Le commentaire littéraire : nouvel exemple
22 01 2010Pour ceux qui ont déjà travaillé « Le Mal » de Rimbaud, voici un nouvel exemple sur un extrait d’Une Vie de Maupassant.
Jeanne vient de rentrer en Normandie. Son voyage de noces s’est déroulé sous le soleil de Corse.
Alors elle s’aperçut qu’elle n’avait plus rien à faire, plus jamais rien à faire. Toute sa jeunesse au couvent avait été préoccupée de l’avenir, affairée de songeries. La continuelle agitation de ses espérances emplissait, en ce temps-là, ses heures sans qu’elle les sentît passer. Puis, à peine sortie des murs austères où ses illusions étaient écloses, son attente d’amour se trouvait tout de suite accomplie. L’homme espéré, rencontré, aimé, épousé en quelques semaines, comme on épouse en ces brusques déterminations, l’emportait dans ses bras sans la laisser réfléchir à rien.
Mais voilà que la douce réalité des premiers jours allait devenir la réalité quotidienne qui fermait la porte aux espoirs indéfinis, aux charmantes inquiétudes de l’inconnu. Oui, c’était fini d’attendre.
Alors plus rien à faire, aujourd’hui, ni demain, ni jamais. Elle sentait tout cela vaguement à une certaine désillusion, à un affaissement de ses rêves.
Elle se leva et vint coller son front aux vitres froides. Puis, après avoir regardé quelque temps le ciel où roulaient des nuages sombres, elle se décida à sortir.
Étaient-ce la même campagne, la même herbe, les mêmes arbres qu’au mois de mai ? Qu’étaient donc devenues la gaieté ensoleillée des feuilles, et la poésie verte du gazon où flambaient les pissenlits, où saignaient les coquelicots, où rayonnaient les marguerites, où frétillaient, comme au bout de fils invisibles, les fantasques papillons jaunes ? Et cette griserie de l’air chargé de vie, d’arômes, d’atomes fécondants n’existait plus.
Les avenues, détrempées par les continuelles averses d’automne, s’allongeaient, couvertes d’un épais tapis de feuilles mortes, sous la maigreur grelottante des peupliers presque nus. Les branches grêles tremblaient au vent, agitaient encore quelque feuillage prêt à s’égrener dans l’espace. Et sans cesse, tout le long du jour, comme une pluie incessante et triste à faire pleurer, ces dernières feuilles, toutes jaunes maintenant, pareilles à de larges sous d’or, se détachaient, tournoyaient, voltigeaient et tombaient.
Qui parle ? Le narrateur
De quoi ? 1) les sentiments de Jeanne / 2) le temps qu’il fait
Qu’en dit-il ? 1) tristesse, ennui, désillusion / 2) mauvais temps qui reflète les sentiments de Jeanne, automne
Comment ? Là, il vous faut faire vos repérages en fonction de ce que vous avez dégagé à la question précédente.
Une fois que vous avez fait ce travail de repérage sur le texte, essayez de trouvez vos axes. Pour ça, ne regardez plus votre texte à commenter. Tournez votre feuille. Demandez-vous ce que vous garderiez de ce texte si vous deviez le présenter à un élève de 6ème ou de 5ème. Vous avez le droit de ne garder que 2 ou 3 éléments importants, vous ne pouvez lui parler ni de figure de style ni de champs lexicaux.
Vous avez donc un plan qui se dégage :
I- Le retour du voyage de noces, un retour à la réalité
III- La désillusion
Une fois que vous avez vos axes, tracez vos tableaux à 3 colonnes (outil/citation/analyse). Pour vous aider à dégager des sous-parties, dites :
Je veux montrer que “c’est un retour à la réalité” (I)
car A)
car B)
Vous ferez la même chose pour II.
Ici, on pourrait avoir :
I -Un retour à la réalité
A) la monotonie du quotidien
B) l’ennui de Jeanne

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