Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Patrick Dougherty, architecte de contes de fées.

Toad Hall, 2005, Santa Barara Botanic Garden, California.

Bonjour,

Patrick Dougherty tresse des joncs et courbe de fines branches d’arbres pour composer des sculptures gigantesques, qui semblent sorties d’un conte de fées. Des constructions, primitives et éphémères, qui se fondent dans les paysages, s’invitent sous un arbre ou sur une façade, s’articulent autour d’une toiture ou d’une tourelle en brique. Dougherty, un charpentier, un architecte, et un sculpteur.

Dougherty passe son enfance dans les forêts de Caroline du Nord, aux Etats – Unis. Il y voit des branches d’arbres, courbées sous la neige. Il regarde ces tiges qui se croisent, ces branchages qui dessinent des formes dans le ciel. Il lui vient l’idée d’exploiter les possibilités de ces ramifications, fines et dociles. Après son diplôme d’art en 1982, il commence à travailler les joncs, les érables, les saules, et toutes les branches assez souples pour se plier à son imagination. Il repère les plus flexibles, celles qui dessineront le mieux son projet, ou celles qui produiront une meilleure qualité d’ombre.

Pour préparer ses installations, Dougherty puise dans les conventions du dessin. Il travaille en trois dimensions, projette les lignes, et leurs enchevêtrements. A la fin, comme un dessinateur, il fait des corrections. Il utilise des petits bouts de branche pour estomper les erreurs, « gommer » les imperfections. Et pour construire ses oeuvres, il recrute dans les environs. Ces volontaires, qui ramassent des branches, transportent leur butin, et participent à l’édification, considèrent l’installation finie avec l’intérêt de ceux qui se sont ruinés le dos pour assister l’architecte.

Dougherty, trois décennies de sculptures, a travaillé aux Etats – Unis, en Grande Bretagne, au Japon, en France, en Italie, au Danemark, au Canada, en Irlande, et en Autriche. Au total, 17O installations conçues pour les musées, les universités, les parcs, ou les jardins. Il construit des chateaux et des villas fantasques, des pièces abstraites, ou des objets domestiques aux formes démesurées. Dougherty, qui emprunte à la nature pour composer des oeuvres éphémères, souvent exposées dans des espaces naturels, s’inscrit dans le mouvement du Land Art. Oui, mais on l’a exposé à Bruxelles sous l’étiquette : « mouvement intuitif ». Peu importe, comme les artistes du Land art, il s’arrange de l’éphémère. « Le travail est emporté par le spectateur longtemps après qu’il ait cessé de le regarder.(…) C’est ce souvenir qui lui confère sa longévité. »(1) Surtout si le spectateur est passé par une porte pour s’infiltrer dans l’une de ces cabanes, inspirées d’un conte oriental.

Le mieux, c’est d’aller sur son site pour regarder ses installations, deux pages à découvrir. En prime, Dougherty à l’oeuvre, avec son armée de volontaires….

M.J

(1) Patrick Dougherty, in « Sticks in Time », Charlotte Edwards, The World of Interior, August 2007.


Publié par marlene le 21 septembre 2007 dans Non classé
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Une réaction à “Patrick Dougherty, architecte de contes de fées.”

  1. Landarts
    21 février 2009

    Retrouvez Patrick Dougherty et beaucoup d’autres artistes du Land Art et de l’Art environnemental sur le Portail du Land Art : http://www.landarts.fr

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