurs là où vous pensiez ne pas en avoir commis, c’est une manière de vous contrôler. Le meilleur exemple est dans ce reportage : Jesus Camp. Là tout  y est : l’asservissement depuis la naissance, la mutilation de l’esprit critique pour « devenir des élus de dieu », l’engagement obligatoire de jeunes enfants vers un chemin qu’ils n’auraient peut-être pas choisi, la précaution de se barricader derrière des idées, trompant son monde et faussant la réalité. La soumission, additionnée de ces paramètres est de l’escroquerie, voire de l’esclavage mental.

(image prise ici)

Y a -t-il des solutions ?

Si la semaine derrière, je m’étais interrogé sur la manière dont les informations nous parviennent, nous devons aussi nous interroger sur plusieurs éléments. C’est le questionnaire de base que l’on peut se poser, cela peut nous aider, je l’appelle le h5w (ou le what, who, where, when, why and how), c’est un questionnaire répandu et ouvert à tous (pas de droit d’auteur pour cela) :

– w ou what : ce qu’annonce l’information ;
– w ou who : qui l’émet (agence AFP par exemple) et qui en parle (un journaliste signant un article)
– w ou when : quand cela a-t-il été diffusé et quand cela a-t-il été connu de tous ? Un fait similaire a-t-il existé ?
– w ou where : où se passe l’évènement, qui en parle (journaux, etc.)
– w ou why : pourquoi en parle-t-on (quelles conséquences), pourquoi maintenant ? (faits nouveaux, etc.)
– h ou how : comment cette information est parvenue jusqu’à nous? Comment a-t-elle évolué (nouvelles interrogations, etc.) ?

Je m’excuse de cet éditorial un peu décousu et long, mais il me semble qu’il n’y a pas d’âge pour se poser les « bonnes » questions et qu’on devrait s’interroger plus sur les faits (leur nature, leur origine, leur émetteur et leur portée) plutôt qu’à la manière dont on nous les présente ou de ce que nous pouvons en penser. Comme dirait un journaliste de France Info (il était une mauvaise foi) : « Vous n’êtes pas obligé de me croire ».

  • Infos essentielles

L’actualité de la semaine c’est surtout cela :

Même si cette image peut faire sourire (jaune), la réalité est tout autre  :

On pourrait résumer l’inquiétude cette manière (un peu littéraire) :

Lorsque cela se produisit en Haïti, j’étais inquiet, mais je ne me sentais  pas vraiment concerné ;
Lorsque cela arriva au Chili, j’étais effaré, mais je ne me sentais pas vraiment mobilisé ;
Lorsque cela est parvenu jusqu’en Vendée, j’étais à me ronger les ongles et très anxieux, pas pour moi, mais pour mes amis .
Dès que l’actualité nous touche, nous nous sentons dans le monde, crevant notre bulle d’intimité, et nous rappelant notre illusoire puissance sur les faits naturels de la planète.

Restés connectés si vous êtes concernés avec l’aide de ceci ou de cela.

L’intelligence chez les fumeurs : on savait la cigarette nocive pour l’homme, car elle contenait des produits toxiques et provoquait des cancers. On pourra dire aussi que fumer nuit au cerveau, c’est-à-dire à nos neurones, car l’acte et ses conséquences pourrait nous rendre plus idiots. C’est la conclusion d’une équipe de chercheurs d’Israël faisant une comparaison entre les militaires fumeurs et non fumeurs. Le résultat est assez clair, car le Q.I. est s’élèverait proportionnellement et inversement au nombre de cigarettes fumées (Voir l’article de maxisciences). Dans le même temps, on peut voir que faire une courte sieste dans la journée peut vous rendre plus intelligent, ou du moins plus attentif et performant à votre travail …

« Vous n’avez pas vocation à devenir une Cour Suprême » : c’est ce qu’aurait dit le Président de la République Française aux Sages. Cela venait dans le discours de M. Sarkozy alors qu’il annonçait la possibilité pour chaque citoyen de conteste la constitutionnalité d’une disposition législative devant un tribunal. Cela venait d’une promesse du candidat, élu président depuis, de redonner à chaque citoyen les moyens de se « réapproprier » la loi. Après l’article 2  : « Nul n’est censé ignorer la Loi », on pourrait avoir un article 2 bis (ou tiers) : « Nul ne peut laisser la Loi en état s’il souhaite la changer ». A l’aube des élections régionales, le Président fait-il un coup politique? On laissera les journalistes professionnels juger, mais on peut constater que plusieurs tribunaux ont commencé à contester des lois et des dispositions (phares ?) du gouvernement français (actuels et passés), à commencer par la garde à vue. Petites précisions : vous ne pouvez pas contester la loi elle-même mais sa constitutionnalité, c’est -à-dire si vous pensez qu’elle ne devrait pas s’appliquer légalement car cela serait contraire à la Constitution Française. (cf. art. de Wikipédia et de Legifrance). Cela veut dire en clair que vous ne pouvez pas accuser d’une loi d’être injuste, mais inapplicable en vertu de la Constitution. Si je reprends l’exemple de la garde à vue, le tribunal qui la conteste est clair : il n’accuse pas le fait de la mise en garde à vue ou son existence, mais le fait qu’elle ne permet pas à la défense de s’organiser. Deuxième précision : contester la constitutionnalité se fait dans un cadre précis:

