Environnement
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L’eau: une chance pour tous?

 

L’accès à l’eau potable, un droit fondamental. Dans son rapport 2006, le Programme des Nations Unies pour le Développement ( PNUD) demande à la communauté internationale de reconnaître le « droit à l’eau » comme un droit fondamental. Dans un monde qui ne manque pas d’eau douce, une partie de l’humanité n’a toujours pas accès à l’eau potable.

Eau potable et mortalité infantile.

Le rapport du PNUD, présenté au Cap, en Afrique du Sud, le 9 novembre dernier, dresse un bilan alarmant. Plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Et plus de 2,5 milliards d’individus ne disposent pas d’installations sanitaires de base, soit la moitié de la population des espaces en voie de développement. Selon le PNUD, 1.8 millions d’enfants meurent chaque année de diarrhées, et d’autres infections liées à l’insalubrité de l’eau. Le manque d’eau potable tue cinq fois plus d’enfants que le virus du sida. (AFP, 9 novembre 2006)

Un frein au développement.

Le manque d’eau potable est encore un frein au développement. Le PNUD estime que chaque année, 443 millions de jours d’école sont perdus à cause des infections liées aux eaux insalubres. Chaque jour, des millions de jeunes filles et de femmes perdent plusieurs heures à aller chercher l’eau, nécessaire à la survie de la famille. Une charge qui accentue les inégalités entre hommes et femmes, face à l’éducation, et à l’emploi. D’autre part, plus on est pauvre, plus l’eau est chère. Exemple. Les pauvres du Salvador, du Nicaragua, et de la Jamaïque consacrent plus de 10 % de leurs revenus à l’eau. Au Royaume Uni, moins de 3 % du budget familial sert à régler la facture d’eau. (Kemal Dervis, PNUD, 2006)

L’eau n’est pas une priorité.

Pauvreté, inégalités, luttes de pouvoir, et mauvaises politiques de gestion expliquent une crise de l’eau, plus accentuée dans les pays en voie de développement. (AFP, 9 novembre 2006) Pour nombre de ces Etats, l’eau n’est pas une priorité. Ils n’y consacrent en moyenne que 0,5% de leur PIB. Ils négligent encore l’aménagement d’infrastructures sanitaires, qui réduiraient notamment la mortalité infantile. Exemple. Au Pérou et en Egypte, l’accès à des toilettes aménagées a fait chuter la mortalité infantile de près de 60%. (Le Monde, 9 novembre 2006) Sous entendu, la mauvaise répartition de la ressource d’eau douce dans le monde n’explique pas tout. Les conflits entre les Etats pour l’accès à l’eau pourraient exacerber le problème. Les dérèglements climatiques devraient encore restreindre l’accès à l’eau potable.

20 litres d’eau potable par jour.

Les Objectifs du Millénaire, adoptés en 2000, prévoient de réduire de moitié les populations privées d’eau potable et d’assainissement d’ici 2015. Le rapport du PNUD va plus loin. Chaque citoyen de la planète devra disposer d’au moins 20 litres d’eau potable par jour, exigence sanitaire, et droit fondamental de l’individu. Pour atteindre cet objectif, le PNUD demande au Etats de faire de l’eau une priorité, d’y consacrer au moins 1% de leur PIB, et de définir des stratégies claires pour gommer les inégalités d’accès à l’eau. Cet objectif suppose encore de doubler l’aide internationale. (Synthèse du rapport)

Une volonté politique et des crédits.

Au XIX° siècle, Londres et New York étaient soumises à un problème comparable d’eau potable. Elles ont investi dans les circuits d’approvisionnement, ce qui a eu des effets rapides sur la santé, l’amélioration de la qualité de vie, et sur le développement. Plus récemment, l’Afrique du Sud a démocratisé l’accès à l’eau – qui était auparavant l’une des caractéristiques de l’apartheid -. L’objectif de 25 litres d’eau gratuite par jour, et par ménage, pourrait être rapidement atteint. (Kemal Dervis, PNUD, 2006) L’accès à l’eau potable, une chimère ? Une volonté politique, et de l’argent.

L’eau, un droit fondamental pour l’individu ? Encore un privilège pour les 830 millions de ruraux dans le monde, souffrant de malnutrition, et exposés au réchauffement climatique. Et un avantage regretté par quelques milliers d’Australiens, soumis à « la pire sécheresse de ces derniers mille ans. » Dans ce pays riche et aride, un plan d’urgence est d’ailleurs prévu pour assurer les réserves d’eau potable des habitants d’Adelaïde, et de certaines villes de l’outback. (Courrier International, 7 novembre 2006)

M.J.


Publié par marlene le 5 décembre 2006 dans Comprendre
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Une réaction à “L’eau: une chance pour tous?”

  1. […] Prise de conscience nécessaire – Fabien Crégut et Marlène Jaulin ont publié une série d’articles qui nous conduisent à réfléchir sur cette notion. Ils s’interrogent : quel climat pour demain ? L’homme est au coeur de la crise climatique, crise qui a un coût. Saviez-vous que le Sahara fut une forêt humide il y a quelques millions d’années ? Le changement climatique : explications du phénomène de réchauffement de la planète (manque d’eau douce, difficulté d’accéder à l’eau potable, disparition des poissons…) Nous vivons au-dessus de nos ressources énergétiques ! […]

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