Deuxième semaine de novembre

Le livret de compétences

Aujourd’hui, enfin depuis un petit moment, le site savoirscdi propose une mise au point sur le livret de compétences. C’est très aimable à eux. Avec le travail quotidien que nous faisons avec les élèves, une récapitulation était plus que nécessaire. Ce qui est bien avec ce site, qui reste une référence, c’est de nous montrer 5 interviews de docs sur le sujet. 5, ce n’est pas beaucoup, mais c’est mieux que rien.

C’est là que le bât blesse, et dans les deux sens. D’une part, nous avons peu d’interviews, des auteurs d’interviews non déterminés, et d’autre part, des critiques un peu voilées du livret de compétences. Seulement, au lieu de proposer un débat et de le retranscrire sur le site, les auteurs ont préféré de faire des interviews courtes et de les retranscrire telles quelles. La première chose qu’on peut montrer, c’est la faible portée de ces interviews. 5 ce n’est pas peu, c’est juste ridicule. J’insiste sur ce mot. Ce n’est pas représentatif, cela n’engage que ceux qui y répondent. Si vous voulez avoir un vrai échantillon de docs, prenez le chiffre total de docs, et prenez-en au moins 10%, pas moins. De plus, nous ne savons pas qui a écrit ou répondu à ces interviews. C’est dommage. On peut comprendre que certaines personnes ne veulent pas donner leur identité, mais elles ne risquent rien si elles le donnaient. Au contraire, cela démontrerait une certaine idée de la démocratie. A moins que le sujet soit trop sensible. Car le livret de compétences est censé recueillir des items, qui donnent un horizons des capacités de l’élève, au-delà des notes. Seulement, la charge de travail est là, certes, selon les interviewés, le livret n’a pas franchement changé les pratiques, bien que dans un seul cas (donc trop faible pour être significatif), le doc rappelle les items qui pourraient être validés en début de séance.

Enfin, il y a deux choses que je n’ai pas encore  parlé. 1- Le fait que le livret peut amener de nouvelles possibilités de travail et que ; 2- on trouve des formules un peu bizarres dans ces interviews. Pour le 1-, certes, le livret peut constituer une base commune de travail. Cela a existé auparavant, cela pouvait s’appeler IDD, travaux croisés, ou AP. Ce n’est pas le protocole qui doit mener notre pédagogie, mais le sens que nous y mettons. Enfin c’est ce que je pense. Pour le 2-, c’est plus une impression que la réalité, enfin je l’espère. Cela rappelle les vieilles formules, un peu fumantes, de l’IUFM. Morceaux choisis :

  • A la question si le livret avait changé les pratiques, nous trouvons :

                         – « cela a changé mes pratiques, cela m’a aidé à me recentrer et à donner du poids à mon enseignement des savoirs info-documentaires vis-à-vis des élèves » (interview 1).  c’est du jargon cela, non du français.

                            – « Oui, cela donne une trame aux activités menées au CDI […] En mesurant l’évolution au cours des trois dernières années, le résultat est une augmentation de 46 % à 77 % de compétences traitées dans les activités au CDI » (Interview 3). WTF  ? On ne comprend rien à ces chiffres là.

                          – « En tant que professeur documentaliste, certaines compétences présentes dans le livret sont des compétences transversales de manipulation de l’information » (interview 5). Cela veut dire quoi en français ?

  • A la question sur les difficultés ou avantages qu’apporte le livret, voici des réponses :

– « je dirai clairement une mise en évidence de la mise en œuvre pragmatique et efficace d’une programmation sur les 4 années de présence au collège des élèves, d’apprentissage et de réappropriation régulière des savoirs info-documentaires » (interview 1). Le jargon continue, l’interviewé est-il un ancien formateur IUFM pour parler ainsi ?

Cependant, à cette même question, on trouve une réponse pleine de bon sens, la voici :

– « En reprenant les différentes parties du livret je me questionne encore une fois sur mes objectifs, je précise ça et là ma démarche. » (interview 4). Voici la phrase la plus honnête que j’ai relevé.

Autre chose qui peut perturber la lecture de ces interviews, la contradiction. Voici l’exemple. Sur la question précédente (difficultés et avantages du livret), voici deux avis contradictoires :

– « Peut-être serait-il plus simple de donner une clé OTP à chaque professeur pour permettre de saisir qu’une fois les compétences sans passer par un classeur. » (interview 3) ;

– La procédure d’activation de la clé OTP et son système de passcode peut effrayer certains utilisateurs réfractaires à l’informatique… » (interview 5).

Simple question, car les deux réponses sont opposées , on valide les compétences par clé OTP ou non ?

