Première quinzaine de juin

 De la nécessité de se battre

 

On obtient rien en ne faisant rien. Vous connaissez l’adage. Aujourd’hui, pour les docs et collègues, on nous annonce monts et merveilles. La cause ? Le 3C. Pour ceux qui ne connaissent pas, le 3C est censé remplacer le CDI avec des dispositions nouvelles. On fusionne la vie sco avec le CDI, on met dans un coin chacun et on trouve un autre bureau pour la ou le COP. Le but est d’avoir un lieu semi-ouvert, sorte de cafét et de bibliothèque.

 

On peut se poser des questions sur ces dispositions, après tout c’est original, si on ne pointe pas le problème des recrutements. En effet, les COP, puis les docs et après les CPE sont des personnels qui n’ont pas des heures d’enseignements à proprement parler, cela ne veut pas dire qu’ils n’en font pas. L’intervention des COP dans les classes est cadrée dans une volonté d’informer les élèves sur leur orientation, mais aussi les préparer à leur avenir. Apprendre les filières et savoir où on va, c’est de l’éducation. Les docs font des heures d’enseignements, que certains ignorent. Là où certains collègues croient qu’on ne fait que lire, le doc travaille en concertation d’autres profs sur des heures dédiées à l’enseignement. Cela peut prendre la forme d’heures d’IRD, de TPE, de PPCP ou autres. Ces heures existent, c’est juste qu’elles sont méconnues. Les CPE peuvent intervenir dans les heures d’AP et dans des projets notamment sur la vie en communauté et le relationnel. Ces heures, qui ne sont pas des heures magistrales, peuvent déboucher sur la réalisation de productions diverses et être évaluées. Il me semble que la note de vie sco est encore d’actualité.

Alors pourquoi regrouper les CPE, les docs et les COP. Ils vont pas faire une partie de belote. La raison est que le manque de recrutement est criant. Les COP sont sur plusieurs établissements, les docs et les CPE sont en nombre réduits dans un EPLE. Il y a aussi recrutement et remplacement. La nuance est double : d’un côté, un nombre de néo-tits faible, et de l’autre l’utilisation exhaustive de personnels non-titulaires.

                                 Pour le premier cas, le nombre de nouveaux titulaire est faible. Suite à la politique de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, le nombre d’admis au concours est resté bas pour les docs, le COP et les CPE alors qu’il y a de la demande. Les retraités ne sont pas remplacés et ceux qui restent doivent plus travailler. C’est surtout le cas des COP qui couvrent des surfaces très étendues de bassin.

                                    Pour le second cas, il y a l’utilisation de personnels non-titulaire. Les CPE connaissent bien la situation où l’emploi de contractuels est courant, car moins cher, plus malléable en fait . Je n’oublie pas non plus l’utilisation de contrats précaires au sein du personnel de surveillance et d’encadrement. Pour les docs, il y a une donnée supplémentaire. Si le rectorat ne trouve pas de titulaire, je zappe la case des TZR car c’est une donnée très très rare, on fait appel aux contractuels (les vacataires n’existent pas en doc) ou aux reconvertis. Ces derniers sont des personnes de l’enseignement qui veulent changer de travail (par exemple ne plus être prof devant des élèves) et qui veulent se reconvertir en doc. Il y a là un soucis majeur : 1- n’importe quel prof de discipline peut demander à être reconverti en doc, alors que le doc ne peut pas être reconverti sur simple demande en prof ou en autre chose ; 2- comme c’est une simple demande, les reconvertis peuvent avoir un aménagement de temps en tant que doc, alors qu’un prof qui se reconvertit dans une autre matière que la sienne (par exemple un prof de physique qui devient prof de maths) n’a pas toujours ce bénéfice ; 3- ce système grille l’emploi de titulaire car c’est un poste de perdu pour un vrai doc ; 4- vous pouvez avoir de bons reconvertis sur poste, mais ils ne seront qu’après un certain nombre d’années, alors qu’un néo-tit connait mieux le métier dès la première année (notamment l’utilisation d’outils informatiques et la loi).

