Environnement
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Biocarburant: un arbuste providentiel…

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Le Jatropha. La source ne précise pas s’il s’agit du « jatropha curcas », mais il lui ressemble beaucoup…

Photo: Wikipedia, Denis Conrado – Universidad frderalde Lavras, Brazilo.

Bonjour,

Biocarburant, troisième. Face à une énergie verte, dévoreuse de superficies et grande rivale de l’agriculture, il s’agit de trouver la source végétale, idéale, pour les biocarburants de demain. Une réponse prometteuse pourrait venir du désert…

En quête du biocarburant idéal.

Dans leur version actuelle, les biocarburants, qui restent une alternative crédible au pétrole, cumulent deux ou trois défauts majeurs. D’abord des performances différentes selon les cultures, certaines ayant une productivité médiocre. Si la canne à sucre et la betterave sucrière offrent les meilleurs rendements (3 à 4 tep/hectare), le maïs, le blé, et le colza, sont moins performants (1 à 2 tep/hectares). Avides de terres cultivables, les cultures destinées aux biocarburants rivalisent avec celles vouées à l’agriculture. En Asie, les plantations de palmiers avancent sur les forêts primaires. Au Brésil, il n’est pas sûr que la culture de la canne à sucre ne participe pas à la déforestation. Certaines sources le suggèrent. L’irrigation et l’emploi d’engrais, par exemple, pèsent encore sur le bilan écologique de certaines plantations, destinées aux carburants verts. La nécessité de réduire les émissions de CO², principal acteur du réchauffement climatique, et la perspective d’une humanité comptant 9 milliards d’individus à l’horizon 2050, accélèrent la quête au biocarburant idéal. Petit emetteur de CO², il est peu gourmand en eau, en angrais, et en terres cultivables. Un biocarburant économe, très productif, et écologique. Pour l’IFP (Institut Français du pétrole), les matières ligno – celluliques – plus simplement le bois et la paille -, non concurrentes de l’agriculture, sont l’une des réponses. Il en existe d’autres .(1)

Le Jatropha, une plante « facile »…
L’une des réponse, la plus médiatisée, ou peut – être la plus prometteuse, s’appelle le « jatropha curcia ». Ce petit arbuste sauvage, originaire d’Amérique du sud, cumule les avantages. Il pousse sur les terres arides et hostiles, pas d’eau, pas de rivalité avec l’agriculture. Ses graines produisent une huile, facile à extraire, facile à transformer en biodiesel. Cette huile contient plus d’oxygène que de monoxyde de carbone. Et le biocarburant dérivé du jatropha rejette de la vapeur d’eau, à la place du gaz carbonique. En Afrique, on ne l’aime pas, à cause de sa mauvaise odeur. Ce qui n’empêche pas « l’huile de pourghère », son nom africain, d’être testée comme carburant au Mali, en Tanzanie, ou au Ghana. Côté rentabilité, l’arbuste donne deux à trois kilos de fruits, par an. Et huit kilos permettent de produire 2 litres de biodiesel. L’augmentation des rendements est l’une des priorités de l’Inde, qui spécule beaucoup sur cette culture. Facile à cultiver, le Jatropha attend d’être expérimenté, à grande échelle.(2)

Viser l’échelle industrielle.
L’Inde, donc, qui s’est lancée à fond dans la production, et l’amélioration des rendements du Jatropha, le tout servi par un ambitieux programme de recherche. L’Inde envisage de dédier 400 000 hectares sur cinq ans, à la culture du Jatropha. A terme, si l’entreprise est un succès, 65 millions de terres désolées pourraient se couvrir d’arbustes. Dans un pays qui explose économiquement, gros consommateur d’énergie, la perspective de mélanger 10% de ce biocarburant au diesel d’ici une quinzaine d’années, ouvre des perspectives économiques, écologiques, et sociales. Cette culture permetttrait de réduire la facture de diesel, d’atténuer les émissions de Co², d’optimiser des zones rurales désolées, et d’offrir un emploi à des milliers de paysans. A New Dehli, le TERI, un centre de recherche spécialisé dans les biotechnologies, a lancé un programme de recherche pour développer à l’échelle industrielle une culture, encore artisanale. Autre objectif, améliorer les rendements du Jatropha de 20 à 30% . L’idée est de doper les graines d’arbustes avec de micro – organismes, afin que les racines nourrissent mieux la plante. Près de 10 millions de dollars, investis sur 10 ans, diront si le Jatropha reste l’arbuste providentiel. .. (3) (2)
Même le Brési expérimente…

Un espoir pour les pays en développement.

De l’Asie à l’Afrique, beaucoup de pays s’intéressent à cet arbre miraculeux. Les Philippines, l’Indonésie, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Mali, le Ghana, le Malawi, la Zambie, et Madagascar, sous l’impulsion de DI, une petite société londonienne spécialisée dans le biodiesel, participent à l’aventure. La petite plante, gorgée d’huile, pourrait valoriser des terres désertiques. Et si elle ne remplit pas sa mission énergétique, elle permettra néanmoins de reboiser certaines terres, et de lutter contre l’érosion. Même le pionnier du biocarburant pourrait s’y mettre. Pétrobras, une société pétrolière brésilienne, qui conjugue pétrole et biocarburant, mène une expérience pilote. 5000 familles brésiliennes sont invitées à cultiver le jatropha. (3) (4)

Si le jatropha tient ses promesses, il ouvre aussi de vraies perspectives à des zones arides, hostiles à l’agriculture…
M.J.

(1) IFP, « Les biocarburants dans le monde », Panorama 2005, 2006- (2) « Jatropha, le carburant venu du désert », Marceau Vesperi, 5 mars 2007, News.fr -(3) XXI°siècle – Energie, « L’arbre à pétrole », Pierre Prakash, Libération 7 – 8 avril 2007 – (4) « Un arbuste va être une révolution écologique », Severine Alibar, 12 févier 2007, http://écologie.caradisiac.com


Publié par marlene le 2 mai 2007 dans Développement durable
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Une réaction à “Biocarburant: un arbuste providentiel…”

  1. Francis
    2 mai 2007

    « Même le Brésil expérimente… », dites-vous, comme si c’était étonnant. L’Embrapa, en charge au Brésil de la R&D du secteur agricole, expérimente depuis plus de 20 ans des centaines de plantes susceptibles de produire du « carburant vert ». Le plus étonnant est que, en dehors du Brésil, personne ou presque ne le sait -))

    …Plutôt une forme de style pour souligner l’intérêt croissant de beaucoup de pays,  en quête de solutions pour les carburants verts, ou déjà rôdés en matière de biocarburants, pour le jatropha…. Et même le Brésil, pionnier dans les biocarburants, expérimente le jatropha…Une recherche plus approfondie sur le Brésil, et d’autres pays, produirait sans doute un kaléidoscope, plus pertinent, sur les biocarburants. Merci d’ajouter vos connaissances…

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