– vous pensez qu’une loi ou disposition législative anticonstitutionnelle, vous décidez de le faire;
–  la contestation se fait lors d’une instruction judiciaire, seul cas inapplicable : être concerné par un procès en Cour d’assises ;
– vous déposez votre demande lors d’une instruction devant n’importe quelle Cour : juridiction de l’ordre administratif,  Conseil d’Etat, ou judiciaire,  Cour de cassation (sauf le procès en Cour d’assises). Cette juridiction analyse vos motifs et a 3 mois pour transmettre votre dossier au Conseil Consitutionnel ;
– le Conseil Constitutionnel saisit votre demande lors d’une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) selon trois causes : la disposition visée s’applique dans une affaire judiciaire en cours ou est à la base de poursuites (amendes, etc.) ; la disposition législative n’a pas reçu l’aval du Conseil pour être appliquée ; ou dernier cas, au vu de « motifs sérieux« , la contestation pose une question intéressante pour le Conseil;
– Ce dernier a 3 mois pour statuer sur le litige. Après des débats contradictoires, il ouvre publiquement aux citoyens l’affaire, et fait part de sa décision devant le public, sauf le délibéré qui restera privé. S’il le souhaite, la disposition législative peut être abrogée.

Cela peut paraître long, mais c’est un dispositif qui peut être intéressant (Voir les articles du Monde, de wikipedia, de Legifrance, de France Soir et de Vie Publique, et image de Conseil Constitutionnel disponible à cette adresse).

  • A suivre

L’Acta commence à inquiéter les législateurs français : et ce n’est pas trop tôt. Cet accord tend à uniformiser la manière de répondre aux contrefaçons, mais aussi à se défendre d’elles. Le problème est que le droit d’auteur n’existe pas dans les pays anglo-saxons, et que le copyright ne s’applique pas chez nous. Alors comment uniformiser alors que le droit est différent ? Les législateurs s’inquiètent, et ne veulent pas voir cet accord appliqué tel quel, ce qui changerait beaucoup de choses … ( Voir l’article de Pc Inpact).

Nouvelles lectures : on parle de crise de la lecture. On devrait plutôt souligner le recul de la littérature dans nos sociétés. Nous recevons énormément d’informations, encore plus qu’avant, et sans la possibilité d’avoir le temps pour les trier. Nous lisons énormément de choses sur des supports différents, notamment électroniques. Nous nous tenons encore plus au courant des actualités surtout celles qui nous touche, par le biais de flux RSS par exemple. Nous devons être partout à la fois. Nous passons plus de temps à lire nos mails à en écrire, à se tenir au courant les uns des autres par des réseaux informatiques. Nos métiers sont exigeants et nous demandent d’être en veille, presque permanente. Alors oui, il y a une crise de la lecture, celle du plaisir, celle qui ne nous engage pas, mais nous lisons beaucoup d’autres choses et qui nous apporte moins peut-être sur le plan mental (Voir la une du Café Pédagogique).

Des méfaits de l’information :  c’est un peu la suite de la référence précédente. La crise de la lecture a peut-être commencé comme cela. Dès lors que le savoir est devenu un droit pour tous, beaucoup d’efforts ont été réalisés pour que tous puissent lire. Merci Gutenberg, et  notre cerveau s’est mis à  réfléchir plus souvent. Pourtant, Malherbes voyait d’un mauvais œil le fait que le savoir se répande (je n’ai pas dit comme une traînée de poudre). L’écriture avait sonné le glas, pour Socrate, de la réflexion même. En écrivant, nous négligeons la mémoire, qui est la base de la réflexion. Puis la radio, la télévision et l’email allaient réduire à néant l’effort des parents pour leur enfants puissent utiliser leur têtes correctement. Il n’y a pas de preuve que l’informatique et surtout l’information électronique créent une dépendance mentale.  Pour autant, on recherche le bonheur, ou quelque chose d’approchant. L’accès à la lecture nous semble naturelle, car elle répond à un besoin. Le fait qu’elle puisse être en accès libre est un point intéressant, car nous pensons défendre la culture et sa diffusion. Mais quid d’une trop grande divulgation d’œuvres non ou mal contrôlée ? (Voir les articles de Slate.fr et de actualite.com).

