Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Plus la ville est dense, moins elle pollue.

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New York, un urbanisme concentré.
Photo: Notch, 10 août 2006

Bonjour,

L’étalement urbain, c’est cette ville qui s’étend comme une grosse tâche sur l’espace rural environnant. Ce modèle urbain, importé des Etats – Unis, essaime sur tous les continents. Cette ville, desservie par les routes et les autoroutes, fonctionne avec la voiture. Ces cités déployées, grandes consammatrices d’énergie, et productrices de CO², rappellent avec insistance la crise climatique. Zoom sur quelques grandes villes des pays industrialisés, et sur leur consommation de carburant.

Du centre vers la périphérie.

L’étalement urbain désigne le développement de l’espace urbain, en périphérie des grandes villes. Dans la plupart des cas, c’est l’arrivée incessante de nouveaux habitants, qui repousse les limites de la ville. Le prix des logements dans le centre urbain explique encore cette tendance. La qualité de vie, aussi. Il est plus agréable d’habiter un pavillon, flanqué d’un jardin, qu’un petit appartement du centre – ville. Surtout s’il est insalubre. Au fil des décennies, le paysage urbain reflète ces choix. Plus on s’éloigne du centre, et plus la ville s’aère. Les cités pavillonnaires et les espaces verts se multiplient, la population devient moins dense. Entre temps, des grandes tours d’habitation, des zones industrielles, puis commerciales, sont venues bousculer cette description, simple et heureuse, de la banlieue.

Mais attention, si la relation « accroissement de la population – étalement urbain » est la plus fréquente, elle n’est pas la règle.

Un développement lié aux voitures.

Ce phénomène urbain se développe dans les années 50 aux Etats Unis. Il est porté par la multiplication de la voiture individuelle, qui libèrent des transports en commun, moins flexibles. Des rubans de routes et d’autoroutes assurent la liaison entre périphéries, et centre – ville. Il existe une relation évidente entre la multiplication du parc automobile, le développement des infrastructures routières, et l’extension urbaine. Dans les années 70, cette ville étendue, qui s’oppose au vieux modèle européen de « ville compacte », commence à se reproduire en Europe. Aujourd’hui, ce modèle urbain grignote l’espace européen à toute vitesse. On en reparle dans un prochain blog.

Plus la ville est dense, moins elle pollue.

Plus la ville s’étire, et plus les nuisances et les pollutions se multiplient. La ville absorbe l’espace rural environnant, et les équilibres qui lui sont liés. L’agriculture recule au profit du béton. La biodiversité ne résiste pas à l’envahisseur. Cette progression du bâti urbain provoque encore la pollution des nappes phréatique. L’imperméabilisation des terrains favorise les inondations. Mais surtout, cette ville étendue suppose une multiplication des transports, gourmands en énergie, et producteurs de CO², principal gaz à effet de serre. Le modèle urbain à l’américaine, conçu dans l’insouciance environnementale des années 50, est aujourd’hui interprété en terme de consommation d’énergie, et de pollution atmosphérique. La ville étendue est désignée comme l’un des principaux accusés du réchauffement climatique.

Entre temps, des recherches ont inspiré un constat. Plus la ville est dense, moins elle pollue. Plus les habitant sont concentrés sur une petite surface, et moins ils ont besoin d’énergie pour se déplacer. Moins de consommation de carburant, et moins de production de CO². La relation est implicite.

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Quelques villes de l’espace industrialisé.

Une étude réalisée dans une trentaine de villes illustre la relation « densité – consommation d’énergie ». En 1980, à Phoenix (1153 habitant par km²), à Detroit ( 2395 ha/ km²), à Los Angeles (3041/Km²), villes étalées aux faibles densité urbaines, on consomme 5 à 7 fois plus de carburant qu’à Singapour (6751 ha/km²), Hong Kong (6688 ha/km²), ou Amsterdam (4477 ha/km²), villes compactes, aux plus fortes densités. Les citadins américains consomment encore quatre fois plus de carburant que les habitants des villes européennes, historiquement plus concentrées. Les villes australiennes, Perth (274 ha/km²), Sydney (350 ha/km²), et Melbourne (479 ha/km²), moins denses mais très étendues, rappellent le modèle américain, où la voiture est indispensable.(P. Newman, J. Kenworthy, d’après Laure Noualhat, Libération, 13, 14 janvier 2007 – Wikipédia) L’étude date de 1980, les densités sont actuelles, reste la tendance.

Cette approche dissimule des inégalités à l’échelle des pays. Exemple aux Etats – Unis. Les habitants de Houston (1301 ha/km²) , connue pour son déploiement spatial, consomment environ cinq fois plus de carburant que les habitants de Manhattan, à New York. (Molly O Meara, Worldwatch institute, 2006).

New York.

New York, 10 194 habitants au kilomètre carré en 2003 (10 292, selon une autre source), aux transports en commun très développés, conforte l’idée qu’une ville dense est moins gourmande en énergie. Selon une étude réalisée en 2000, moins de la moitié des foyers new – yorkais disposent d’un véhicule individuel. Cette proportion tombe à 25% pour Manhattan. Dans les autres villes américaines, plus de 50% des ménages disposent d’un véhicule. Soit 92% à l’échelle nationale. A New York, le prix élevé des parkings, les péages installés à l’entrée des ponts et des tunnels, ou la perspective de gros embouteillages, découragent les automobilistes. Seuls, les habitants des banlieues lointaines, Long Island, ou d’une périphérie plus étendue, utilisent leur voiture pour rejoindre le réseau urbain. Mais revenons au centre – ville.

La qualité et la fréquence des transports urbains éclairent cette tendance à l’économie. Grâce à un métro efficace et rapide, un système de bus et de ferries, les New – Yorkais n’ont pas besoin de voiture. La place accordée au piétons confirme cet avantage. Au total, New York est l’une des villes américaines les moins voraces en énergie. La consommation d’essence y est équivalente à celle de 1920.(Wikipedia.)

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Le métro de New York.

Photo: Kaderine 07, mai 2006.

Pendant que les urbanistes réfléchissent à une nouvelle cité concentrée, les villes continuent de s’échapper de leur territoire. Le processus aparaît à peu près irréversible. Et ce n’est pas quelques corrections verticales qui modifieront une structure urbaine horizontale, gourmande en énergie, et généreuse en gaz à effet de serre. L’exemple de New York, qui demande à être fouillé, plaide pour une politique efficace, en matière de transports collectifs. Les moteurs « bio », les formules de « co – voiturage »- quel mot affreux -, ou les vélos ouvrent d’autres pistes.


Publié par marlene le 19 janvier 2007 dans Urbanisation
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2 réactions à “Plus la ville est dense, moins elle pollue.”

  1. […] Pour une étude théorique précise sur l’espace urbain,  cliquez ici. […]

  2. […] Focus sur des grandes villes du territoire américain – New York – Boston – Washington – San Francisco, une photo commentée en anglais – Chicago – Un article sur New York pour aller plus loin : Plus la ville est dense, moins elle pollue. […]

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