Environnement
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U.E: un climat plus dangereux que le nucléaire.

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U.E: 20% d’énergies renouvelables en 2020. Photo: Boskizzi, 21 juin 2005.

Bonjour,

L’Union européenne se mobilise contre le réchauffement climatique. Cet engagement écologique pourrait inciter les gros pollueurs de la planète à suivre l’exemple européen. Une décision importante dans un contexte alarmant. Les scientifiques américains de la NOAA (Administration américaine océanique et atmosphérique) annoncent que l’hiver 2006 – 2007 a été le plus chaud, jamais enregistré depuis 1880. Soit 0,72°C de plus que la moyenne du XX° siècle.

Une Europe unie face à la crise climatique.
L’Union européenne vient d’adopter une stratégie musclée pour freiner le réchauffement climatique. Les 27 chefs d’Etat, réunis à Bruxelles, s’engagent à réduire d’au moins 20% – par rapport à 1990 et d’ici à 2020- leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette décision commune devrait permettre à l’Europe de jouer un rôle « d »avant garde » – selon l’expression d’Angela Merkel, la Chancellière allemande -, dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Cet engagement motivé pourrait inciter les « gros pollueurs » de la planète -USA, Chine, Inde, URSS – à suivre l’exemple européen. Cette décision collective – malgré quelques cafouillages – a encore le mérite de présenter une Europe unie, après les  » non » français et néerlandais à la Consitution européenne.

Angela Markel, l’actuelle Présidente de l’Union, entend faire de la crise climatique l’une des priorités de sa mission européenne. L’Europe, qui avait vivement soutenu le Protocole de Kyoto – qu’elle ratifie dès avril 1998, soit quelques mois après son adoption -, vient de passer à l’acte « écologique ». Greenpeace salue encore la décision la plus importante depuis Kyoto.

La voix du compromis.
Les « 27 » envisagent encore de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 30%, si d’autres pays industrialisés imitent cet effort. Cette perspective, recommandée par les scientifiques, permettrait de limiter à 2°c l’écart de température entre le début de l’ère industrielle – l’amorce du réchauffement -, et la fin de ce siècle. Dès 2020, l’essence et le gazole devront contenir 10% de biocarburant. Et les énergies renouvelables représenteront 20% du bouquet énergétique de chaque Etat – membre. « Objectif trop ambitieux », ont prétendu la France, la Finlande, et la plupart des nouveaux membres d’Europe centrale et orientale. Ces pays auraient préféré miser sur des énergies, peu productrices en CO², comme le nucléaire. L’Allemagne, fortement équipée en nucléaire, mais qui s’en détourne sous la pression des Verts, s’y est opposée. Déchirée entre « pro-nucléaires » et « anti-nucléaires, l’Europe a bien failli se brouiller. Angela Merkel a finalement choisi la voie du compromis.

Une transition énergétique  » à la carte ».


En Europe, les énergie renouvelables représentent 7% du cocktail énergétique , avec de grosses disparités selon les pays. A l’échelle de l’Union, la part du pétrole est restée stable depuis 1990. Le gaz, et dans une moindre mesure, le renouvelable et le nucléaire, ont remplacé le charbon, Avec 152 réacteurs répartis sur le continent européen, le nucléaire contribue à 30% de la production d’électricité de l’Union. La France, qui a fortement plaidé en faveur du nucléaire à Bruxelles, est un cas atypique au sein de l’Union. L’énergie nucléaire pèse pour 70% dans la production d’électricité de l’hexagone. Et finalement, puisque chaque pays offre un paysage énergétique différent, il a été convenu d’adapter l’objectif « 20% de renouvelable » à chaque situation. Chaque Etat membre conduira sa transition énergétique, en fonction de son histoire, de ses moyens, et de ses choix. Un compromis qui arrange les partisans – et notamment les français -, et les opposants de l’atome.

Le nucléaire, une solution « acceptable ».
Chaque état de l’Union peut donc, de recourir ou non, à l’énergie nucléaire. La Commission européenne propose encore la création d’un groupe à haut niveau, afin d’élaborer une stratégie commune en matière de sécurité nucléaire. Le nucléaire, énergie « raisonnable » en carbone, contribue aussi à la sécurité d’approvisionnement énergétique d’une Europe, dépendante du gaz soviétique. Pour le moment, l’Europe compose avec le nucléaire, pour amorcer une transition vers les énergies propres. S’il est question d’épargner les intérêts des pays tournés vers l’atome, ce compromis semble une option réaliste pour engager les réformes.

Evidemment, les Verts européens ne l’ont pas entendu de cette oreille. Selon eux, les énergies renouvelables constituent la seule alternative pour lutter contre le réchauffement climatique. Sous – entendu, Jacques Chirac veut faire du nucléaire une « énergie renouvelable ». Même son de cloche chez les Verts français, qui dénoncent les gros budgets avalés par le nucléaire. Fincements publics qui pourraient être destinés aux énergies renouvelables…

Le nucléaire produit, et rassemble, encore des armées de rebelles. Samedi, le réseau « sortir du nucléaire » – soit plus de 700 associations pro – environnementales -, a jeté plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Rennes, Lyon, Lille, Strasbourg, et Toulouse. Ces opposants au projet « Flamanville », réacteur nucléaire 3° génération, exigeait aussi la fermeture des centrales en activité, notamment les plus anciennes. Dans un pays qui fabrique trop d’électricité, et qui exporte 16% de sa production annuelle, le nucléaire reste assorti d’un point d’interrogation.

M.J.

(Le Monde, 9 et 16 mars 2007; Libération, 10-11, 17, 18-19 mars 2007; L’Europe et le réchauffement climatique, www.touteleurope.fr; Caderange, http://caderange.canalblog)


Publié par marlene le 19 mars 2007 dans Climat
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