Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Sur les plages d’Accra…

Bonjour,

Accra, la capitale du Ghana, avait pourtant fait sa toilette pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations, version 2008. On avait nettoyé les rues, et viré les malades mentaux. Et voilà qu’un article de Francis Kokutse, « Le développement rapide laisse des pauvres sans toilettes », publié le 30 janvier dernier, nous dit que le ménage a été sommaire. « Les plages d’Accra sont des toilettes en plein air ».

C’est l’histoire d’une ville, Accra, assise sur le Golfe de Guinée, qui est passée de 1,6 millions d’habitants en 2001 (estimation Ghanéenne) à environ 2,5 millions aujourd’hui (estimation française), et sans doute 3 (estimation ghanéenne). Une agglomération africaine qui s’est bricolée à toute vitesse, sans véritable schéma urbain, au détriment des conditions sanitaires des quartiers les plus démunis. Un clivage sanitaire inscrit dans un clivage économique. Environ 50% de la population du pays se débrouille avec moins de 2 Euros par jour.(1) Et, chiffres de 2000, 80% des Ghanéens vivent de petits boulots pas déclarés, vendeurs de rue, artisans sans autorisation, et squatteurs. (2) L’eau, dont la distribution a été privatisée, reflète encore ce clivage « riches-pauvres ». Deux études récentes indiquent que les ménages les plus démunis consacrent 8 à 12% de leurs revenus mensuels – jusqu’à 15% pour les plus pauvres des quartiers les plus pauvres – pour l’eau. Les plus riches, eux, dépensent moins de 5% pour faire couler l’eau du robinet. Dans les quartiers pauvres, les femmes, qui effectuent les tâches ménagères, s’occupent des enfants, et règlent les factures d’eau, n’ont pas la vie facile.(1)Une blogueuse, qui a passé 6 mois au Ghana, insiste sur ce clivage « riches – pauvres » qui dessine deux paysages urbains, deux paysages économiques, et deux paysages culturels à Accra. Et dans le reste du pays.

En lien, le papier qui détaille les souillures imposées aux plages d’Accra, et au littoral. En prime, une petite querelle entre aménageurs et citoyens sur le thème  » la faute à qui? ». Mais, quand on habite un quartier pauvre sans installation sanitaire, on se débrouille comme on peut…

M.J

Retour à Labadi beach, qui peut aussi être une plage de rêve…

(1) » Privatisation de l’eau au Ghana: les droits de la femme mis à mal. »,(2) » Ghana, le modèle contesté », Yaho Graham, Le Monde Diplomatique, Avril 2007.


Publié par marlene le 1 février 2008 dans Afrique - Environnement.
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