Première semaine de décembre

« Majestés, Altesses, invités distingués, camarades et amis,

Nelson Mandela, premier président noir sud-africain, partisan de la politique de la main tendue et de la non-violence, malheureusement décédé.

Aujourd’hui, nous tous, par notre présence ici et par nos célébrations dans d’autres régions de notre pays et du monde, nous conférons gloire et espoir à une liberté tout juste née. De l’expérience d’un désastre humain inouï qui a duré beaucoup trop longtemps, doit naître une société dont toute l’humanité sera fière.

Nos actions quotidiennes, en tant que simples Sud-Africains, doivent susciter une réalité sud-africaine concrète qui renforcera la foi de l’humanité en la justice, confirmera sa confiance en la noblesse de l’âme humaine et maintiendra tous nos espoirs envers une vie glorieuse pour tous. Tout ceci, nous le devons tant à nous-mêmes qu’aux peuples du monde qui sont si bien représentés ici, aujourd’hui.

Je n’hésite pas à dire à mes compatriotes que chacun d’entre nous est aussi intimement attaché à la terre de ce beau pays que le sont les célèbres jacarandas de Pretoria et les mimosas du bushveld. Chaque fois que l’un d’entre nous touche le sol de ce pays, nous ressentons un sentiment de renouveau personnel. L’humeur nationale change avec les saisons.

Nous sommes mus par un sentiment de joie et d’euphorie lorsque l’herbe verdit et que les fleurs s’épanouissent. Cette unité spirituelle et physique que nous partageons tous avec cette patrie commune explique l’intensité de la douleur que nous avons tous portée dans nos cœurs lorsque nous avons vu notre pays se déchirer dans un conflit terrible, et lorsque nous l’avons vu rejeté, proscrit et isolé par les peuples du monde, précisément parce qu’il était devenu la base universelle de l’idéologie et de la pratique pernicieuse du racisme et de l’oppression raciale.

Nous, le peuple d’Afrique du Sud, nous sentons profondément satisfaits que l’humanité nous ait repris en son sein, et que le privilège rare d’être l’hôte des nations du monde sur notre propre terre nous ait été accordé, à nous qui étions hors-la-loi il n’y a pas si longtemps.

Nous remercions tous nos distingués invités internationaux d’être venus prendre possession avec le peuple de notre pays de ce qui est, après tout, une victoire commune pour la justice, la paix, la dignité humaine. Nous sommes sûrs que vous continuerez à être à nos côtés lorsque nous aborderons les défis de la construction de la paix, de la prospérité, de la démocratie, et que nous nous attaquerons au sexisme et au racisme.

Nous apprécions infiniment le rôle qu’ont joué les masses de nos concitoyens et leurs dirigeants politiques, démocratiques, religieux, féminins, jeunes, économiques, traditionnels et autres pour parvenir à cette conclusion. Et parmi eux se trouve notamment mon second vice-président, l’honorable Frederik Willem De Klerk. Nous aimerions également rendre hommage à nos forces de sécurité, tous grades confondus, pour le rôle distingué qu’elles ont joué en protégeant nos premières élections démocratiques et la transition vers la démocratie des forces sanguinaires qui refusent toujours de voir la Lumière.

Le temps est venu de panser nos blessures. Le moment est venu de réduire les abîmes qui nous séparent. Le temps de la construction approche.

Nous avons enfin accompli notre émancipation politique. Nous nous engageons à libérer tout notre peuple de l’état permanent d’esclavage à la pauvreté, à la privation, à la souffrance, à la discrimination liée au sexe ou à toute autre discrimination. Nous avons réussi à franchir le dernier pas vers la liberté dans des conditions de paix relative. Nous nous engageons à construire une paix durable, juste et totale.

Nous avons triomphé dans notre effort pour insuffler l’espoir dans le cœur de millions de nos concitoyens. Nous prenons l’engagement de bâtir une société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute sans aucune crainte au fond de leur cœur, assurés de leur droit inaliénable à la dignité humaine – une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde. Comme gage de son engagement dans le renouveau de notre pays, le nouveau gouvernement transitoire d’unité nationale examinera, comme cas d’urgence, la question de l’amnistie pour plusieurs catégories de concitoyens qui purgent actuellement des peines d’emprisonnement.

