Environnement
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Dakar – Djibouti: une longue course contre le désert.

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Sénégal: des arbres morts inutiles contre la désertification.

Photo: FAO – H. Chazine.

Hello,

Après la Chine et la Mongolie, l'Afrique subsaharienne imagine une gigantesque ceinture verte, reliant Dakar à Djibouti. Une course contre le désert qui s'annonce longue, et coûteuse.

Un projet pharaonique. 

Que faire contre le Sahara qui continue de s’étendre vers le Sud du continent africain ? Et pour l’empêcher d’aller plus loin, Occidentaux et Africains ont imaginé une immense ceinture verte qui relierait Dakar, au Sénégal, à Djibouti, sur les bords de la mer Rouge. Cet immense ruban végétal se déroulerait sur 7000 kilomètres de  long, pour 5 kilomètres de large. Ce projet pharaonique, initié en 2005 par Ousegun Obasanjo, le Président du Niger et de l’Union africaine, et révélé par Abdoulaye Wade, le Président sénégalais, permettrait de reboiser 15 millions d’hectares de terres arides. Coût de l'opération: 1,5 millards de dollars. L’espoir de regagner du terrain sur ces terres qui se dessèchent et se craquèlent est à la mesure de cette Grande Muraille verte, et de son budget. Gigantesque.  

Des terres stériles, une baisse des rendements agricoles.

La désertification de l’espace sahélien signale une progression du désert, associée à la baisse de la pluviométrie et au réchauffement climatique. Elle suppose encore une dégradation des sols, liée à la surexploitation des terres, à l’élevage, et à la déforestation.  Ces terres qui s’appauvrissent jusqu’à devenir stériles, annoncent surtout une baisse alarmante des rendements agricoles. Au Mali, les rendements du mil, du sorgho, et de l’arachide ont déjà atteint un seuil critique. La perte de revenus agricoles, autour de 6 millions de dollars, représente un immense manque à gagner pour cette économie fragile. La situation n’est pas plus enviable chez le voisin sénégalais. L’agriculture, qui fait vivre 70% de la population, connaît une crise consécutive à la désertification des terres. Toujours au Sénégal, on estime qu’environ 40% de la population active de la Haute et Moyenne vallée du fleuve Sénégal à du émigrer pour survivre. (Communications for Development, 2006) 

Chasser le désert avant qu'il ne chasse les hommes.  

Famines, épidémies, et déplacements de populations accompagnent le processus de désertification. Cet immense projet vise donc à chasser le désert avant qu’il ne chasse les hommes. Mais cette ceinture verte, imaginée il y a quelques années et toujours à l’état de projet, aurait un coût voisin de 1,5 milliards de dollars. Et surtout, cette ceinture végétale  aurait besoin de l’eau qui manque à ce désert pour se développer. Certaines régions concernées par le déboisement ne reçoivent qu’environ 400 mm de pluie par an, c'est-à-dire pas grand-chose. La saison sèche peur parfois durer une dizaine de mois. De là à priver les Africains de cette bouffée d’oxygène, c’est sans compter avec leur pugnacité.  

Prudence…

Il a quelques jours,  le Ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature du Sénégal déclarait : « Il faut coloniser et domestiquer le désert en orientant le développement vers la colonisation des zones arides et semi –arides dans les pays saharo – sahéliens » (Le Soleil, – novembre 2006). Au Sénégal, dans la région de Windou – Thiengoly, 300 hectares de plantations, montrent que cette bataille contre le désert, est commencée. En attendant de reboiser 15 millions d’hectares, il serait plus prudent d’intégrer la désertification dans les programmes d’aide au développement destinés à l’Afrique. Pour l'instant, c'est encore le désert qui relie Dakar à Djibouti.

M.J

 Lire aussi: "Une muraille verte" contre le désert.


Publié par marlene le 23 novembre 2006 dans Comprendre
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