Environnement
Un blog sur la géo-environnement

L’Australie devra avaler l’eau de la mer…

Bonjour,

Après les gouttes de rosée converties en eau potable, la grosse machine, celle qui transforme l’eau de mer en eau douce. Direction l’Australie, ce grand pays qui commence à manquer d’eau. Et qui développe de gros moyens pour renouveler la ressource, dont la désalinisation de l’eau de mer. Cette technologie, qui a progressé depuis les années 60, fâche les écologistes australiens…

L’Australie a soif.

Immense territoire aride où l’eau a toujours été précieuse, l’Australie cumule encore six années de sécheresse. Dans les états les plus peuplés, les réserves d’eau représentent entre 15% et 50% des quantités habituellement disponibles. En trois chiffres, 15% dans le New South Wales (Sydney), 32% dans le Victoria (Melbourne), et 50% dans le Queensland (Brisbane), sans oublier les 35% du Nothern Territory, grand désert peu habité. (1) -. Autre facteur aggravant, les Australiens comptent parmi les plus gros consommateurs d’eau de la planète, une consommation qui excède la ressource. Un contexte préoccupant, certainement amplifié par la perspective d’un réchauffement climatique, qui pousse les Australiens à trouver des solutions rapides. Pipelines pour l’eau (Victoria, Western Australia), barrage (Queensland), modernisation du réseau d’irrigation ( New South Wales), l’Australie multiplie les projets pour améliorer la gestion de l’eau. Et installe des usines de recyclage des eaux usées, et de désalinisation, sur ses côtes.(2)

Perth, la « pionnière ».

Perth, en Western Australia, un grand désert qui borde la mer, est la première à se lancer dans l’aventure de la désalinisation. Depuis quelques mois, le site de Kwinana contribue à satisfaire 17% des besoins en eau de cette ville d’un million d’habitants. L’usine, exploitée par Degrémont, filiale de Suez environnement, produit 130 000 m3 d’eau par jour.(2) C’est la plus importante unité de désalinisation de l’hemisphère Sud. Une machine à convertir l’eau de mer en eau douce qui utilise le procédé de l’osmose inverse. Cette technologie, basée sur l’utilisation de fines membranes qui filtrent le sel et les impuretés d’une eau de mer envoyée sous pression, remplace la distillation. Cet ancien procédé, très cher, très gourmand en énergie, était associé à des centrales énergétiques utilisant le gaz ou le pétrole, deux gros mots dans un contexte de réchauffement climatique. Mais, même avec l’osmose inverse, la désalinisation reste une technologie coûteuse, qui est loin de présenter une fiche écologique impeccable.

Les projets se multiplient.

L’osmose inverse, moins gourmande en énergie, a néanmoins besoin de combustible. Et en Australie, 80% de la ressource énergétique provient du charbon. On reproche encore à la désalinisation ses rejets de sel en mer. Faute d’être correctement diluée et rejetée, cette saumure risque de perturber l’équilibre aquatique. Ces problèmes écologiques n’empêchent pas l’Australie de poursuivre son programme. La South Australia projette de construire une usine de traitement de l’eau de mer dans le Golfe de Saint Vincent, pour alimenter Adelaïde. Le Victoria s’est engagé à approvisionner Melbourne avec une unité du même type, elle serait même la plus importante du pays. Le Queensland entend bien doter la Gold Coast, la côte touristique, d’un site de production d’eau douce analogue. Une usine de désalinisation en en construction à Sydney, une autre est en projet. Pour calmer les écologistes, la plupart des Etats se sont engagés à recourir aux énergies alternatives. (3)Une partie de l’énergie nécessaire au fonctionnement du site de Perth devrait être fourni par un parc de générateurs solaires. (2) A Sydney, le site en construction devrait être alimenté à l’énergie éolienne. Une parade qui n’a pas convaincu tout le monde.

Les Verts, partisans du « re-use » et des réservoirs.
Les « Greens » (Verts) sont partisans du « re-use », le recyclage des eaux usées. Et surtout, ils rappellent que les pluies torrentielles tombées sur Sydney en juin dernier, ont permis d’alimenter le principal réservoir de la ville. De quoi tenir plus de deux ans, sans pluie. (4) Alors, pourquoi investir 2 billions de de dollars australiens dans une usine de désalinisation? Des réservoirs pour recueillir l’eau de pluie, d’une contenance moyenne de 5000 litres et à l’achat subventionné, leur semblent un investissement plus raisonnable, et une solution plus écologique. (4) Heureusement, personne n’a encore parlé d’une usine de désalinisation qui tourne au nucléaire…

Les petits Australiens, la sécheresse, et la désalinisation…

M.J.

(1) D’après  » Pénurie d’eau et population », Liberation, 23 octobre 2007- (2) « Crise de l’eau, le laboratoire australien (2) », Marc Laimé, « Carnets d’eau », carnet du Diplo, 22 juin 2007- (3) « Asséchée, l’Australie se convertit au dessalement d’eau de mer. », Jurian Sterk, Newsoftomorrow, 6 novembre 2007 -(4) « De l’eau d’égout dans votre carafe », André Duchesne, La Presse, Brisbane, Australie, 7 octobre 2007.


Publié par marlene le 10 janvier 2008 dans eau
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Une réaction à “L’Australie devra avaler l’eau de la mer…”

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