Alors le 3c apparaît en solution pour certains : moderniser le CDI qui fait vieille bibliothèque, pour le rendre plus actif, comme les learning-centers (ou LC). Ces derniers sont des lieux de recherche informatique développés dans certaines facultés outre-manche et outre-atlantique. Ces LC sont basés quelque fois sur des bases religieuses, mais surtout des postulats : 1- le personnel doit pouvoir répondre à tout moment aux problèmes des élèves ; 2- il n’y a pas de fonds documentaires à proprement parler, juste d’un équipement informatique, certaines fac ont leur 3C qui est logé dans un immense couloir ; 3- la tâche la plus importante du personnel du LC est de veiller sur la qualité du réseau informatique, d’y faire de la maintenance ; 4- au cas où, le personnel du LC peut être appelé dans d’autres lieux de la fac pour d’autres tâches. En sachant que le 3C s’inspire du LC, cela fait plaisir de voir les missions de services des CPE, des docs et les COP battues en brèche par des illuminés des TICE.

Alors fusionner les différents personnels dans un seul pour travailler dans un ou plusieurs lieux d’un EPLE c’est sûr que c’est gagnant. M’enfin je voudrais juste revenir sur quelque chose, vous allez me dire qu’il n’y a pas de rapport. Le dépeceur canadien a été repris il y a peu, et ce dernier avait un compte FB. Des fans le suivaient, cela a été aussi un moyen de le retrouver je pense. Mais les fans, qui voulaient de l’extraordinaire étaient servis avec ce dépeceur. Quand on ne se pose pas la question sur ce qu’on voit, sur la valeur d’une vie, et qu’on reste scotché sur un écran (pour voir notamment les matchs de foot en streaming) et qu’on est scandalisé lorsqu’un quelqu’un vous dit que non vous n’avez pas le droit d’aller sur FB parce qu vous êtes dans un lycée, ou, que vous vous dites que vous allez le droit d’aller visionner ce que vous voulez parce que c’est accessible sans vous demander pourquoi (comme la diffusion de films en ligne), et bien il ne faut pas s’étonner de ces fans qui suivaient le dépeceur canadien. Apprendre à lire et à comprendre ce qu’il y a sur le Net, c’est juste une des capacités du doc. Je suis juste persuadé que si on en fait pas d’écologie d’infos sur le Net, on devient objet d’Internet, et non citoyen.

  • Infos essentielles

– Le ministre de tous les élèves séduit. Notamment la FCPE mais aussi l’APEL. Cette formation est l’association des Parents pour un enseignement libre, prône les parents comme les premiers et ultimes éducateurs de leurs enfants. Quoi de plus normal pour un ministre des élèves d’aller leur parler. Lors du congrès de l’APEL, M. Peillon a posé quelques lignes directrices, qui ne sont pas neuves :

Alléger les programmes, ce qui est en débat depuis des années ;
supprimer deux heures de cours par semaine au collège et au lycée, pourquoi pas, cela voudrait dire qu’il faudrait supprimer des semaines de vacances, et c’est une tentative qui a déjà été avortée il y a peu;
améliorer la formation initiale des enseignants, ça ne ferait pas de mal ;
revaloriser leur salaire (de l’enseignant), les premiers échelons ont déjà été réévalués ;
impliquer les parents dans les choix d’orientation, ce qui est déjà le fait ! ça c’est une vraie méprise car dans l’état actuel des choses, le chef d’établissement (avec tout l’équipe pédagogique derrière) propose une orientation, mais ce sont les parents qui ont le dernier mot. Comment croyez vous que l’on remplit les classes avec des élèves qui n’arrivent pas à lire ?  ;
créer un véritable métier pour accompagner les enfants en situation de handicap, les formations spécifiques existent, notamment le CAPA-SH, il y a même des sections spéciales comme les ULIS ou des instituts dédiés comme les IME ;
encore développer l’utilisation pédagogique d’outils numériques, cela fait quelques années que les outils numériques sont promus, mais attention à la poudre aux yeux.