Nous dédions ce jour à tous les héros, hommes et femmes, de ce pays et du reste du monde qui ont sacrifié, de diverses manières, et mis en jeu leur vie afin que nous puissions être libres. Leurs rêves sont devenus réalité. La liberté est leur récompense.

ous sommes à la fois rendus modestes et exaltés par l’honneur et le privilège que vous, citoyens d’Afrique du Sud, nous avez conféré, en tant que premier président d’un gouvernement uni, démocratique, non-racial et non-sexiste, de conduire notre pays hors de la vallée des ténèbres.Nous comprenons bien qu’il n’y a pas de voie facile vers la liberté. Nous savons bien que nul d’entre nous agissant seul ne peut obtenir la réussite. Nous devons donc agir ensemble en tant que peuple uni, pour la réconciliation nationale, pour la construction de la nation, pour la naissance d’un nouveau monde.

Que la justice soit présente pour tous !

Que la paix soit là pour tous !

Que le travail, le pain, l’eau et le sel soient à la disposition de tous !

Que chacun sache cela, car tant le corps que l’esprit et l’âme ont été libérés pour leur plein épanouissement !

Que jamais, au grand jamais ce beau pays ne subisse l’oppression de l’un par l’autre et ne souffre l’indignité d’être le pestiféré du monde.

Que règne la liberté !

Le soleil ne se couchera jamais sur une réussite humaine si glorieuse.

Dieu bénisse l’Afrique.

Merci. »

Discours d’investiture de Melson Mandela, 1994, en souvenir de ce guide.

  • Infos essentielles

La localisation de la République Centrafricaine

Cela n’a pas tardé. L’intervention en Centrafrique commence. La France y prend part, et n’a pas d’autre but, selon le Président de la République Française, de sauver des vies humaines. Pourquoi faut-il agir ? Nous savons qu’il y a des heurts, mais pourquoi les Etats en sont venus à cette conclusion : nous devons intervenir en république Centrafricaine.

1. Le renversement de l’ancien président. M. Bozizé a été renversé. Depuis sa réélection en 2005, et l’écartement du pouvoir de certains opposants politique, le président Bozizé rencontrait une opposition populaire. Les contestations ont abouti à un coup d’état.

2. Les guerres civiles. Depuis l’indépendance du pays en 1959 et la mort du premier président centrafricain, les coupes d’états se sont succédé. Les heurts ont amené le pays au bout : plusieurs catastrophes sanitaires et alimentaires sont apparues dans ce pays.

3. Autre écueil des guerres civiles : les groupes de rebelles sont devenus de plus en plus importants, amenant le pays au bord de l’instabilité politique. Des rebelles proches d’AQMI, ou de la secte Boko Haram, venant des pays voisins sont de plus en plus implantés dans la République Centrafricaine. Leurs exactions ont amené des massacres de civils. d’Où la nécessité d’intervenir pour les pays occidentaux.

4. Dernier élément : la France a été le pays colonisateur de la Centrafrique et lui a reconnu l’indépendance. Des forces françaises sont stationnées dans ce pays, mais ne sont pas intervenues lors des différents coups d’états, pour ne pas s’ingérer dans les affaires centrafricaines.  (Voir les articles du Figaro, du Point et du Monde).

  • A suivre

– La France recule dans le classement Pisa. Pisa c’est un moyen d’évaluer les adolescents de 15 ans partout dans le monde. Les épreuves sont multiples : culture scientifique,  mathématique, et compréhension de l’écrit (français et langues vivantes). Depuis 2003, la France ne cesse d’avoir des résultats en baisse. Prenons les mathématiques par exemple.

Histogramme des résultats de mathématiques des élèves français entre 2003 et 2012.

Voici un graphique qui démontre l’évolution des résultats entre 2003 (en bleu clair) et 2012 (en bleu foncé).  Le classement est le suivant : niveau 1 : niveau le plus faible; et niveau 6 le plus fort.

La part des élèves faibles (niveau 0 à 2) augmente, alors que la part des niveaux les plus forts (niveaux 5 et 6) diminue. C’est clairement une baisse. Pour être plus clair, il est noté dans le rapport de Pisa de cette année que 22,4 % des élèves de 15 ans qui ont passé les épreuves de maths sont en difficulté. Et il n’y a pas que les maths.

