Opération enthousiasme orthographique

Voici un nouveau projet, découvert grâce à P’tit blog de SEGPA, créé par une équipe pluridisciplinaire (avec de vrais enseignants 😉 ) de l’Académie de Dijon.
En se basant sur la recherche mais aussi sur des expérimentations de terrain, cette équipe offre, ce qui en soit m’enthousiasme déjà, de vrais outils concrets pour améliorer les performances de nos élèves en orthographe. Et avec un nom pareil, je ne pouvais pas éviter de me pencher dessus : Opération enthousiasme orthographique.

Véritable pépite pour les Ulis, il nécessitera une adaptation pour nos grands SEGPA liée à nos horaires contraints, aux fichiers estampillés « primaire »…

Voici un résumé de ce que j’ai retenu de la méthode (j’espère de pas l’avoir trop dénaturée) :

Principe 1 : proposer un projet orthographique explicite à l’enfant et surtout réalisable.
– Se concentrer sur l’apprentissage de 1500 mots, qui permettront d’éviter 90% des erreurs,  et sur 40 savoirs grammaticaux.

Principe 2 : apprendre à l’enfant à mémoriser la partie opaque des mots.
Certains mots sont transparents, ils s’écrivent comme ils s’entendent avec les graphèmes les plus courants (joli, cochon, moustache…), d’autres au contraire sont opaques (lettres muettes, utilisation de sous graphèmes qu, ph… lettres doublées…) D’où le rôle essentiel de la mémoire.
L’outil propose donc de mettre en couleur les lettres opaques.
C’est l’enfant qui met les lettres en couleur en copiant le mot (plus de temps, plus d’attention, meilleure mémorisation). Ces couleurs sont également utilisées dans les cartes d’encodage. Plus grands, les enfants seront amenés à verbaliser ces difficultés.

Principe 3 : bien exploiter les mécanismes de la mémoire.

Appliquer le principe des reprises expansées : après l’introduction d’un nouveau mot, le rebrasser plusieurs fois (7) à des intervalles de plus en plus importants.
– Solliciter différents types de mémoire : mettre en scène/en musique l’orthographe.

Principe 4 : pratiquer l’encodage orthographique dès l’entrée dans la lecture (Pour nous, c’est raté, mais on ne va pas s’arrêter là).

Principe 5 : Mettre de l’enthousiasme dans l’orthographe.
En la mettant en scène, en musique, en jouant….

Le site propose des outils concrets :
– « L’arbre programmatique de l’orthographe » où, pour chaque phonème, est mis en évidence le graphème courant accompagné en plus petits des plus rares, en couleur.

Des cartes d’encodages type dictées muettes mais où les graphèmes complexes sont mis en évidence grâce à la couleur.

Le rituel de la boite mémoire : chaque jour, 9 mots sont réactivés dans la mémoire en les déplaçant dans la boîte. Ce travail se fait en binôme, un élève dictant ou interrogeant l’autre : 1er jour dictée, 2ème jour il faut l’épeler, 3ème jour dire quelle est l’opacité.
Seul bémol, ce rituel s’appuie sur un fichier (qu’il faut donc acheter) avec, comme toujours, et c’est bien dommage, la mention du niveau (CM1…)

Conclusion : Un outil qu’il conviendra d’aménager pour nos SEGPA. Pour l’instant, j’ai l’intention de créer quelques sous-main avec l’arbre pour mes élèves souffrant d’une dyslexie sévère et pour mes anciens FLS (qui ne maîtrisent pas encore tous les sons). Je leur ferai faire quelques cartes d’encodage en atelier ou en fin de cours.
A voir également, si le rituel de la boîte mémoire peut être mis en place…

***

Petit bilan après un mois d’utilisation en 6° et 5° en période 5 : j’ai finalement introduit cet outil en collectif. Chaque jour 2 mots ont été devinés puis écrits à l’aide des indices des cartes d’encodages (nombre de lettres, graphèmes opaques en couleur…). Les élèves les plus en difficultés avaient l’arbre à disposition. (J’ai suivi l’ordre alphabétique des cartes d’encodage.) Les élèves se sont bien mobilisés et ont vite compris le principe. Les lendemains, la plupart avaient bien mémorisé l’orthographe des mots après avoir pas mal bataillé sur leur écriture la veille. Après un certain enthousiasme au départ, ils se sont cependant vite lassés mais reconnaissaient l’intérêt de cet outil.

Je pense poursuivre ce rituel cette année en m’appuyant sur une grille de suivi pour appliquer le principe des reprises expansées. Je me dis aussi que l’idéal serait de construire ses propres cartes d’encodage à partir du vocabulaire travaillé en classe. Un beau chantier en perspective…

Voici donc une grille de suivi sous format Excel calculant les dates où les mots doivent être révisés (ne remplir que la colonne « date découverte », mon tableau fera le reste) :
tableau de suivi

4 commentaires

  1. Merci beaucoup « la segpa au quotidien » pour toutes ces explications claires qui nous permettent de bien comprendre les caractéristiques de cette méthode. Si tu réalises des sous mains et cartes encodage, je serais intéressée pour en voir quelques exemples car j’ai un élève en très grande difficulté lecture écriture et cela pourrait peut être l’aider.

    • Merci Coeur de SEGPA !!!
      Je t’avoue que, dans un premier temps, j’avais l’intention d’utiliser les outils fournis par la méthode sans les remettre en forme : l’arbre et les cartes d’encodage avec l’écriture complète des mots. Elles complèteront les dictées muettes que j’utilise déjà en remédiation.
      Tu peux aussi aller jeter un œil à mon article sur la phonologie.

  2. Bonjour,
    Quelle belle surprise de tomber sur ce genre d’article !
    Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre projet.
    La méthode a été très bien résumée et nous avons hâte d’avoir vos retours sur la mise en place avec vos élèves !
    Si vous avez des questions concernant nos outils, n’hésitez pas à nous écrire !

    Merci,
    L’équipe Enthousiasme Orthographique.

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