Après l’APEL la Peep. Cette organisation se dite séduite par le discours du ministre  sur l’évolution de la note des élèves. M. Peillon souhaite revenir sur l’évaluation afin que les notes soient perçues comme un encouragement et non comme une sanction. Cela fait un peu penser à l’auteur de la « constance macabre », mais on ne sait pas vraiment où le ministre souhaite aller. Quelles pistes ? Revoir les redoublements afin qu’ils deviennent rares, enlever l’évaluation chiffrée des élèves du primaire et de la maternelle ?

N’oublions pas lors du Congrès de la FCPE, que M. Peillon définit son poste non comme Ministre de l’Education mais comme le ministre de tous les élèves. Cela nous rappelle la pédagogie où l’élève est au centre des préoccupations éducatives. En choisissant sciemment les associations de parents d’élèves, et ne parlant d’abord pour les élèves, M. Peillon a juste oublié quelque chose, les professeurs. Vous allez me dire que ce n’est pas important, et bien cela pourrait bien changer…   (Voir les articles de Ouest-France, du Républicain Lorrain et du Point).

  • A suivre

– Le loyer des appartements encadré. C’est la prochaine mesure annoncée par la Ministre du Logement, Mme Duflot, et elle concerne les propriétaires. Lorsque le locataire partait, le propriétaire pouvait fixer à sa guise le loyer. Prochainement il ne pourra plus, car entre deux locations (et uniquement dans ce cas), le loyer ne pourra être majorée qu’avec l’indexation des prix (Voir l’article du Monde).

– Les périodes de maternité seront prises en compte pour les mères. Bien que cela reste une interruption de travail, la durée de la maternité s’ajoutera aux annuités afin que celles-ci ne pénalisent plus les mères. Un bon choix il me semble (Voir l’article d’ArriègeNews).

– Pour contrer l’exode médical, l’Ordre des Médecins demande au gouvernement d’imposer la contrainte aux nouveaux arrivants. Comment ? Pendant 5 ans, les jeunes médecins resteront exercer la médecine générale selon deux principes : cette durée s’applique dans leur région d’internat (si cette région est considérée comme un « désert médical ») ou dans une région choisie par l’ARS et l’Ordre (afin de combler une région vide). Tout cela afin d’équilibrer les régions et l’accès à une médecine générale de proximité (Voir l’article de SantéMédecine.net).

  • Valeur 0

La ministre de quoi déjà ? ; le retour du mauvais fils prodigue ? ; savoir, comprendre … et anticiper ? ; les vieilles habitudes ont la vie dure  ; un avis intéressant à lire ; la beauté de la barbarie ; l’action ; choisir n’est pas toujours évident ; les abeilles sont-elles des quantités négligeables ? ; la canicule, le retour ? ; un projet qui pourrait combler bien des hommes ; autres espoirs ; chroniques nécrologiques ; payer pour débloquer une situation ; pour les nouveaux docs : une piste de réflexion sur le métier ; toujours pour les docs : allier le livre et le numérique ;

Première quinzaine de janvier

La Hongrie

La République de Hongrie pose des problèmes à l’UE. Depuis que Viktor Orban est devenu Premier Ministre, et que son parti (la Fidesz) est devenu majoritaire, beaucoup de décisions ont été prises dans ce pays. Nous n’allons pas remettre en cause la base démocratique de ce pays, en tout cas pas encore, mais il y a des signes  inquiétants :

– Tout d’abord, le Premier Ministre a modifié la constitution de se pays, en changeant notamment le nom de République de Hongrie en Hongrie. Le mot République disparaît, et cela est du au passé de ce pays. Rappelez vous les cours d’histoire, quels pays ont fait la guerre en 1914-1918 : l’Autriche-Hongrie. Si l’on regarde le pays à cette époque et maintenant, nous notons des différences. Le changement de nom s’inscrit dans une volonté de s’adresser à ces peuples, soi-disant oubliés.

 Ici le Royaume de Hongrie entre 1001 à 1946. Et là le territoire de la Hongrie actuelle (images prises sur Wikipédia).

– Des lois et des dispositifs bizarres sont apparues : le placement de la couronne du royaume de Hongrie a été placée en plein milieu de l’hémicycle, une loi sur les média fait polémique car trop liberticide, et une nomination des plus bizarres pour le poste de directeur du Nouveau Théâtre à Budapest (d’ailleurs de manière générale, les acteurs de l’art se soucient beaucoup du régime hongrois).

