Ulysse from Bagdad

25 01 2009

« Je m’appelle Saad Saad, ce qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste. »

Telle est la première phrase du dernier roman d’Eric-Emmanuel Schmitt. C’est bien entre ces deux sentiments, l’espoir et la tristesse, que se déroule la vie de son personnage principal. Né en Irak, Saad subit la dictature de Saddam Hussein. Il vit également l’entrée des Américains dans son pays. Cet événement chargé d’espoirs ne le mène qu’à la tristesse puisqu’il y perd sa fiancée et une partie de sa famille.

Dès lors, Saad n’a plus qu’une idée en tête : refaire sa vie en Angleterre. Accompagné du fantôme de son père, il entame alors une véritable odyssée. Ce voyage le métamorphose en Ulysse, le personnage d’Homère, et, sur son chemin, il rencontrera Nausicaa, Circé, les sirènes, le cyclope et bien d’autres créatures issues de L’Odyssée.

Saad est véritablement attachant. Son périple permet d’en apprendre davantage sur le sort des immigrés, des clandestins, des sans-papiers.

Le roman est aussi plein d’humour. J’ai particulièrement aimé le père qui emploie de multiples périphrases parfois difficiles à décrypter. Par exemple, qu’est-ce que « le manteau d’obscurité qui s’abat sur le cosmos » ? Facile, c’est la nuit ! Mais cherchez donc ce qu’est « la galette des prés »… Rassurez-vous, dans le roman, le père se rend compte qu’il est parfois incompris et il se hâte de « traduire » ses propos dans un langage très familier.

Ce roman peut évidemment être lu dans l’objet d’étude des réécritures puisqu’Eric-Emmanuel Schmitt emprunte de nombreux éléments à Homère en les modernisant.


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