La France reste dans la moyenne, alors qu’auparavant elle se situait dans le premier tiers. Pourquoi cette baisse ? Alors là, on rentre dans le subjectif. Nous savons que les système éducatif français est de plus en plus inégalitaire. Les élèves qui sont bons restent bons, mais pour ceux  qui décrochent, et bien … On a beaucoup plus de mal à les raccrocher.

Pour Brighelli,  la cause viendrait des constructivistes, ceux qui annoncent que l’élèves doit construire seul ses savoirs en oubliant les profs et les parents. Ce même auteur fustige la loi d’orientation fixant le quota d’un génération de bacheliers à 80%.

Pour Broccolichi, il y a plusieurs raisons : une tradition d’élitisme, peu de préoccupations pédagogiques (malheureusement le sociologue n’éclaircit pas ce point). la durée de l’apprentissage du métier d’enseignant réduite en 2009, la nomination de jeunes profs dans des lieux que personne ne veut, la faible rémunération des enseignants,  faible importance de la formation continue et les suppressions de postes qui fragilisent les enseignants et enseignements. Les problèmes sont nombreux.

Pour d’autres, ce sont les activités de mémorisation, de calcul mental, de concentration, de rédaction, qui doivent occuper une place plus importante qu’aujourd’hui.

Si ou pourrait se réjouir, on pourrait annoncer aussi que la plupart des pays de l’Europe du Nord dégringolent : l’Islande a un coup sévère lors des résultats, et pour la Suède c’est pire. citée plusieurs fois en exemple pour son système éducatif novateur, elle dégringole à la 23e place sur 34 … Pour expliquer cette chute, une représentant d’un syndicat enseignant fustige la part progressive des tâches administratives demandées aux enseignants. L’administration serait-elle un frein à l’enseignement ?

Il faut aussi relativiser Pisa, car le classement est passé de 34 à 42 pays pour cette dernière enquête. Et je ne dis pas cela pour caractériser les bons résultats de pays asiatiques. Mais leur performance s’explique que le programme de mathématiques (pour prendre cette épreuve) est en fait du bachotage, plus que pouvoir utiliser les maths tous les jours. Ce sont en fait « des machines à apprendre », un exemple à suivre ? Pour cela, il faudrait aussi que les Ministres de l’Education agissent et ne perdent pas leur temps à dédaigner ceux qui les ont précédé, et qui auraient mené une politique désastreuse …

(Voir le rapport du Ministère, du Point, du Monde, de Libération, du Nouvel Obs et de l’Express).

L’Ukraine bouge. Renverser le président actuel, s’approcher de l’Europe et récupérer des libertés essentielles, voilà le doux rêve de certains. Si en France, nous avons des euro-sceptiques, qui ne voient pas le bénéfice de l’UE, qu’ils aillent demander aux ukrainiens. Soutenir le soulèvement, voici depuis peu, la position de l’UE. Pour une fois, faisons comme eux (voir les articles du Monde et de Libération).

  • Valeur 0

Cela commence à devenir n’importe quoi ; pérenniser et sécuriser les activités maritimes ; des soulèvements au Yémen ; l’Europe du Nord sous la tempête ; si c’est vrai, c’est moche ; peut mieux faire ; l’Allemagne vers le haut ; bonjour les Papous ; – il veindra le Père Noël c’tte année P’pa ? – Oui, mon fils, il viendra cette année … ; l’or bleu en-dehors du globe terrestre ; super, c’est rassurant ça ;

  • En vidéo

Keziah Jones a sorti un album depuis peu. Alors non, je ne vais pas vous faire Afronewave, le tube qui est sorti de son album. Je vais prendre plutôt une chanson qui illustre plus le blufunk, cest le cas de « Rugged ». Attention, vous ne verrez pas de clip, seulement la pochette de l’album. Si cela vous dérange, vous pouvez, au lieu d’aller sur You Tube, aller sur Tube Radio qui diffuse la musique des chansons présentes sur You Tube, mais sans clip (ici le lien).

Image de prévisualisation YouTube

Première semaine de février

De la reconnaissance

Je crois que c’est un terme à la mode (à la mode, à la mode …) car la semaine passée et cette semaine regorgent de reconnaissance, avec des sens quelques fois bien divers.

