Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Et si on refaisait le menu….

Bonjour,

« Et si on refaisait le monde » proposaient Didier Ades et Dominique Dombert, dans la Rue des Entrepreneurs du 26 avril dernier. Une invitation à inventer un monde nouveau, à faire plus avec moins, et à penser local. Un prétexte pour évoquer l’expérience de deux journalistes canadiens de Vancouver, James MacKinnon et Alisa Smith, les pionniers du « 100-Mile Diet », un régime qui mise sur les vertus d’une alimentation de proximité.

Faute de sucre…

Pendant un an, James MacKinnon et Alisa Smith ont renoncé au café de Colombie, au vin d’Australie et au fromage français, aux bananes du Costa Rica, et à toutes ces marchandises qui voyagent beaucoup avant d’atterrir dans notre assiette, pétrole et Co² en accompagnement. Ils se sont engagés à se nourrir de produits cultivés et emballés dans un rayon de 100 miles, c’est à dire à moins de 160 kilomètres de leur domicile. Changement d’échelle de consommation, chaque aliment absorbé en Amérique du Nord a parcouru 1500 miles, environ 2400 kilomètres. Quand James MacKinnon et Alisa Smith parient sur le « consommer local », il s’agit bien sûr de réduire la facture énergétique, et la production de CO² à l’origine de la crise climatique. Mais il s’agit aussi de stimuler une industrie alimentaire régionale et authentique, celle qui refuse le jeu de l’économie globale. Et pour composer leurs menus, James MacKinnon et Alisa Smith se sont inspirés d’un livre édité lors de la Seconde Guerre Mondiale, temps de pénuries et d’agriculture de proximité. Cette expérience, qui date de 2005, été rapportée dans « The Tyee », un magazine canadien en ligne. On y retrouve d’ailleurs James et Alisa en train de cueillir des fraises, qui ne pourront pas finir en confiture, faute de sucre. Le sucre, une horreur en terme de production, ou d’exploitation de la main d’œuvre, sans parler des milliers de kilomètres parcourus. Les deux journalistes, un peu paniqués à l’idée d’être dépendants des saisons, l’hiver est moins généreux, ont cependant redécouvert des saveurs locales oubliées. Et l’immense satisfaction personnelle d’un retour à la mère nourricière…

« Locavore », un mot à traduire…

L’expérience de James MacKinnon et Alisa Smith, a fait l’objet d’un bouquin, et a produit quelques adeptes aux Etats-Unis. Il y a environ deux ans, l’Etat de New York a lancé le «100-Mile Diet Challenge » , un pacte qui engage producteurs et consommateurs à penser local. Mêmes motivations, manger plus sain, économiser du carburant, et favoriser l’agriculture locale. Mais à terme, il s’agit aussi de développer une vraie industrie locale, en y associant producteurs et commerçants. Sur le site du « 100-Mile Diet Challenge » , on évoque la perspective d’une pénurie alimentaire provoquée par un pétrole cher, et de plus en plus rare. Direction San Francisco, où les « Locavores » résistent aux aberrations écologiques du marché alimentaire. Les « Locavores », principaux héritiers de James MacKinnon et d’Alisa Smith, prônent l’alimentation locale, saisonnière, et la conserve pour passer l’hiver. Leur philosophie rappelle celle du « Slow-food » ce mouvement fondé par l’Italien Carlo Petrini qui défend les saveurs d’une cuisine locale. Depuis Sans Francisco, les « Locavores »ont essaimé, on en trouve aussi en Alabama. Dommage que le « locavore » se décline surtout en Anglo-saxon et en Anglais, même quand il évoque la richesse des terroirs français….

Je vous invite, en quelques clics, à ré-écouter l’émission de France-Inter. On y dénonce le totalitarisme du développement, on y annonce la fin de la parenthèse de la première révolution industrielle, mais on y multiplie les propositions pour recomposer un monde plus humain…

M.J


Publié par marlene le 2 mai 2008 dans Alimentation,Développement durable
Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site.

Laisser une réponse

Vous devez être identifié pour écrire un commentaire.