Lambeaux

10 02 2010

Lambeaux a été écrit par Charles Juliet. C’est un texte très beau, poétique, touchant.

Je me sers de la fiche de lecture d’Anaïs de 1èreL pour vous présenter cette autobiographie. Je la remercie vivement de m’avoir prêté ses mots !Smiley emoticones msn bravo.gif

« La mère de Charles Juliet mourut lorsqu’il était encore jeune. Il fut alors recueilli par une voisine paysanne. Dans une première partie du livre, l’auteur nous narre la vie éprouvante de celle qu’il n’aura pas eu la chance de connaître. L’émotion nous envahit mais une question nous vient spontanément à l’esprit : comment peut-il raconter à des lecteurs la vie d’un être tout à fait inconnu ? Il faut attendre la fin de la deuxième partie du livre pour comprendre le chemin parcouru par l’auteur pour parvenir à la publication d’une petite biographie sur celle qu’il prit en pitié. Cette deuxième partie est aussi autobiographique. Juliet nous explique son apprentissage de la vie, son évolution, du paysan à l’enfant de troupe puis plus tard, à l’écrivain. Durant tout le récit, l’auteur nous fait part de la quête des mots qu’il entreprit. Ces lambeaux de vies sont racontés avec un style particulier mais cependant poétique, émouvant.

Ce livre, de part son style particulier, m’a été difficile à comprendre bien que poétique. En effet, le « tu » de la première partie était compliqué à cerner, je me demandais constamment qui était cette personne. Je l’ai compris un peu plus tard. Les phrases courtes me donnaient l’impression que l’auteur s’essoufflait en parlant, que chaque phrase lui demandait un effort important, cette construction ne m’aurait pas gênée si elle ne m’avait pas fait perdre le fil de l’histoire à plusieurs reprises. Ce genre de phrases me faisait aussi penser aux nouvelles lorsque la chute s’approche ce qui me mettait dans l’attente de la fin du récit. Ce tutoiement m’a aussi donné l’impression qu’il uniformisait l’histoire, je commençais à être lassée par cette souffrance.

Mais, la deuxième partie est arrivée, l’auteur parlait enfin de lui, de son lien avec cette femme. L’écriture était plus fluide, sûrement parce que Charles Juliet lui-même était plus en confiance pour raconter ce qu’il connaît vraiment plutôt que de relater des paroles rapportées.

Outre le style de l’œuvre, l’histoire de Juliet et de sa mère ne m’a, dans un premier temps pas vraiment touchée à cause du manque de compréhension. J’ai tout de même fini par l’être. En effet, le mutisme insoutenable de la mère m’a émue. Cela m’a fait réfléchir à ma propre vie, ce qu’elle serait sans la parole, les mots, si je n’avais personne à qui me confier. En arrivant vers la fin du récit, lorsque l’auteur explique les ambitions qu’il avait en écrivant la biographie de sa mère et son autobiographie, j’ai été prise de pitié envers ces deux personnages. Effectivement, c’est à ce moment là que j’ai compris toute la dimension des sentiments qu’éprouvaient ces deux personnes. C’est ce pourquoi cette œuvre m’aura touchée malgré le style de l’auteur. »

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Dans vos fiches de lecture, je vous demande de choisir un passage marquant de l’oeuvre. Je vous laisse découvrir celui que Léa a choisi ainsi que les raisons de son choix.

«  La parturition a duré longtemps d’interminables années, mais tu as fini par naître et pu enfin donner ton adhésion à la vie.
Depuis cette seconde naissance, tout ce à quoi tu aspirais mais qui te semblait à jamais interdit, s’est emparé de tes terres : la paix, la clarté, la confiance, la plénitude, une douceur humble et aimante. Parvenu désormais à proximité de la source, tu es apte à faire bon accueil au quotidien, à savourer l’instant, t’offrir à la rencontre.  Et tu sais qu’en dépit des souffrances, des déceptions et des drames qu’elle charrie, tu sais maintenant de toutes les fibres de ton corps combien passionnante est la vie.
1983-1995 »

« J’ai choisi les dernières phrases du livre. Il est vrai que ce choix peut sembler facile, mais je trouve des derniers morts d’une force égale au livre entier. Tout au long du livre, Charles Juliet nous fait part de son mal être intérieur, de celui comparable de sa mère, et nous souffrons littéralement avec lui. Ces dernières phrases expriment un soulagement tellement puissant après tant de déceptions, de souffrance et de malheur, que mon choix ne pouvait se porter que sur ce passage. Je pense que c‘était également la meilleure manière de clore son autobiographie. Juliet a enfin trouvé la paix, et nous l’avons trouvée avec lui. »

Charles Juliet vient de publier le dernier tome de son journal intitulé Lumières d’automne. Une phrase de cet ouvrage pourrait se rapporter à la lecture de Lambeaux et, plus généralement, de toute autobiographie :

« Voilà pourquoi j’aime tant les journaux, les écrits intimes, les correspondances… En lisant de tels ouvrages, on a l’impression qu’un inconnu est là près de vous, qu’il vous a pris en amitié et choisi pour confident. Et il est passionnant de recevoir ce qu’il a à vous dire, de pénétrer dans son intériorité, de revivre en le savourant ce qu’il a vécu et que ses mots magnifient. »


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