En conclusion, on ne peut pas prêter foi à ce genre d’initiative, ce n’est qu’un exemple. Il n’y a aucune raison pour croire tout ce qui a été dit. Il est dommage que le CRDP de Strabourg n’ait pas pu donner plus d’interviews. C’est sûrement du au manque de temps et d’argent. Mais que ces entretiens soient mises sur le net, et qui plus est sur le site de savoirscdi, là cela frise l’incompétence. Mais si le mot est fort, il est vrai (Voir le dossier de savoirscdi).
  • Infos essentielles

La flexibilité selon le patronat. Les négociations ont repris entre syndicats et organisations patronales. Pour quelles raisons  ? La compétitivité ! Et aussi la baisse du coût du travail. c’est surtout ce deuxième point qui intéresse les entreprises. Sans baisse de ce coût, point de salut. Seulement, le patronat se rend compte qu’il ne peut exiger sans contre partie, alors nous arrivons à une situation de donnant-donnant. Voici les points que le patronat laisserait :

– améliorer une couverture mutuelle à tous les salariés, précaire ou non ;

– une meilleure formation pour les CDD ;

– favoriser le droit au logement (là par-contre, nous ne savons pas quel personnel pourrait être pris en compte) ;

Les accords compétitivité-emploi seraient raccourcis à deux ans, afin que le climat de travail ne soit pas trop délétère.

Cependant, le patronat voudrait avoir des avancées, qui lui seraient favorables, dans les domaines suivants :

une utilisation plus flexible des CDI de mission ;

– le délai de recours au prud’hommes raccourcit (de 5 ans à 12 mois) ;

– Le montant des condamnations sans motif valable soit révisé à la baisse ;

– refus de taxation des contrats courts ;

– le licenciement, concernant des personnes ayant refusé de faire des sacrifices, ne passerait plus par un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) ;

– une facilitation des licenciements économiques. De plus, les salariés qui se voient proposer une solution de reclassement « valable » ne pourrait plus contester cette situation en justice. Tout le problème repose sur ce « valable ». En cas de refus, l’employé pourrait être licencié, et ses allocations chômage réduites …

A voir de plus près (Voir l’article du Monde).
  • A suivre
Un brevet d’un genre nouveau chez Apple. La firme pourrait faire de l’immersion un cheval de bataille, si cela pourrait contrarier son commerce. La dernière fois qu’on a voulu réglementer le Net, cela a donné Hadopi, avec tous les travers que cela a donné. Que la firme à la pomme ne soit pas surpris si certains de ces téléphones soient jailbreakés sans qu’elle s’en rende compte (Voir l’article de Korben).
Un rapport sur la société de l’information. Les Tic se sont développées, leur coût baisse, rein de très nouveau, mais cela reste instructif (Voir l’article des infos-stratèges).
  • Valeur 0

Une tendance de l’écriture qui se confirme ; un nouveau lieu à visiter ; exemple à suivre ; de la défense du droit d’auteur ; l’autre projet sur l’école ; « le roi des bobos » ; la Marinière n’est pas contente ; on peut tout dire en manipulant des chiffres ; de « l’aridité intellectuelle de l’enseignant » ; nous n’y trompons pas, c’est peut-être une piste d’avenir pour les bibliothèques ; une imposture, une exagération ou une réalité ? (vous avez 4 heures) ; une vieille recette ;

  • En vidéo

Un classique du rock, le King :  Jailhouse Rock

Image de prévisualisation YouTube

Première semaine de décembre

  • Infos essentielles

L’Europe se préoccupe des TIC : l’UE vient d’élire une commissaire en charge des problématiques liées à l’essor des technologies de l’information et de la communication. Inclus dans un nouveau portefeuille politique appelé « digital agenda » ou programme  numérique, Mme Neelie Kroes  (en photo, source : NetEco) prend la suite de Viviane Reding, et sera l’arbitre entre les entreprises de télécommunications et les pays. Première charge : gérer les activités de « l’INFSO » (Direction générale Société de l’information et Médias) ainsi que de « l’Enisa » (Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information). Cette nomination est imoportante car le prédécesseur de Mme Kroes, Mme Reding, n’avait pas pu créer une équipe véritablement indépendante. La Commission Barroso prend alors en compte les enjeux de ces thèmes, et décide de travailler sur la place des télécommunications en Europe. Une première donc (voir l’article de NetEco).

  • A suivre

la réforme de la garde à vue : afin de rendre présent l’avocat tout au long de la garde à vue, des professionnels se battent pour faire évoluer le droit. Pour certains d’entre eux, des affaires peuvent être annulées car elles ne respectent pas les droits de l’Homme, notamment le fait qu’un individu puisse avoir une entrevue avec son avocat dès le début de la garde à vue. Le syndicat des forces de sécurité s’y opposent. Le débat commence juste (voir l’article du Figaro).

les minarets  sont-ils de trop? La confédération Helvétique a voté contre la construction de minarets. Ce vote populaire a eu un résultat surprenant, mais a aussi provoqué un malaise inattendu dans ce pays et dans l’ensemble de l’Europe.  Le vote est assez ambigü car les votants contre la construction de minarets s’opposent à la construction de minarets, mais ils n’ont rient contre cette religion :

1- le vote porte sur les minarets, qui sont une représentation visible, et leur installation dans le paysage urbain. De plus, les muezzin ne peuvent pas appeler à la prière en Suisse.
2- Etre contre la construction de minarets ne veut pas dire être contre l’Islam, certaines mosquées n’ont pas de minarets (Voir l’article de l’Express).

