Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Des pôles qui racontent la terre.

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Hello,

Année polaire internationale (API), c’est parti. Pendant une année, qui va durer deux ans, une armée de scientifiques va interroger l’Arctique et l’Antarctique. Ces régions polaires, qui jouent un rôle – clé dans le système planétaire, devraient notamment éclairer l’évolution du climat.

API, 4° édition.

Lancée le 1er mars dernier à l’initiative de l’ONU, la quatrième Année polaire internationale (API) devrait s’achever deux ans plus tard. Une très longue année pendant laquelle des milliers de scientifiques vont étudier le Pôle Nord et le pôle Sud, afin de mieux connaître notre planète. En effet, les régions polaires jouent un rôle capital dans le système planétaire. Les évolutions y sont plus marquées qu’ailleurs, plus rapides aussi. Les pôles permettent de retracer l’historique de la terre, et renseignent sur l’évolution actuelle. Les changements enregistrés au niveau des glaciers, de la calotte glaciaire, ou du manteau neigeux, devraient notamment éclairer sur les changements climatiques. Le climat est d’ailleurs l’une des priorités de ce vaste programme, coordonné par l’International Council for Science (ICSU) et le World Meteorogical Organization (WMO). Au total, une soixantaine de pays sont impliqués dans plus de deux cents projets, menés depuis des bases scientifiques, ou planifiés lors d’expéditions. Cette recherche, centrée sur le climat, doit encore faire avancer les connaissances sur la géophysique, l’océanographie, l’écologie, ou la médecine. D’autres projets concernant les populations arctiques, ou sur la vie en communauté dans les bases polaires, invitent les sciences humaines au programme. Au terme de ces deux années de recherche, les résultats, mis en commun, dresseront un « état des lieux » des zones polaires au XXI° siècle qui commence. (D’après S. Huet, Libération, 1er mars 2007)
Une coopération internationale.

En 1882 – 1883, Charles Weyprecht, officier de la marine austro- hongroise, lance la première année polaire internationale. Douze pays s’allient pour lancer 13 expéditions en Arctique, plus facile à explorer, et deux en Antarctique. Il s’agit de mieux conaître les phénomènes géophysiques qui caractérisent les pôles. Les Etats ont compris que la connaissance de ces terres hostiles ne peut être qu’une entreprise internationale. Charles Weyprecht meurt avant la fin de l’expédition.

En 1932 – 1933 , l’Organisation mondiale de la météorologie renouvelle l’expérience. Il s’agit cette fois d’étudier l’impact planétaire du « Jet Sream » ( flux d’air rapide et confiné, circulant à 6-15 kilomètres de la surface de la terre) qui vient d’être découvert. La météorologie, le magnétisme, les sciences atmosphériques et ionosphériques (relatives à la couche supérieure ionisée de l’atmosphère) font un grand pas en avant.

En 1957 – 1958, l’Année géophysique internationale sert de prétexte à la troisième API. Le guerre a accéléré les découvertes technologiques (fusées, radars), qui vont servir les besoins de l’expédition scientifique. La haute atmosphère commence à réveler ses secrets. Mais cette API impulse un effort international sans précédent pour étudier l’évolution de la planète. La théorie de la dérive des continents est confirmée. On commence à mesurer le gaz catbonique (CO²). C’est encore le début de la conquête spatiale, avec Spoutnik. A cette époque, une douzaine de nations installent des observatoires scientifiques en Antarctique, Amundsen – Scott pour les Etats – Unis, Vostock pour l’ (ex ) URSS, et Dumont D’Urville pour la France. Le Traité Antarctique est signé en 1961.

Total se met au « vert ».

Depuis, les satellites, les forages glaciaires, et le suivi scientifique assuré dans les bases internationales, ont donné de nouveaux moyens à la recherche. Par exemple, les glaces de l’Antarctique et du Groenland, interrogées sur les 800 000 dernières années, ont permis de mettre en relation les climats antérieurs et l’effet de serre. Cette quatrième API devrait encore permettre d’approfondir ces recherches. Par exemple, un forage dans la glace doit être effectué au Nord – Ouest du Groenland afin d’obtenir des informations sur plusieurs dizaines d’années climatiques. Ces informations complèteront celles collectées au sommet du Groenland, dans les années 90. Les masses des glaciers du Groenland et de l’Antarctique, qui devraient livrer un bilan « apport en neige – fonte – écoulement vers les océans » devraient encore renseigner sur l’évolution du niveau des mers. (S. Huet, Libération, 1er mars 2007) Une équipe de chercheurs américains doit également interroger la calotte glaciaire, à la fois mémoire du climat, et régulateur. Parmi les projets français, celui de Jean Louis Etienne, baptisé « Pôle Airship ». L’explorateur doit, à l’aide d’un dirigeable, mesurer l’épaisseur de la banquise que recouvre l’Océan arctique. Départ, le mois prochain pour une expédition dont le principal partenaire s’appelle « Total »…

En France , Metéo France, l’IFREMER, l’Institut polaire français – Paul Emile Victor -, le CEA, et le CNRS sont associés à cette entreprise. La communauté scientifique française entend faire un gros effort de communication en direction des jeunes. La Cité des Sciences et le Palais de la Découverte proposent des conférences, des expositions, ou des évènements liés à cette double année polaire internationale. A vous de choisir.

Pendant ce temps, Tara , le bateau mythique parti explorer la banquise arctique, vient de sortir de la nuit polaire. Après une dérive de cinq mois dans les glaces et l’obscurité, l’équipage vient de retrouver la lumière. Quelques rayons de soleil pour regonfler le moral d’une équipe, très éprouvée après cette longue nuit.
M.J.


Publié par marlene le 7 mars 2007 dans Comprendre
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