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Dossier EDD : L’architecte, au cœur du développement durable

L’architecture est un pilier très important du développement durable ; elle réfléchit sur la conception de bâtiments, machines à vivre, qui occupent « durablement » l’espace et l’environnement. « Comment concevoir un lieu durable agréable à vivre en impactant le moins possible sur l’environnement ? » est la question que se pose tout architecte responsable.

Inventer, innover, l’architecte doit faire preuve d’intelligence et de capacité d’imagination, il doit imaginer l’imprévisible ; l’architecte doit avant tout être un créateur et un chercheur, en bref un artiste.

Ce dossier vous propose de découvrir ce métier aux frontières entre la recherche, la création et la maîtrise des technologies de construction. La filière STI2D (Science et Technique de l’Ingénieur et du Développement Durable) offre une option architecture et construction qui ouvre vers un BTS architecture. Puis il vous propose des exemples de solutions de construction à partir de projets réalisés et analysés.

Sommaire

I. Architecture responsable et développement durable
II. Des solutions tirées d’études de cas pour construire durable


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I. ARCHITECTURE RESPONSABLE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

Lemoniteur propose une vidéo : “ARCHITECTURE RESPONSABLE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE”

Si l’expression « Développement Durable » n’est pas toujours parfaitement adaptée (Gilles Clément, ingénieur agronome et paysagiste, critique la notion de développement durable parce que rien n’est durable dans l’écologie et que tout évolue et se développe, « au final c’est surtout du développement »), en architecture, le terme est parfaitement adapté puisque l’architecture doit construire des bâtiments qui soient véritablement durables. Pour les architectes, le développement durable prend appui sur 4 piliers, environnement, social, économique et culturel.

Le Développement Durable est devenu le cadre incontournable de la pratique professionnelle des architectes. L’architecte doit donc :

  • repenser sa façon de concevoir ;
  • repenser son rapport avec l’ensemble des partenaires de la construction ;
  • repenser son rapport avec le maître d’ouvrage.

Les objectifs sont nombreux : économiser l’énergie voire rendre une habitation autonome en énergie (en produire autant qu’on en consomme), respecter l’environnement lors de la construction (ne pas consommer beaucoup d’eau, ne pas détruire le terrain, ne pas polluer….), utiliser des matériaux renouvelables voire recyclables, être capable d’évoluer pour être le plus durable possible (dans la rénovation, on constate qu’un bâtiment qui persiste est un bâtiment qui arrive à évoluer et à muter pour profiter des innovations.), offrir un cadre de vie sain et agréable, participer à l’économie locale…

Afin de définir des règles à suivre, il faut partir de l’analyse et de la critique de cas concrets. Il faut aussi permettre aux architectes de construire des prototypes grandeur nature dont il faut analyser les réussites et les écueils dans le temps. Les solutions pour un développement durable ne verront le jour que si la créativité des architectes et de ses partenaires sur la chaîne de la construction est encouragée.

  • Le site de l’ordre des architectes proposent de nombreuses analyses de projets architecturaux durables.
  • L’association HQE propose la démarche Haute Qualité Environnementale, qui vise à limiter à court et long terme les impacts environnementaux d’une opération de construction ou de réhabilitation, tout en assurant aux occupants des conditions de vie saine et confortable.

II. DES SOLUTIONS TIRÉES D’ÉTUDES DE CAS POUR CONSTRUIRE DURABLE

Les exemples qui suivent sont pour la plupart tirés de la publication de l’Ordre des Architectes : Développement Durable et Architecture Responsable, Engagements et retours d’expériences.

1. La disponibilité des matériaux de mise en œuvre

Moins il y a de déplacement, plus c’est écologique. Afin de réduire les dépenses énergétiques de construction, il est intéressant de se poser la question de la disponibilité du matériau de construction. Il faut aussi optimiser les matériaux, ce qui nécessite de les associer à d’autres matériaux.