Le grand ménage?: l’UE commence à faire le tri des dépensiers. Depuis peu de temps, Bruxelles épingle les parlementaires trop couteux. L’UE dévoile les salaires et les avantages que bénéficient les législateurs, avec des scandales à la clé (bien que cela ne soit pas le but poursuivi). Le début d’une récommandation européenne sur les revenus des parlementaires nationaux? (Voir l’article de Presseurop).

Je suis malade, mais je me soigne : la journée mondiale de la lutte contre le SIDA a lieu chaque premier décembre. Un rappel nécessaire pour dire que l’on ne guérit pas encore de cette maladie, que la tri-thérapie permet d’atténuer les effets. Comme le rappel Sidaction (image prise sur filippa1985.wordpress) :

– on n’attrape pas le virus par des moustiques, la salive, mais par voie sexuelle ou par contamination par seringue usagée
– on attrape le SIDA même si on fait l’amour avec une vierge
– Le SIDA n’est pas un cancer
– cela touche homosexuels et hétérosexuels. (Voir l’article de LCI).

La victime ? John Demjanjuk, un apatride d’origine ukrainienne, est accusé d’avoir participé à l’Holocauste. Ce cieil homme, atteint d’une maladie incurable, est l’ancien gardien de Sodibor et de Treblinka. Il avait été déjà accusé en 1988 par Israël, à l’époque pour Treblinka, puis acquitté. Il a émigré aux Etats-Unis, puis rapatrié en Allemagne pour le camp de Sodibor. Argumentant le fait qu’il ait été un ancien gardien mais malade, son avocat à demander une suspension d’audience pour Demjanjuk. Cela lui a été refusé. La Cour de Justice allemande le condamnera-t-il?

Le Kosovo est-il valable? La Cour Internationale de Justice (ou CIJ) examine la véracité juridique du Kosovo. La Serbie a saisi cette instance car elle ne reconnaît pas  l’Etat. Pourtant il paraît peu probable que les Kosovars réintègent la Serbie, mais la décision est attendue par d’autres Etats comme l’Espagne (pour la Catalogne), la Russie ou la Grèce face à des peuples qui s’autoproclament indépendants (Voir l’article du Monde).

L’abscons cours de français : E. Davidenkoff a écrit un livre critique sur l’enseignement du français. Trop technique, opaque, le cours de français ne donne pas le goût de lire. Même, un auteur qui fait transparaître ses sentiments à travers un personnage, n’est pas un message pour son lecteur, mais, selon les programmes officiels, c’est uniquement de la fiction. Bref, être écrivain, c’est être creux à l’intérieur !  Ce n’est pas nouveau  cette défiance des membres du CNP (Conseil National des Programmes) vis-à-vis du monde littéraire, comme si raconter des histoires n’était pas un travail… Pour mémoire, voici la liste des membres du CNP (la liste est longue) :

M. Marc BACONNET, inspecteur général de l’éducation nationale (lettres)
Mme Sylvie BIDART, institutrice maître-formateur
M. Claude CAPELIER, professeur certifié de philosophie (IUFM)
M. Rémy COSTE, professeur certifié de mathématiques
M. Claude DESCHAMPS, professeur de chaire supérieure (mathématiques)
M. André HUSSENET, inspecteur général de l’Education nationale (établissements et vie scolaire)
M. Ludovic JULLIEN, professeur des universités (chimie)
M. Jean-Hervé LORENZI, professeur des universités (sciences économiques)
M. Michel MERLE, professeur des universités (mathématiques)
M. Jean-Pierre PESRON, professeur agrégé de philosophie (IUFM)
M. Joseph PHILIPPS, inspecteur général de l’éducation nationale (allemand)
Mme Evelyne PISIER, professeur des universités (droit public et sciences politiques)
Mme Marie REYNIER, professeur des universités (mécanique)
M. Bernard ROULET, professeur des universités (physique)
M. Pierre-Henri TAVOILLOT, maître de conférences à l’université Paris IV
M. Tzvetan TODOROV, directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (lettres)
M. Alain TROUSSON, professeur agrégé de philosophie (IUFM)
Mme Yvette VEYRET, professeur des universités (géographie)
M. Michel VOLOVITCH, professeur des universités (sciences du vivant)

Ce qui est à suivre, c’est la refonte, promise et prochaine, des programmes de lycée, vers plus de clarté ? (Voir l’article du Figaro).

  • Valeur 0

Santa Barbara au Moyen-Orient, la fusée des régionales est lancéel’élection présidentielle au Honduras met à mal ce pays, tu veux ton vaccin ou pas?, tu est sûr de vouloir ton vaccin?, il est bon, il est frais mon vaccin la voiture écolo pour les plus riches d’entre nous, Michel Barnier : un homme dans un panier de crabes, Dubaï : une Atlantide?, les marges des grands distributeurs, comme quoi, on peut être un ancien terroriste et devenir président…, il court, il court le furet …, un « petit poucet » parmi les grands, le vilain petit canard, marre de la politique du bâton, mon mac, c’est pas du cochon.