Handball : la reconnaissance est d’abord la gratitude envers un exploit, ici, sportif;

Egypte : c’est ici la compréhension claire des évènements, saisir le sens des phénomènes, légitimer les revendications des personnes;

Tunisie : la reconnaissance est ici un acte de vaillance, et c’est par cet acte que la communauté appuie la volonté des Tunisiens d’être libres, loin des Trabelsi ;

BD : la reconnaissance est ici un acte de mémoire, pour la personne primée (Art Spiegelman), pour son travail (Mauss), mais aussi sur son sujet (la Shoah).

La reconnaissance peut sûrement prendre d’autres formes, mais je crains que cela soit sans fin, et qu’on veuille tout mettre dedans (Voir les articles d’Eurosport, d’Ouest-France, du Post, du Monde).

  • Infos essentielles

La contamination de  la révolte. La Tunisie a ouvert le chemin pour la révolte, mais aussi pour faire avancer le débat sur la réalité de la démocratie en Afrique.  En Algérie, on se rappelle de la révolution de 1988, qui avait entraîné la démission de Chadli, et les algériens veulent voir partir Bouteflika, responsable des maux de leur pays. Seulement, comme en Egypte, le président de ce pays n’a pas l’air de saisir l’importance, ni l’écho d’une telle révolte. Plutôt que d’écouter les algériens, le gouvernement actuel décide d’accentuer la répression. La démocratie est toujours en question dans la République Centrafricaine. Pourtant l’organisation des élections avait été difficile, mais leur déroulement montrait de la part des dirigeants actuels la volonté d’instaurer une légitimité. Or, derrière ces actes, se dresserait une contestation, démontrant une fraude massive. La démocratie a un long chemin à faire. Au Moyen-Orient, la question se pose aussi, à tel  point que le président yéménite a décidé de jeter l’éponge, plutôt qu’essayer d’obtenir un nouveau mandat. Restent que les situation tunisienne et égyptienne ne sont pas réglés. J’ai vu un extrait des interventions d’Emmanuel Todd, un historien et un politologue brillant. Invité dans l’émission « Ce soir ou jamais » du mardi 1er février, il avait plaidé pour que nous, les occidentaux, jettent un regard neuf sur ce qui se fait en Afrique ou ailleurs. Selon lui, nous avons tendance à implanter notre système de pensée sur le monde en oubliant que le monde ne fonctionne pas comme nous. Todd avait repris l’intervention d’un autre participant, qui avait dit que les occidentaux devraient s’abstenir de tout jugement sur l’Afrique (cet intervenant avait repris la Une de Libération « A qui le tour » montrant d’autres despotes). Todd avait critiqué le fait que certains français jugeaient la révolte égyptienne mal partie, car il y avait les « frères musulmans ». Le politologue avait dit que les français étaient devenus libres en 1789 en se séparant de l’Eglise notamment. Mais Todd avait dit aussi que la démocratie était née en Grande-Bretagne grâce au protestantisme, et que selon lui, le puritanisme avait joué un grand rôle aux Etats-Unis, et que l’Allemagne avait elle aussi subie une influence religieuse la menant vers la démocratie. Todd avait conclu qu’il fallait se rappeler du cas de l’Iran, à la chute du Shah, la dynastie iranienne déchue (Voir l’article de Wikipédia, de radio-canada, du Monde, de CRI Online,  et l’émission du mardi 1er février).

  • A suivre

Des super infirmiers : voici une nouvelle profession. Face au vieillissement de la population, et aux besoins croissants qui sont liés,  un rapport a été remis au gouvernement. Ces infirmiers supers seraient les infirmiers les plus expérimentés, et on pourrait élargir leurs compétences, afin qu’ils deviennent des praticiens. Il y a deux hics : qui se cache derrière ce « on » qui octroie à un infirmer la possibilité de devenir un praticien; et deuxième hic : ces infirmiers deviendraient-ils réellement des praticiens, avec le même statut etc. , cela risquant de remplacer les médecins ? Certains infirmiers font de longues études, et selon les auteurs du rapport, il serait juste de reconnaître aussi leur expériences, pouvant permettre une sorte de promotion. Cela peut être encourageant, dans un milieu de travail difficile comme l’est l’hôpital, mais il  y a beaucoup de questions à régler pour cette idée soit une bonne idée. A suivre donc … (Voir l’article du Figaro).

