Environnement
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Céréales: un pouvoir d’achat en baisse.

Bonjour,

Emeutes de la faim en Guinée -Konakry, en Mauritanie, au Sénégal, ou au Burkina-Faso, la hausse des produits alimentaires jette les Africains dans la rue. Ces pays, qui dépendent du blé et du riz importés, subissent de plein fouet la flambée des cours de céréales, base de leur alimentation, sur le marché mondial. Selon l’ONG « Afrique verte », au Niger, le sorgho aurait récemment augmenté de 25%, dans la région de Maradi. A Niamey, la capitale, le mil et le blé ont enregistré une hausse d’environ 20%. Le Food Crisis Prevention Network (FCPN) rapporte qu’au Burkina-Faso, pays touché par des inondations en 2007, le prix du sac de maïs aurait doublé en un an. Le FCPN, chargé de la sécurité alimentaire dans les pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, ne parle pas encore de famine. Mais si les cours des céréales continuent de grimper, certaines populations du Sahel et d’Afrique de l’Ouest pourraient manquer de nourriture.

Le PAM manque d’argent pour faire les courses…

Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui distribue une aide aux pays d’Afrique de l’Ouest, estime qu’il lui faudra trouver 30% d’argent supplémentaire cette année, pour nourrir le même nombre de personnes que l’an dernier. Même problème à la tête du PAM, à New York, où le coût de la nourriture provoque la panique. Depuis 2007, les prix alimentaires ont grimpé d’environ 30%, ceux des céréales ont augmenté de 35%. En 2008, le PAM, qui fonctionne avec des dons, devra trouver 500 millions de dollars pour nourrir 73 millions de personnes, répartis dans 78 pays. La tendance actuelle, plus 20% d’augmentation ces trois dernières semaines, pressent le PAM à remplir les caisses.

La faute aux agrocarburants…

Le développement des agrocarburants, qui convertit les blés américains en maïs, qui étend le colza dans les campagnes européennes, est en partie responsable de cette flambée des prix des céréales. Il explique encore l’augmentation du prix de l’huile de palme ou de soja, désormais alignés sur les prix du carburants d’origine végétale. Josette Sheeran, la patronne du PAM, a récemment déclaré :« Le changement d’orientation de nombreuses exploitations en faveur des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire. Les prix des produits de base atteignent un tel niveau que le litre d’huile de palme en Afrique vaut ainsi autant que le litre de carburant. » Le boom des agrocarburants, qui fait décoller les prix du maïs et du soja dans un contexte de pétrole cher, qui détourne les terres cultivables et accapare l’eau, n’explique pas complètement la situation actuelle. On ne produit pas d’agrocarburant avec le blé, qui pourtant augmente. Et pousse le prix de la baguette, même en Afrique.

Pétrole, sécheresses, et démographie…

Pour le PAM, cette hausse des prix alimentaires résulte aussi de l’envolée des prix de l’énergie, qui se répercute sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Des engrais pour améliorer les rendements, au transport des produits, en passant par leur stockage, tout est devenu plus cher. Autre facteur explicatif, la mutation des marchés intérieurs, chinois ou indiens, plus riches, et plus gourmands en viande et en produits laitiers. Le climat, et ses sécheresses, notamment en Australie, contribuent encore à doper le prix des produits alimentaires. Les stocks alimentaires, à leur plus bas niveau depuis une vingtaine d’années, favorisent encore la spéculation. Sans oublier la démographie, plus on est nombreux, et plus on mange. En 2030, si l’on veut satisfaire les besoins d’une planète plus peuplée, la production alimentaire devra nécessairement augmenter de 50%. Cette perspective pourrait accentuer la compétition entre cultures alimentaires, et énergétiques. Sans parler des conséquences environnementales, sur-exloitation des sols, déforestation, manque d’eau, ou pollution des nappes phréatiques.

Et pendant ce temps, dans le Bassin du Fleuve Sénégal, des agronomes chinois expliquent à des cultivateurs sénégalais, qui rêvent d’autosuffisance alimentaire, les techniques de repiquage de riz

M.J


Publié par marlene le 26 mars 2008 dans Afrique/ population.,biocarburants,faim
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