Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Davos: les riches se penchent sur l’agriculture des pauvres.

Bonjour,

Le forum de Davos, 38ème édition, grande messe économique et diplomatique gâchée par la crise financière, vient de se terminer. On y a aussi discuté « insécurité alimentaire », et « crise de l’eau ». Les stocks mondiaux de nourriture sont à leur plus bas niveau depuis les années 80.

Soutenir les petits agriculteurs.

Le problème se formule en quelques données. La demande alimentaire mondiale, portée par une démographie en augmentation, est elle aussi à la hausse. A l’horizon 2050, il faudra nourrir 9 milliards d’individus, contre 6 aujourd’hui. Ce qui n’est pas tout à fait le cas, plus de 850 millions de personnes souffrent actuellement de la faim. Les conflits, les sécheresses, les inondations, l’appauvrissement des sols, le manque de ressources en eau, multiplient les crises alimentaires mondiales. Ce déficit alimentaire est encore aggravé par une flambée des cours des produits agricoles, et par le développement des agro-carburants, dopé par un pétrole cher. Actuellement, une quarantaine de pays pauvres connaissent des difficultés alimentaires. Des émeutes ont eu lieu en Indonésie, au Yémen, en Mauritanie, au Sénégal, et en Guinée. Dans son bulletin « Perspectives de l’alimentation », publié en novembre 2007, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que les pays les plus pauvres,  en déficit alimentaire, ont dépensé 25% de plus qu’en 2006 pour leurs importations alimentaires. Pour la FAO, et Jacques Diouf son directeur, il y a urgence à soutenir les petits agriculteurs et leur famille, dans un monde où 70% des pauvres vivent de la terre.

« Sil y a l’eau, tout marche ».

Des projets, il y en a, des grands et des petits. La FAO a lancé un vaste programme pour aider les petits agriculteurs des pays pauvres à acheter des semences et des engrais, destinés aux cultures vivrières. La FAO en appelle aux donateurs et aux investisseurs privés, pour financer ce qui pèse trop lourd pour le budget d’un cultivateur. Autre initiative, celle de l’AGRA (Alliance pour une Révolution verte en Afrique) qui développe un programme pour améliorer la fertilité des sols. Une enveloppe de 180 millions de dollars US est destinée à plus de quatre millions de petits exploitants africains, pour restaurer un peu plus de 6 millions d’hectares de sols épuisés. Et un exemple, au Nord du Sénégal, dans la région de Matam. Ce petit projet qui mêle agriculture et maraichage, initié par un émigré rentré au pays, vise à redonner vie à des terres devenues incultes par manque d’eau. « S’il y a l’eau, tout marche », confie l’artisan du projet. L’eau, indispensable à l’agriculture, est l’autre crise planétaire envisagée à Davos. Une crise qui sera aggravée par le réchauffement climatique.

M.J.

« Investir dans l’agriculture pour la sécurité alimentaire », une vidéo de la FAO. Zoom sur le Mozambique, où l’investissement privé à boosté l »agriculture.


Publié par marlene le 29 janvier 2008 dans Actualité,Agriculture.
Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site.

Laisser une réponse

Vous devez être identifié pour écrire un commentaire.