– La liste des 77 médicaments incriminés, avec effets secondaires et indésirables (voir les Nouvelles de Tahiti).

  • Valeur 0

Tirer des performances du féminin ; le marché du vin ; de la brevetabilité des logiciels ; le manuel numérique ; un constat à saisir ; les meilleures pratiques de l’éducation 2.0 ; un FAI sous-marin ; du quotidien aberrant de nos collègues du premier degré ; des expulsions aux Etats-Unis sur des étudiants indiens ; il ira tout de même ; y ‘en a qui ont de drôles d’idées ; de la garde à vue à suivre ; qui a dit qu’Internet était extensible à l ‘infini ? ; il y a eu un bond, c’est peut-être aussi à cause du prix non ? ; qui sème le vent … ; la pieuvre nominée ? ; « le degré d’inconscience »; une vieille affaire resurgit… ? ; la preuve que c’est possible ;

  • En extra :

Vous pouvez cliquez sur les présentations suivantes pour les voir en plein écran.

Publiez sur Calaméo ou explorez la bibliothèque.
Au-dessus voici les deux textes qui font débat dans le monde des docs. J’ai pas l’habitude de m’apitoyer sur mon sort, et ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer. Surtout que le débat risque d’être caduc tant que la nouvelle circulaire ne remplace pas l’ancienne. Le premier texte est un document de travail pouvant amener ce changement, le deuxième est le texte actuel. Pour faire court, jusqu’ici nous avons 4 missions : la formation (notamment des élèves), l’accueil des publics (avec des activités liées au projet pédagogique de l’établissement), la gestion (du fonds) et l’ouverture culturelle. Si le texte en discussion passe on passerait à trois missions : la formation (des élèves, avec une culture de l’information à établir), une ouverture culturelle (vers l’extérieur), et la gestion (qui se coupe en : une politique documentaire à l’échelle de l’établissement, et une politique de la diffusion de l’information). On peut chercher longtemps, mais je vois des problèmes à venir :
– on perd la mission de l’accueil, qui définissait pour nous un axe pédagogique, car l’on faisait l’accueil selon les activités de l’établissement. On perd aussi la notion de plage horaire (30h + 6h) Il était précisé qu’on pouvait être acteurs de ces actions pédagogiques;
– il y a un glissement vers le numérique : en politique documentaire on pourrait nous demander de gérer les accès numériques, l’analyse des besoins informatiques et numériques, la formation des enseignants sur une demande précise, de réfléchir sur la lecture, et notamment à l’écran. C’est surtout en gestion et diffusion de l’information qu’il y a un changement: la diffusion du fond sets accrue (merci l’abonnement à e-sidoc), travaille sur les ressources pour l’accueil pédagogique des élèves (qui n’est plus mentionné d’ailleurs), facilité l’intégration des TIC auprès des collègues et peut « contribuer à l’animation du site Internet ».
Bon avec tout cela, on risque de changer de profil, mais on peut écarter deux craintes : on reste bien professeur documentaliste, et l’aspect formation n’est pas enlevée, mais elle serait mise en pointillés car nous n’aurons plus qu’une contribution auprès des élèves (à l’esprit critique et  à l’acquisition de compétences documentaires). Ah oui, on participe plus au B2I et à l’apprentissage personnalisé (AP pour les intimes).
On peut y passer des heures, mais il y a autre glissement que je note: on passe de missions essentiellement pédagogiques à des missions essentiellement de gestion. Surtout que pour la gestion merci, la politique documentaire passe encore, mais la gestion et la diffusion de l’information telle qu’elle est présentée va manger notre temps de présence. Faire de la veille, les docs la font, mais elle reste confinée à certains domaines. Là il n’y a plus de restrictions, la veille pourrait se faire sur n’importe quelle discipline, j’imagine le topo :
– Salut doc (prof de SVT), tu connais le dernier logiciel sur l’anatomie humaine, tu peux me dire lequel est le mieux entre le logiciel X, qui présente la circulation sanguine en flash, et le logiciel Y qui la présente de manière 3D?
– Euh, tu me laisses un peu de temps je vais voir cela …
