Deuxième semaine d’octobre

« L’uniformité est le contraire de l’égalité »

 

 Dixit le Président de la République. Dans son discours à la Sorbonne, le Président a parlé d’une refondation de l’école. Retour sur les mesures et ce qui blesse, ou pas.

Avant le secondaire :    renforcement de la scolarité avant 3 ans, dans des zones difficiles, afin de mieux pratiquer le langage oral ;  généraliser les programmes d’éducation culturelle à la maternelle  à la terminale ;  retour à 9 demi journées (4 jours et demi) pour les élèves du primaire ;  limiter le nombre de redoublements ;  donner à une note un rôle plus informatif que punissable ;  (presque) plus de devoirs faits à la maison. Pour le reste :   une aide personnalisée aux établissements ;  modularité des heures selon le public (plus les élèves sont durs, plus les heures seront importantes) ;  donner des classes difficiles qu’aux profs expérimentés, sous la base du volontariat ;  redonner un élan à une formation des profs, peut-être moins fixée sur la discipline ;  accentuer la place des TICE ;  lier les CFA et les LP.

                                            Première partie : bon, on reprend tout et on regarde de près. Ce n’est pas une priorité à mon avis, mais le Président souhaite remettre au goût du jour la scolarité avant trois ans, pour mieux travailler la langue française,  dans des zones difficiles. Pourquoi pas, voyons sur le long terme. Mettre des programmes d’éducation culturelle dès la maternelle, cela peut paraître superflu, mais ce qui fait la différence entre deux personnes de même niveau (diplôme, etc.) c’est la culture justement. Par contre comment caser cela dans le planning hebdomadaire, attendons le Ministre de l’Education. Les 4 jours et demi étaient annoncés, ce n’est pas une surprise, c’est bien que cela soit maintenu. Par contre, le reste va donner du soucis : la question des redoublements, de la note et des devoirs.

              Comment gérer le niveau des élèves si les professeurs n’ont pas recours aux redoublements, à la menace de ces derniers. Quelle crédibilité ils auront face à des élèves en difficultés et qui s’en foutent ? (Pardonnez moi l’expression mais elle est réelle). de même, limiter l’impact des redoublements cela marche qu’avec des élèves conscients de leur situation, et prêts à s’investir. Cela ne marcherait vraiment qu’avec des élèves d’assez bon niveau, en gros, ceux qui passent sans poser de soucis. Pou les autres … Comment fait-on, on les réoriente ? Très utile comme idée, mais qui fausse tout : pour passer d’un niveau à un autre, il faut justement … avoir le niveau (c’est-à-dire être au-dessus  de la moyenne). Or, si l’élève n’a pas le niveau, on va le garder, pour quoi faire ? Cela ne va pas lui servir. Encore une proposition de parents frustrés, je pense.

               Deuxième chose : La note. Si elle indique le niveau sans sanctionner, elle sert à quoi ? La note vous indique si vous passez ou pas, si vous avez le niveau. Si on enlève, que va-t-on dire ? « Tu as trois, mais cela ne veut pas dire que tu n’as pas le niveau, vu que tu va passer en classe supérieure. » Or le bât blesse ici : notre système de notes offre une valeur à ceux qui réussissent et à ceux qui ne se trouvent pas dans le coup. Si elle sanctionne, c’est pour demander à l’élève l’effort qui lui manque. C’est vrai que l’effort n’est plus une notion à la mode, malheureusement, mais si la note n’est plus un repère, alors, prenons un autre système d’évaluation.

           Les devoirs. Vaste problème. Les devoirs font partie du travail de l’élève. Pourquoi à l’école plus qu’à la maison ? Pour éviter les triches ? Pour permettre aux élèves de se débarrasser du carcan scolaire et revenir à la vraie vie, celle des loisirs ?  Je grossie le trait là, mais cela prose un problème de taille : les heures d’enseignements. Si on réduit les heures d’enseignements, cela entraîne plusieurs conséquences : 1- donner des heures péri-éducatives à du personnel péri-éducatif, avec un niveau professionnel aléatoire (car personnel précaire et mal adapté à la vis scolaire la plupart du temps); 2- où faire ces heures ? ; 3- si on réduit l’emploi du temps des profs, comment vont-ils faire leur quota ( à moins qu’ils soient sur plusieurs établissements, raisonnement applicable au primaire et au secondaire) ? ; 4- donner du soutien aux élèves ok, mais que l’on finisse à 17h30 à cause du soutien ou à cause de la fin des cours, on fini toujours à 17h30 (ce que je veux dire, c’est que la fatigue est la même).

