Les ders de mai

La France naïve

Parlons un peu de politique, pas de la politique mais du politique. Cette manière de gérer la vie économique, politique et sociale d’un territoire. Prenons celui de l’Hexagone, il y a deux façons de percevoir ce territoire : voir le France telle qu’on voudrait qu’elle soit, ou telle qu’elle est.

Si nous prenons la première version, nous tombons dans les principes, et les normes. Comme pour le mariage pour tous, certains claironnent que le mariage de même sexe ne devrait pas exister, jusqu’à le trouver anormal. D’autres claironnent que la norme est d’imposer le mariage, même s’il n’est pas encore accepté. Les deux bords se rejoignent sur la stigmatisation de leurs idées : le public et les média déformeraient leurs propos. Il y a une réalité à percevoir : le déni. Pour ceux qui s’opposent à ce mariage, il y a le déni du bonheur que deux personnes peuvent ressentir, ainsi que ce bonheur peut se propager à la famille proche. Il y a aussi le déni d’un modèle de ménage échappant à leur vision de la société, d’une famille, d’une filiation. Leur principe les confine dans une vision restrictive de la vie. Pour ceux qui souhaitent imposer le mariage pour tous, notamment avec les LGBT, il y a une volonté combattive de reconnaissance et d’identité à démontrer à tout prix. Il y a aussi le déni dans ce cas, que si nous ne sommes pas d’accord avec eux, cela signifie obligatoirement que nous sommes adversaires. Ces visions sont restrictives et rendent caduques un possible dialogue. Sans ce dernier, pas d’avancées. La France naïve ne concerne pas uniquement le mariage pour tous.

Un autre point est économique et social. Certains croient qu’il faut revenir sur le droit du marché du travail, pour en augmenter la flexibilité. D’autres s’y opposent en souhaitant un temps de vie en-dehors du travail. Dans le premier cas, on nie les conséquences désastreuses de ce type de contrat (demandez aux allemands), dans le second, on ne croit pas que le temps de travail peut être différent d’un secteur à un autre. On peut faire de même avec la mondialisation, remplie de principes économiques de libre-échange, et avec ceux qui s’opposent en voyant dans la mondialisation un moyen d’asservissement. On peut continuer aussi sur la morale. Le Président de la République claironnait que les ministres allaient être irréprochables, mais comme en 2007, certaines brebis galeuses gagnaient des sièges électoraux. On a oublié les ressorts de la corruption dans ce cas, les trois piliers qui expliquent souvent les motivations d’un individu avide : le pouvoir, le sexe ou l’argent, voire une association de deux ou des trois piliers.

Vous croyez que cela n’est qu’une idée, une idéologie ? Non, la France naïve existe de par le monde. Dans d’autres pays elle prend d’autres formes et noms, mais elle existe bien. Il est plus facile de se cacher  derrière des principes, même archaïques, pour agir ou non (mais certains vous diront que ne pas agir c’est déjà faire quelque chose), pour se justifier. Voyez-vous le pire est que lorsqu’on fait quelque chose, on ne le fait pas seulement en notre nom ou position, mais aussi pour que les autres ne nous démontent pas. Voici le principe qui bride beaucoup de choses à mon avis, Erving Goffman appelle ça la face : agir en tant que tel. Ce sont l’ensemble des principes et des normes qui sous-entendent notre action. Si nous reprenons par exemple ceux qui s’opposent au mariage pour tous, nous pouvons dire que leur lexique, leurs attaques, leurs idées et leurs manières d’agir sont culturelles. Elles n’existeraient pas sous la même forme dans d’autres pays, cela ne veut pas dire qu’il n’existerait pas de points communs. C’est leur culture qui les pousse à agir ainsi. Or cette démarche n’est pas universelle, la preuve est qu’elle n’est pas partagée par tous, et comme elle ne l’est pas, les opposants stigmatisent leurs adversaires de tous les noms.

Il y a ceux qui croient en  leurs convictions, et qui savent que tout n’est pas possible, il y a ceux qui ne voient que ceux qui veulent, et puis, il y a ceux qui ne voient rien, car ils sont perdus mais sont prêts à tout. En tout cas, pour la majorité d’entre nous, nous sommes remplis de principes. Cela est bien à condition que cela ne nous empêche pas de comprendre les autres, sinon nous allons devenir extrémistes (pas forcément religieux). Les principes ne devraient servir qu’à cela, et non régir notre vie. Le plus important n’est pas de voir le monde tel que l’on voudrait qu’il soit, mais tel qu’il est et mesurer l’écart entre nos idées et la réalité. Pourquoi voir la réalité ? Parce qu’elle se montre à nos yeux, à nous de la comprendre (voir les articles du Monde, de 20Minutes, du collectif pour la famille, de la fondation R. Schuman, de Taurillon, de chroniques politiques, du Point, de l’Express, de Libération, de Wikipédia et du site Inter-LGBT).