– Eh doc (prof de langues), j’ai besoin de  savoir si t’as des informations sur les compétences à développer en anglais, à l’oral du bac ST2S, et aussi sur les épreuves SP3S
– …
– Monsieur Doc (proviseur), j’ai besoin de savoir sur le RLR si les dispositions de la Sofia (loi sur les rétribution des droits d’auteurs), s’appliquent aux cours et dans quelles circonstances.
– Je vais le faire tout de suite M. Le Proviseur
– Et Doc (collègue administrateur réseau), on vient de passer à Linux, tu peux m’aider mettre BCDI en ligne ?  Et tu peux me dire ce que tu veux mettre sur l’ENT? Tu sais qu’on ne peut pas enlever les jeux, il y a des profs qui sont contre. Ah et puis, tu peux m’aider à paramétrer le firewall académique, tu m’avais parler d’adresses à interdire …
– Ahhhrgh ! (le doc décroche son téléphone, devenant inaccessible, et va prendre des médicaments contre l’anxiété).
Bon je plaisante, mais à force de forcer sur la quantité de tâches à faire sans s’arrêter sur la qualité des services on risque d’aller droit dans le mur. Mais tant que les rectorats trouvent du personnel à reconvertir tout se passera bien, quand vous êtes prof déprimé vous pouvez devenir doc (mais quand on est doc déprimé on peut pas devenir prof, vous comprenez, il faut des compétences …).
Il reste, et je finirai là-dessus, plusieurs opinions divergentes chez les docs :
– La première est la plus connue, défendue par la Fadben (la fédé des assocs de doc-bibliothécaires de l’Educ Nat), qui disent que puisque nous sommes profs-docs, autant aller jusqu’au bout et devenir profs à part entière, avec accueil en CDI comme pour une classe, que la documentation devienne une discipline, et qu’on pourrait évaluer les élèves comme n’importe quel collègue. Opinion répandue certes, mais minorée, car la Fadben ne peut prétendre représenter tout le monde, la plupart des docs affirment qu’ils sont choisi le métier de doc pour deux raisons : la diversité des missions et le fait qu’ils ne sont pas profs.
– La deuxième est la majorité silencieuse. Elle est ambigüe, car elle repose sur plusieurs principes : on est prof, donc on forme les élèves, mais on ne veut pas forcément les évaluer (un peu comme les médecins qui sont dans le privé mais qui ont une mission de service public car ils rendent services à tout à chacun). On gère le fonds, mais on n’est pas bibliothécaire, car notre gestion n’a de réalité que si on s’occupe des publics.
– Et puis il y a ceux qui se définissent d’abord comme docs. C’est plus mon cas, mais on n’est pas meilleurs que les autres. On ne se reconnait pas comme profs d’une future discipline, même si on insiste sur la nécessité d’une formation à l’information. On reprend l’idée d’une gestion, mais à taille humaine pour un public. Pas comme cela est écrit dans le document de travail. Notre préoccupation principale est de faire coïncider la gestion, et notamment l’accès aux ressources, avec l’usage des publics.
Ces trois profils sont très proches, mais ils n’ont pas été reconnus depuis le début des docs, la circulaire date de 1986. Comme quoi la reconnaissances peut être aussi un interprétation de la réalité …
  • En vidéo:

La première est le dernier tubes des Fatals Picards, la deuxième est le tube Elephant des Whites Stripes (disparu il y a peu).

Image de prévisualisation YouTube

  • En aparté:

– Les média traditionnels, que sont les deux première chaînes, ont eu une baisse d’audience. La cause serait double : la couverture de la révolution en Tunisie, et l’absence de sujets nationaux. En gros, ceux qui regardent TF1 ou France2 veulent bien qu’on parle des révolutions dans le monde arabe, mais aimeraient qu’on parle aussi de leur pays, même s’il ne se passe rien… De là deux hypothèses : soit les téléspectateurs, ceux qui ne ressemblent pas aux internautes, en ont eu marre de la couverture internationale, et préfèrent voir autre chose même si c’est futile (ce qui n’est guère élogieux pour eux); soit le traitement de la couverture médiatique internationale était lourde et inadaptée… Dans les deux cas, on comprend un peu mieux pourquoi la TV perd de l’influence vis-à-vis du Net …

– la galerie d’art de Google. Cette entreprise lance Art Project, permettant aux internautes de naviguer dans les musées. A voir.