Environnement
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In the middle of nowhere.

Centre d’Art Contemporain Fantôme de la Rochefourchat.

Hello,

L’histoire commence à Cook, un bled planté sur la ligne de chemin de fer qui s’étire dans la Nullarbor, une grande plaine tristement privée d’arbres et d’habitants, dans le sud ouest de l’Australie, un endroit comme je les aime. Un jour de 2001, Laurent Mulot découvre Cook, au milieu de nulle part. Un site idéal pour y planter un musée d’art contemporain.

Cook, une ville fantôme.

Cook, en Australie méridionale, quelques habitations, un réservoir de fuel pour les locomotives, une seule boutique, regarde passer les trains de l’Indian Pacific. Ceux qui traversent le continent pour relier l’Océan Pacifique à l’Océan Indien, via la Nullarbor plain et son rail rectiligne de 478 kms de long, record mondial de solitude ferroviaire. Quand le train s’arrête à Cook, les voyageurs descendent, se ruent vers le seul magasin du bled pour acheter une glace, et découvrent qu’il n’en reste que trois. Dommage, elles sont déjà réservées pour d’autres voyageurs, qui repasseront…Créée en 1917, lors de la construction de la ligne de chemin de fer, Cook est devenue une « ville-fantôme » depuis que le rail a été privatisé, à la fin des années 90. Les habitants ont déserté, l’hôpital du bush a fermé. Quand Laurent Mulot, qui traverse l’Australie d’Est en Ouest, débarque à Cook en 2001, il ne reste que deux habitants.

Le Cook Ghost Contemporary Art Centre (CGCAC)

Deux ans plus tard, c’est parti, Laurent Mulot revient à Cook. Il y travaille, et fonde le « Cook Ghost Contemporary Art Centre », un centre d’art contemporain fantôme. Les deux habitants de Cook, photographiés devant l’acte de fondation de ce centre imaginaire, sont promus « gardiens du musée ». C’est la première étape d’une démarche artistique, qui établit un lien entre réalité et virtuel. Elle est matérialisée par un site internet, « They come out at night », chargé de diffuser une création multimédia, et d’attirer les amis du musée. Les portraits « fantômes » de ces membres associés, environ une centaine à la création, aujour’hui peut – être plus, sont placés dans la collection permanente du CGCAC.

Un réseau international de centres d’art fantômes.

Etape suivante, créer un réseau international de centres d’art fantômes, aux quatre coins de la planète. Laurent Mulot fonde alors « Middle of nowhere », une association loi de 1901, qui fédère cet ensemble de « fondations fantômes ». Un site internet « Middle of nowhere » est crée. Le but, dénicher de nouveaux endroits qui résistent au milieu de nulle part, en attendant une promotion artistique. Même démarche que pour le CGCAC, ces lieux doivent être situés dans des endroits perdus, où il est difficile de séjourner, mais propices à se faire des films. Le processus de création, une plaque fondatrice apposée sur un mur, avec, clic clac, les gardiens photographiés devant. Les habitants adhèrent au projet, certains sont exposés dans la collection permanente.

Halte à la Rochefourchat.

Aujourd’hui, le monde des musées compte quatre fondations fantôme, le CGCAC en Australie Méridionale, le MGCAC en Chine, l’AGCAC en Amazonie, et le RGCAC, à la Rochefourchat, un petit village de la Drôme qui vaut bien qu’on s’y arrête un instant. La Rochefourchat, dont le nom rappelle le rocher fourchu qui surplombe le village, est planté sur le flanc est de la montagne de Couspeau. Patrimoine, un château effondré, une école collée à l’église, école fermée en 1957 et devenue gîte rural, deux hameaux, une chanson écrite en 1900, « La fanfare de la Rochefourchat ». Population, un habitant mais une équipe municipale, densité 0 hab/km², commune qui a perdu deux habitants entre 1990 et 1999… Comme quoi, pas besoin d’aller courir en Australie.


Visite libre de ces quatre centres d’art fantômes http://www.theycomeoutatnight.org/. Première entrée à gauche – l’autre, la Ghost fondation, est momentanément indisponible -, un clic sur l’un de quatre points de la carte du monde pour d’accéder à chaque musée virtuel. Un autre clic sur « collection permanente » pour ouvrir un diaporama, avec en prime une bande-son qui stimule les fantômes, ceux qui vous invitent au milieu de nulle part.

M.J

Le musée d’art contemporain de Lyon propose une borne d’accès au travail multimédia de Laurent Mulot.


Publié par marlene le 26 novembre 2007 dans Art,Non classé
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