Migaud : le roi est mort, vive le roi ! Bon en fait pas vraiment. M. Seguin est mort, et M. Migaud va prendre sa suite. Tous les personnalités politiques le considèrent comme un homme droit, spécialiste et prêt à remplir le rôle qu’on va lui donner. C’est le candidat idéal : il a des compétences et de l’expérience. Je suis conscient que je me répète sur les deux premières phrases, c’est volontaire. M. Migaud n’est pas tout blanc : notamment en terme de gestion financière. Ca c’est fâcheux. M. Migaud gère la communauté d’agglomération de Grenoble. Or un récent rapport qui montre sur les années 2003 à 2007, la gestion de la communauté a été « hasardeuse », et que certains engagements de la communauté auraient mérité d’être plus considérés. Cela fait mal pour quelqu’un qui ambitionne de devenir le représentant national des Comptes de l’Etat (Voir l’article d’Eco 89).

De la réalité des prix agricoles : le secteur primaire (et non primate) va mal. Beaucoup d’agriculteurs ont fermé leur porte, comme on ferme les usines, car elles entraînent des conséquences similaires : une importation plus importante car moins chère. Beaucoup d’aides ont été apportées, mais elles n’ont pas aidés les exploitants, et ont confiné les agriculteurs à ne pas trop produire. Alors que le Salon de l’Agriculture vient d’ouvrir, et que le Président de la République Française ne l’a pas inauguré, le monde des exploitants et des employés de la terre se sent seul… (Voir l’étude de l’Insee).

L’idée de trop ? Facebook est un réseau social étendu, fort, mais soucieux de lui-même.  Alors qu’un rapport égratigne quelque peu la solidité de l’entreprise, Facebook veut se développer plus et devenir totalement incontournable. L’entreprise vient de déposer un brevet sur le newsfeed. Pour faire court, c’est le fil d’actualité qui est mis en licence. Des concurrents ne l’entendent pas de cette oreille, notamment Twitter et Google (pour Buzz), car cela reviendrait une autorisation de Facebook  pour ces entreprises afin qu’elles puissent fonctionner (Voir les articles de Journaldunet.com ety de meterofrance.com et du rapport de la Commission sur la vie privée au Canada).

  • Valeur 0

Le pèse-personne connecté ; l’hébergeur est-il attaquable ? ; de la bonne santé des bébés éprouvettes ; ça c’est préoccupant ; ça aussi ; du merchandising web ; l’art de dire franchement les choses par un moyen détourné ; l’outil n’est pas responsable des erreurs de l’usager ; Freinet chez les grands ; est-ce la fin de cette Hydre de Lerne moderne ? ; suivez le fil de Assemblée Nationale ; de la vie privée sur les réseaux sociaux ; une carte des séismes ; un exemple de responsabilité en classe de primaire ; Android va-t-il détrôner l’IPhone ? ;  un avis sur la place des réseaux sociaux ; « le Salon du citadin » (selon M. Vidberg) ; l’Histoire et le 9ème art ; y aura-t-il de l’eau dans le gaz russe ? ; le sens du travail accompli ; Google en fraude ? ; une idée originale ; mettre des mots sur leurs inquiétudes ; la guerre au nom de quoi ? ; le prix de la technologie ? ; au nom de la mère et de l’enfant ? ; encore des efforts à faire ; mais ne perdons pas espoir ; un faux site sur l’écologie ; on ne parlera pas du sujet qui fâche (le plus) ; une idée à transposer en France ;

  • En extras :

Art de la photo ; l’économie en musique (lisez les commentaires et n’hésitez pas à montrer à tous cette vidéo comme une introduction à un débat sur l’économie ! ! ) ; l’année de votre naissance (site un peu partisan et mégalomane) ; l’équivalent du PAF (plan académique de formation) mais en libre accès ; de la question des effectifs dans les classes ; La vie privée sur le Net ; la Journée des Maladies Rares ; l’espionnage de la firme de Redmond ; cartographie de blogs et de leur importance ; état des lieux du Net ; « Comment plaier à Google ? «  ; dossier sur le serious game ;