Les valeurs de l’imparfait.

IMPERFECTUM.

C’est du latin et c’est le mot qui a donné en français « imparfait ». Qu’est-ce que cela veut dire? Je décompose:
IM- : préfixe privatif (c’est le même en français)
– PERFECTUM: parfait, c’est-à-dire achevé, terminé (eh oui! ce qui est fini est parfait, il n’y a plus rien à ajouter).
Donc, imperfectum – ou imparfait – c’est le temps de ce qui n’est pas terminé, de ce qui est en train de se faire, de l’action prise dans son déroulement.

De là découlent 3 valeurs:

1) Imparfait de description: comme son nom l’indique, il est souvent accompagné d’adjectifs par exemple. (« Il était grand, il était beau, il sentait bon le sable chaud. »)

2) Imparfait d’habitude: les actions sont inachevées puisqu’elles se répètent sans cesse. Il est accompagné de connecteurs temporels qui indiquent la répétition (souvent, toujours, tous les jours, chaque semaine…) Pensez à un cercle autour duquel on tourne sans en voir la fin.(On l’appelle aussi imparfait de répétition ou imparfait itératif)

3) Imparfait pour les actions de second plan: ce sont les actions secondaires du récit. Il s’oppose au passé simple qui indique les actions de premier plan dans une phrase: l’action de premier plan est la plus intéressante, alors que le second plan marque les actions moins intéressantes, qui étaient en train de se dérouler lorsque soudain…
Ex: Il mangeait sa soupe lorsqu’une mouche tomba dans son assiette. Ce qui est intéressant, c’est une mouche tomba: c’est une action soudaine, ponctuelle. Il mangeait sa soupe est secondaire, ce n’est pas ce qui nous intéresse, c’est l’action qui était en train de se dérouler (d’ailleurs, l’action de manger la soupe n’est pas finie – le sera-t-elle?)

 

Le système du passé

 La plupart des récits s’écrivent au passé. En employant le système du passé, le narrateur ne prend plus à son compte le récit qu’il fait, il marque une distance entre le moment où se sont déroulés les événements racontés et celui où il raconte ; l’histoire est comme « coupée » du moment où le narrateur raconte ; on pourrait presque dire que le narrateur n’est plus concerné vraiment par le récit qu’il fait : il a du recul par rapport à ce qu’il raconte. C’est pourquoi ces temps sont dits « coupés de la situation d’énonciation« .

Le système du passé est organisé autour du passé simple et de l’imparfait.

  • Le passé simple permet de raconter l’histoire, de la faire avancer d’un point à un autre, alors que l’imparfait permet de décrire ou de commenter l’action.
  • Si des événements se sont passés avant ceux racontés au passé simple, le narrateur emploie le plus-que-parfait (valeur de passé du passé). > Il prit le train. Il avait acheté son billet la veille.
  • Si des événements mentionnés doivent se passer après ceux racontés au passé simple, le narrateur emploiera le conditionnel (valeur de futur du passé). >Il prit le train de nuit. Le lendemain matin, il arriverait à la gare de Marseille.
Actions antérieures  Temps de référence Actions postérieures
Plus-que-parfait imparfait/passé simple      conditionnel

Pour vous entraîner.