 

  • Infos essentielles

Le changement du prof : c’est à venir. La simplification du système de recrutement (en gros, on enlève l’agreg), on reverrait le temps hebdo de 15 ou 18 h, les modalités d’enseigner peuvent aussi changer, ainsi que l’immersion de l’enseignement dans le numérique. Autant de ponts érigés vers l’avenir, qui seront vus ou non (voir le billet d’humeur de gingko).

  • A suivre

– Des étudiantes danoises auraient démontré la nocivité des ondes wi-fi en utilisant des graines de cresson. Dans une pièce, elles avaient exposé des graines de cresson dans une pièce où se trouvaient un routeur 802.11g, et dans une autre des graines dans un environnement sans ondes. Dans la seconde pièce, les graines ont permis de faire pousser du cresson normalement. Dans la première, les plants de cresson se sont mal développés ou mutés. Depuis cette expérience, démontrée, détaillée et récompensée, les étudiantes dorment loin de leur téléphone … (voir l’article de daily geek show).

Le projet de loi sur l’enseignement supérieur est présentée au Conseil des Ministres et se présente à l’Assemblée Nationale. Certes, nous pourrions retenir que certains cours soient donnés en anglais, mais ce n’est qu’un détail. au fait voici les orientations qui seront présentées : un quota pour les élèves pro et techniques d’avoir des places en STS et IUT ; chaque université aura un vice-président chargé du numérique ; doubler le nombre d’étudiants en alternance ; une admission différée pour la première année de santé (médecine, kiné …) ; les établissement seraient regroupés sur un territoire délimités par des organismes de recherche ; un agenda stratégique de la recherche donnant des priorités nationales ; un « Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur » ; et suppression des  pôles de recherche et d’enseignement supérieur ou PRES, les réseaux thématiques de recherche avancée ou R.T.R.A. et les Centres thématiques de recherche et de soins ou C.T.R.S. (voir le dossier sur vie-publique).

  • Sur 10 …

… fonctionnaires qui partaient en retraite en 2012, 6 d’entre eux ne sont pas remplacés. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux est atteint, même dépassé. Le Président François Hollande veut modifier cet état de fait (voir l’article du Figaro).

  • Valeur 0

Un gadget dangereux ; un gadget … dangereux  ? ; de l’avenir de la sécurité ; adoption de la loi sur la refondation de l’école ; adoption de la loi sur les transferts de biens communaux ; de l’art du remix ; de la création à diffuser ; comment ne pas appliquer la loi alors qu’on y est obligé ;

  • En vidéo

De la musique simple : Margaux Avril, murder on the dance floor (c’est une reprise de sophie Ellis-Bexton)

http://www.dailymotion.com/video/xxnfib

Dernière quinzaine de décembre

Le pépin de pomme

 

En 1985 apparaissait un manga appelé Appleseed. Le pépin de pomme. Cela racontait dans un monde dévasté par les guerres, la survie d’humains modifiés. Créée par Masamune Shirow, la bd arrive en France en 1994. Le succès fut important mais pas immédiat. Appleseed est considéré aujourd’hui  comme un classique.

Je repense à ce classique car je l’ai lu, peut-être pas en 94, mais pas loin. Ce qui m’a frappé, c’est un passage du volume I. Dans ce passage, des flics surarmés font une descente, mais cela se passe mal. Un des flics est sévèrement touché. Il est contre un mur, il perd son sang, et un collègue le tient sinon le blessé s’écroule. C’est là que cela devient intéressant : le collègue qui tient le blessé lui demande s’il souhaite être soigné ou non. Le blessé refuse. Une case après, un commentaire explique que dans certains cas, un individu peut souhaiter refuser des soins et décider de mourir. Sur la même page, on le retrouve allongé et caché par un drap blanc, ou sa famille le veille. Les membres de cette famille sont en deuil. Ce qui m’avait frappé, c’est que ce passage était de la science-fiction.

Avec la loi Léonetti, des choses ont évolué. certes on n’arrive pas encore à cette extrémité, mais on n’en est plus loin. Si une personne est en soins palliatifs, et qu’elle est saine d’esprit, elle peut demander la fin des soins et mourir dignement. Enfin, le problème est de trouver des personnes saines dans les soins palliatifs, ce qui n’est pas simple car la maladie et le traitement peuvent perturber le raisonnement d’un individu (Voir l’article de securitesoins.fr, image d’Appleseed ici).

