Environnement
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L’homme au coeur de la crise climatique.

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Photo: PE Weck, 17 novembre 2005.
Bonjour,

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a tenu conférence la semaine dernière à Paris. L’homme est confirmé « coupable » dans l’accélération des changements climatiques. Les conséquences d’un réchauffement, « reconnu sans équivoque », sont alarmantes.

L’homme responsable de la crise climatique.
Si rien n’est fait pour contrer l’évolution du climat, la température de la terre augmentera de 1,8°c à 4°c, d’ici 2100. Si cette prévision du GIEC ne s’éloigne guère de la précédente, établie en 2001, – soit un réchauffement prévu entre 2°c et 6°c en moyenne planétaire-, cette dernière conclusion est plus fiable. Elle s’appuie sur des modèles de calculs améliorés. Le GIEC confirme encore la responsabilité humaine . En 2001, elle était « vraisemblable ». Elle est aujourd’hui « très vraisemblable ». Un adverbe plus loin, le GIEC est sûr, à 90%, que l’homme est l’auteur du surplus d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Il serait donc coupable de la crise climatique observée depuis un demi – siècle. Ce constat balaie certains doutes sur l’origine du dysfonctionnement du climat, notamment l’hypothèse d’un changement de cycle.
Un réchauffement actif.

Au XX° siècle, la température moyenne a progressé de 0,6°c, pendant que la concentration de CO² dans l’atmosphère augmentait de 40%. Un certain nombre d’évènements témoignent de ce réchauffement actif. Considérant les 12 années les plus chaudes observées depuis 1850, onze ont récemment été enregistrées. Les températures moyennes – toutes les années 2000 sont nettement supérieures à la moyenne 1960 – 1990 – soulignent cette tendance. Pendant que les canicules se multiplient, les jours de froid et de gel diminuent. Ce réchauffement est plus accentué sur les continents que sur les océans. Il est aussi plus marqué sous les hautes latitudes, par rapport aux tropiques. Les glaces continentales, la calotte glaciaire, et la banquise arctique réagissent à cette hausse des température. Depuis 1993, le niveau marin progresse de 3,1 millimètre par an, conséquence d’une dilatation thermique des océans, et de la fonte des glaces continentales.

Diviser par deux les émissions mondiales?

La teneur en gaz carbonique de l’atmosphère est passée de 280 parties par million (ppm), avant l’ère industrielle, à 379 ppm en 2005. Cette augmentation, moteur du réchauffement en cours, provient directement de la combustion du charbon, du pétrole, et du gaz naturel. Ces trois combustibles fossiles constituent 80% des ressources énergétiques de nos sociétés. Donc, pour stabiliser la concentration atmosphérique en gaz carbonique, il faudrait pratiquement oublier les énergies fossiles, au profit des énergies renouvelables. Un scénario qui puise encore dans l’utopie, mais qui ouvre une réflexion sur les modes de production, et de consommation de nos sociétés. L’objectif actuel est de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, afin de stabiliser la concentration atmospérique en gaz carbonique.

Quelques raisons de s’inquiéter.

Depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre ont progressé de 15%. Si rien n’est fait, l ‘Agence Internationale de l’Energie prévoit une augmentation du rejet mondial de 50% d’ici 2030. Il doublerait d’ici 2050. D’autre part, une stabilisation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère ne suffirait pas à stopper le processus du réchauffement. Il continuerait pendant des siècles. En tablant sur une augmentation des températures planétaires de 4 à 6° à l’horizon 2100 – prévision haute du GIEC -, cela  » signifierait un bouleversement d’ampleur comparable à celui qui a conduit la planète du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans, au climat actuel. Mais en un siècle, au lieu de 10.000 ans. »(D’après Jean Jouzel, l’un des scientifiques français ayant rédigé le rapport du GIEC – Propos recueillis par Syvestre Huet, Libération, 3-4 02, 2007) Cette perspective suggère une menace sérieuse pour la civilisation humaine, et son habitat.

Je n’ai pas relevé de perspectives heureuses dans l’analyse des conclusions du GIEC. Au contraire, le ton est à la catastrophe, le vocabulaire est alarmiste. Peut – être un petit espoir concernant les gros pollueurs, les Etats Unis et la Chine, qui ne peuvent décemment plus ignorer l’ampleur de la crise climatique. Peut – être une mobilisation efficace concernant l’avenir du protocole de Kyoto. Les choses peuvent bouger. En attendant, Jacques Chirac, propose la création d’une organisation internationale sur l’environnement, l’ONUE (Organisation des Nations Unies pour l’Environnement), qui adopterait une « déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux ». Une cinquantaine de pays, favorable au projet, a saisi l’urgence d’une action collective, et immédiate. Peut – être l’amorce d’une réponse à cette « révolution écologique », proposée par le Pésident français.

M.J

Source: Libération, 27, 28, 29 janvier 2007, 2-4 févier 2007 – Le Monde, 30 – 01 -07 – 5 -02 -07)


Publié par marlene le 7 février 2007 dans Climat,Comprendre
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2 réactions à “L’homme au coeur de la crise climatique.”

  1. […] Prise de conscience nécessaire – Fabien Crégut et Marlène Jaulin ont publié une série d’articles qui nous conduisent à réfléchir sur cette notion. Ils s’interrogent : quel climat pour demain ? L’homme est au coeur de la crise climatique, crise qui a un coût. Saviez-vous que le Sahara fut une forêt humide il y a quelques millions d’années ? Le changement climatique : explications du phénomène de réchauffement de la planète (manque d’eau douce, difficulté d’accéder à l’eau potable, disparition des poissons…) Nous vivons au-dessus de nos ressources énergétiques ! […]

  2. bergamin adrien
    19 septembre 2008

    Bonjour je suis étudiant à la Réunion et je souhaiterai avoir des informations si possible concernant les crises climatiques ( chiffre, conséqunce, acte..) Veuillez s’il vous plait me les joindre a mon adresse email [email protected] Recevez mes salutations distinguées.

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