                  Deuxième partie : le reste des pistes hors premier degré. Ce qui est bien c’est une aide personnalisée aux établissements. Moduler son aide selon le contexte, si cela se fait comme tel, c’est peut-être la mesure la plus innovatrice qui soit, et qui pourrait apporter de bonnes réponses. De même en ce qui concerne de la modulation des heures selon la difficulté du public. Avant, les collèges difficiles étaient classés ZEP, mais cela avait tendance non à les aider, mais à les étiqueter. Comment éviter que cela se reproduise ?  Pas contre, là où il y a un soucis, c’est bien trois choses : les classes difficiles aux profs volontaires ; la place des TICE et le lien CFA-LP.

                         Dans son discours, le Président souhaiterait que les classes difficiles ne soient plus octroyées en début de carrière.  C’est très dur à mettre en œuvre, ne serait-ce parce que : les profs expérimentés son passés quelque fois par les classes difficiles, et n’ont pas envie d’y retourner, même par valorisation financière; comment faire en sorte que les classes que personne ne veut ne soient pas données au débutant, en sachant que la répartition des classes se fait en juin-juillet, qu’on ne connaît pas vraiment la « teneur » des classes et que ceux qui ont eu une classe difficile voudrait bien avoir autre chose; et que, le volontariat, s’il ne marche  pas, qu’est-ce qu’on fait ?

                      De même, il y a un problème, les TICE; Alors, oui, il ne faut pas rater le tournant du numérique. Mais pourquoi l’annoncer là, dans le discours. Ce n’est pas ce qui de la première urgence. Je pense que c’est un aveuglement, comme si on pouvait reprocher aux enseignants la qualité de leur service, par ce que ce dernier n’est pas assez high-tech. Dites cela à un prof de sport, je pense qu’il se fichera de vous … Les  TICE ne doivent être l’arbre qui cache la forêt. Ce qu’on fait avec ok, mais pas juste l’installation et la mise sous fibre optique des EPLE.

                           Le lien CFA-LP est technique mais assez simple à comprendre. Il suffit de mettre des apprentis dans des LP, afin qu’il bénéficient d’un enseignement de base en plus de leur apprentissage. Bon, plusieurs remarques : si un apprenti vient en cours dans un LP, il prend la place d’un potentiel élève de LP. De plus, un apprenti ne vient pas tout le temps en cours, car son apprentissage dure toute l’année. Donc sa place restera vacante. S’il y a plusieurs apprentis, cela va limiter le nombre d’élève de LP par classe, donc des heures de dédoublements en moins, donc des heures profs devants élèves en moins, donc moins de profs, donc moins nombreux et moins couteux. On notera aussi une baisse de la qualité de l’enseignement, car moins de profs, moins d’aide pour la même raison, et on notera aussi que le CFA est rattaché à la Région et non à l’Etat, et que demander que le LP donne des cours aux apprentis pourrait amener à ce que les profs de CFA interviennent dans les LP (car moins de profs de LP si vous suivez). Bref c’est surtout une mesure budgétaire.

Alors, je n’ai pas parlé de deux choses : la formation des profs et la pédagogie nouvelle. Le fait de former les enseignants non uniquement sur le terrain, pourquoi pas, mais à condition que les formateurs ne soient pas ceux qui ont donné les cours dans les IUFM, sinon cela n’aurait aucun intérêt. Quant à la pédagogie nouvelle, qu’est ce que c’est ?  Celle de Freinet, de Montessori ? A voir donc (Voir les articles du Monde, des Echos et de Libération)

 

  • A suivre

Serge Haroche vient d’être Prix Nobel de physique par ses travaux sur la physique quantique.

L’Iran empire sa situation nucléaire, ou l’Iran Empire du nucléaire ? On nous l’avait dit, prédit, débattu : l’Iran pourrait se doter de l’arme nucléaire très prochainement, ce qui le rendrait difficilement déstabilisable. Ce ne serait pas un problème si le pays était connu pour sa modération et sa stabilité (voir l’article du Monde).

Ça frite de plus en plus entre la Turquie et la Syrie. Vers un conflit généralisé au Proche-Orient ? Cela pourrait se propager, car c’est au tour de la Russie de se manifester. Comme quoi, il n’y pas que les membres du Conseil de l’ONU qui peuvent faire bouger les choses (Voir les articles de Presseurop et du Monde).

  • Valeur 0

Ça serait pas mal ça ;  et de perception ? ; aïe, aïe, aïe ! ; une double peine en somme ; une idée de transport urbain; il y a une appli pour ça ; do not track ou target ? ; un vrai sac de nœud ; Google et l’histoire ; la nouvelle façon d’être connu ? ; au delà de la Méditerranée ; de la riposte graduée suédoise ; la Li-Fi ; quand on est têtu ; le début du tout  » fibre optique » ; la chasse continue ; de l’art ;

  • En vidéo

L’un des derniers singles de Coldplay, réussi au niveau de l’animation : hurts like heaven.

Image de prévisualisation YouTube