La conception dans le Vorarlberg en Autriche a choisi le bois, matériau local associé au béton et à l’acier afin d’optimiser les capacités de chaque matériau et de réduire ainsi la quantité de matière mise en œuvre. L’élaboration de nouveaux matériaux composites ouvrent au bois de nouveaux domaines d’utilisation, entre artisanat et production industrielle. Un dossier consacré aux constructions en bois est consacré au Vorarlberg  sur le site Novosphère.

2. Redécouvrir les techniques traditionnelles

Les techniques traditionnelles apparaissent comme des solutions novatrices alors même qu’elles sont les plus simples et les plus évidentes. Pour la rénovation, le chanvre (connu aussi sous son nom latin cannabis !) est utilisé pour le revêtement des façades. Le chanvre possède en effet de hautes performances énergétiques.

Mais attention, il faut respecter les caractéristiques géographiques : si les nouvelles normes d’isolation privilégient les isolations extérieures, un revêtement en chanvre n’est pas forcément adapté au Sud de la France. En effet dans cette région au risque d’incendies importants, si les maisons sont en pierres c’est parce que la pierre ne brûle pas.

3. Des techniques pionnières sont inspirées des techniques traditionnelles

Pour la construction de la résidence Salvatierra à Rennes, le constructeur a eu recours à des matériaux sains et naturels comme la bauge (technique locale de construction en blocs de terre crue) et le bois.

L’architecte a conçu une structure et une enveloppe mixte. La structure est en béton armé, associée à une ossature bois. La façade sud est réalisée en bauge, parfait isolant acoustique et thermique qui apporte son inertie et sa capacité de stockage indispensable au concept bioclimatique. L’eau chaude sanitaire est produite pour moitié par 100 m2 de capteurs solaires reliés à deux ballons de 2000 litres, et pour l’autre moitié par le chauffage urbain.

4. Des expérimentations grandeur nature

La Maison de l’Habitat et du Cadre de vie à Clermont-Ferrand offre un grand nombre d’expérimentations : la conception bioclimatique du bâtiment recherche la lumière naturelle et les apports solaires avec une façade sud largement vitrée.

La végétalisation du toit en terrasse et de la façade a pour objectif de participer au fonctionnement bioclimatique de l’immeuble en constituant un bouclier naturel contre la pluie et le rayonnement solaire. Des espaces sont conservés entre les différents éléments architecturaux afin de favoriser la ventilation qui régule la température. 20 m2 de capteurs photovoltaïques participent à l’alimentation des équipements intérieurs et en l’absence de sollicitation, l’éclairage se met en veille et l’ensemble de l’éclairage artificiel est coupé le soir, à horaire fixe.

Le chanvre a été utilisé dans ce bâtiment à titre d’exemple afin de promouvoir son utilisation. Ce matériau peu utilisé pourrait être produit localement. Par ailleurs, le béton fait à partir de chanvre a été utilisé pour certaines maçonneries non porteuses. Il s’agit d’anticiper la raréfaction d’un matériau et de lui trouver une solution locale de substitution. Par ailleurs, le bois, produit massivement en Auvergne, a également été privilégié pour la construction.

5. Une maison tournesol pour profiter au maximum du soleil a été imaginée par Patrick Marsilli. Cette maison, imaginée il y a 20 ans, a été précurseur de la démarche HQE. La maison est ronde, en bois et elle tourne avec le soleil. Elle repose sur un socle en béton d’environ 4m diamètre et un peu plus d’1m de hauteur (en fonction des sols). TerreTV propose un reportage sur cette maison baptisée Domespace.

6. Une maison en carton alvéolaire propose un mode de construction où l’isolant en plus d’être porteur utilise des ressources issues de la chaîne du recyclage.

7. Un prototype qui fait se rencontrer l’habitat, l’art et l’écologie : le Mercury House One, un mobil home autonome en énergie présenté à l’occasion de la 53ème exposition d’art de la Biennale de Venise.

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