  • Infos essentielles

La stérilisation forcée des Roms en Slovaquie. On pourrait croire à un film, ce serait plutôt un documentaire. Cette pratique d’un autre âge est bien réelle, et elle passe à l’insu de tous. Pas encore reconnue, cette pratique se fait assez couramment, car dans ce pays, les Roms ne trouvent pas d’appui.

Cet acte est assez fin dans son déroulé. Une femme Rom va accoucher. Elle est pétrie de contractions, et elle se trouve dans un hôpital. Quelque fois, elle comprend un peu la langue du pays où elle se trouve, dans la majorité des cas elle ne comprend rien. On lui explique, tant bien que mal, que la césarienne qui va être opérée présente un risque pour elle et son enfant, et que la prochaine fois, cela pourrait être fatal. La femme ne comprend rien, elle sait juste qu’elle vit un moment difficile, et elle voudrait qu’on la soulage.

A ce moment, le médecin lui présente du document. Ne sachant pas ce qui est écrit, et voulant accoucher car c’est imminent, la femme signe. Elle ne sait pas que c’est la dernière fois qu’elle le fera, car elle a signé un document permettant au personnel hospitalier de la stériliser.

Et ce n’est pas tout, mais je ne préfère pas continuer à mettre en ligne les exactions de ces personnels de santé. A vous de la faire … (Voir l’article de Libération).

 

  • A suivre

– Moins de place pour la retraite. Voilà en substance ce qui va arriver. Il y a plus de chômeurs, moins de personnes qui cotisent pour la retraite, et donc moins de retraites. Comment déjouer ce problème ? Par l’augmentation de la cotisation, du départ  à la retraite, ou baisser les pensions. Aucune de ces solutions n’est satisfaisante. Revoir la répartition des richesses ? Difficile à mettre en oeuvre. Alors quoi ? On laisse faire ? Trouver une bonne solution ? Non, trouver la moins douloureuse, mais laquelle ? (Voir l’éditorial des Echos).

– Ca devait arriver. Des enseignants ne veulent pas aller au travail le mercredi matin. Certaines collectivités sont dans le même cas … Alors c’est vrai que ce n’est pas facile à mettre en place, mais on parle du rythme des enfants, non d’un confort (voir l’article du blog « Peut mieux faire »).

– Elle était attendue, la voici. En tous cas, un premier jet. La réforme bancaire était un pilier du Gouvernement Français qui voulait mettre les choses à plat avec les agent économiques correspondants :

1.La réforme institue la séparation entre la spéculation et les activités de dépôts par le biais de filiales. Le hic, c’est que la spéculation est dite « activités inutile à l’économie ». Si toutes les banques expliquent que leurs activités sont utiles, y compris la spéculation comment fait-on pour appliquer la loi ?

2. L’Etat peut toujours être un partenaire financier, mais sans devenir lui-même un gendarme de la régulation. La réforme ne place pas non plus un garde-fou dans les filiales bancaires.

3. La lutte contre les paradis fiscaux est évoquée. Mais les moyens de cette lutte restent flous …

Une réforme à compléter et à poursuivre donc (Voir les articles de l’Expansion et de l’Express).

– Un rapport vient de paraître par la BnF et l’ABES (agence de bibliogrphie de l’enseignement supérieur) sur l’information bibliographique et numérique. Ce rapport met en lumières les pratiques des usagers et les évolutions des technologies notamment. Ce rapport d’orientation vise à anticiper les problèmes qui surviennent, notamment l’accès à l’information. Le principal moyen de s’informer est de naviguer sur le Net. Cela peut amener certains problèmes  (comme la validité de l’information entre autres), mais aussi une certaine nonchalance des usagers qui ne perçoivent pas le danger (voir l’article des infos-stratèges, le rapport est en lien en fin d’article).

  •   Valeur 0

Pas de GPA donc ; la réalité plus forte que la fiction ? ; de la division de l’union ; une chasse aux sorcières ? ; le nouveau visage du pays du matin calme ; une aide à conditions ; « vers une croissance modérée » ; tourner la page ensemble ; 7ème tir pour Ariane 5 ; un point commun, un de plus, des deux bords de la Manche ; au point mort, c’est le motaller au bout des choses ; pourquoi pas un gilet pare-balles aussi ; le stock d’Amazon en images

 

  • en vidéo

Une petite compil’ d’ambiance pour ceux qui voudraient faire la fête en musique, voici un megamix des années 90 :

Image de prévisualisation YouTube

… Et avant la fin du monde (qui n’arrivera pas en 2012) :

Ci-dessous, une photo des Champs-Elysées.