– Nous notons aussi une place grandissante de l’extrême-droite de ce pays. Revenons à l’Histoire : la Hongrie s’est battue aux côtés de l’Autriche et de l’Allemagne (la triple Alliance). Depuis cette guerre, la Hongrie restera fidèle à ses anciens alliés. Lorsque Hitler annexe l’Autriche, c’est tout naturellement qu’il se tourne aussi vers la Hongrie. Ce pays considère l’Allemagne comme son ancien et glorieux allié. et les hongrois ont adopté les moeurs des allemands, qu’ils ne considèrent non comme des occupants d’ailleurs.

 Ce qui frappe le plus souvent c’est qu’au nom de l’urgence économique, le Premier Ministre Orban  reprend deux éléments d’anciens régimes qu’il était censé combattre lorsqu’il avait mené son parti pour la première fois au pouvoir : une alliance avec la droite nationaliste, avec un penchant anti-Roms, et une concentration du pouvoir auprès d’oligarques, comme l’URSS l’avait pratiqué dans ce pays jusqu’en 1990. Parce qu’elle ne peut s’immiscer dans la vie politique d’un pays, l’UE tente de faire changer le régime hongrois actuel en mettant l’accent sur la mauvaise gestion économique et sur l’esprit de l’Union. Entre peur de brider la liberté d’agir d’un gouvernement et la liberté de ses occupants, la diplomatie n’est pas facile à mettre en place (Voir les articles de Cafebabel, du Monde, de RFI, de largeur et de France Inter).

  • A suivre

1 sur 7. Un agent de l’Education Nationale est en  état d’épuisement. Attention nous  ne sommes pas dans un état passager, mais bien permanent. Ce burnout (14% pour être précis) démontre que cet état d’épuisement professionnel est la conséquence de pressions psychologiques importantes, cet état ayant des conséquences sur : l’enseignement et la préparation des cours, de la qualité des interrogations, de la gestion de classe, de la rencontre avec les parents, de la volonté d’animer des projets culturels … Bref de la vie du prof (Voir l’article de Libération).

Le point de non-retour du volume du pétrole. Le niveau baisse, baisse, nous devrions en tenir compte (Voir l’article de Sciences²).

Sénégal, ça chauffe. Pas pour la CAN, mais bien pour les présidentielles. La candidature du controversé Waye est acceptée mais pas celle de Youssou N’Dour. Un chanteur qui bride une présidentielle, ce n’est pas nouveau. Mais une commission qui qui est le bon candidat, ça laisse rêveur … Surtout que depuis l’éviction de Youssou N’Dour, le pays recommence à devenir instable. Pour certains en mal de démocratie, regardez bien ce pays (Voir les articles du Monde et de TF1).

  • Valeur 0

Le Huffington, nouvel eldorado juridique ; un peu d’humour ; industries, quand tu nous tiens ! ; on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ; rien de neuf ; industries,  quand tu nous tiens 2 ; l’impact de la crise sur les jeunes actifs ; de l’humour (bis) ; l’ignorance est la plus blessante des armes ; un certain avis ; une idée à creuser ? ; voilà qui est original ; révisons l’économie ; une prophétie de plus ? ; le sexisme n’ pas d’âge ; rien n’est gagné ; et l’AFSSAPS dans tout cela ? ; attrape moi si tu peux ! Ah c’est fait ? Bon tant pis ! ; l’image qui choque ;

  • En plus

Une série de documents sur Internet :

– son aprentissage avec les élèves : des ateliers sur l’utilisation raisonnée , lier l’écriture et l’informatique, la validité de l’info sur la toile,  bien  bosser avec Google, et un moteur de recherche multi réseaux sociaux.

– le changement du Net et de nos pratiques : l’Acta , qui est un nouveau dispositif qui peut brader nos pratiques ; « the lockdown – coming war » ; se construire avec le Net ;

– Un regard sur le métier, méconnu, de professeur documentaliste avec le web

  • En vidéo

Si vous ne connaissez pas, voici des guitaristes virtuoses, que j’avais signalé il y a quelques mois : Rodrigo & Gabriela pour Hanuman

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