Environnement
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Le goût du riz japonais.

Bonjour,

Mauvaise nouvelle pour les habitants des quartiers pauvres des grandes métropoles des pays en développement, les prix agricoles resteront élevés pendant les dix prochaines années. La nourriture, appelée à devenir plus accessible qu’en ce moment, pèsera encore sur budgets des ménages les plus pauvres. L’alimentation restera plus chère qu’au cours de la décennie précédente, avec des variations importantes. Ce scénario est décrit dans les « Perspectives agricoles », publication conjointe de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique ) et de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture.) Pendant que la FAO, réunie en ce moment à Rome, tente de définir une stratégie pour sortir de la crise alimentaire, le Japon propose ses stocks de riz aux Philippines, et à l’Afrique. Producteur excédentaire, et importateur de riz malgré lui, le Japon a des réserves à écouler.

Le Japon, neuvième producteur mondial de riz, près de 9 millions de tonnes en 2007, est obligé d’en d’importer des Etats- Unis, de Thaïlande, ou du Vietnam, pour coller à la réglementation de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Chaque année, 770.000 tonnes de riz sont débarquées sur l’archipel. (1) (2) Ces riz importés, peu adaptés au goût japonais, et délaissés au profit de la production locale, sont stockés. Ces réserves s’ajoutent à la surproduction locale. Et dans un pays, traditionnellement associé à la riziculture et au riz, on en consomme moins qu’avant. Changement de régime pour des Japonais qui mangent plus de pâtes, de pain, et de plats occidentaux, mais qui avalent quand même, en moyenne, plus d’un kilo de riz par personne, et par semaine. Pendant que de nombreux pays producteurs de riz stockent leurs réserves, notamment pour ne pas en manquer chez eux, le Japon a décidé d’exporter. Le pays a l’intention de vendre 200.000 tonnes de riz aux Philippines, et 20.000 tonnes à cinq pays africains.

On pense que la culture du riz au Japon remonte à 2500 ans. C’est le « pays du riz abondant », satisfaction japonaise. Le riz est la principale culture des campagnes de l’archipel, les rizières occupent près de 40% des terres cultivées.(3) Les parcelles sont petites, moins d’un hectare en moyenne, avec une production très mécanisée. Le riz, semé dans la quasi-totalité des 2,3 millions d’exploitations du pays, reste une activité secondaire pour la majorité des agriculteurs, taille des parcelles explique. A l’échelle du pays, la riziculture pèse d’ailleurs moins dans l’économie que par le passé. Le riz japonais, subventionné et protégé par des droits de douane qui contrarient son commerce, est un riz cher. Sur le marché international, et au Japon. Le gouvernement protège ses riziculteurs, qui sont aussi des électeurs. Si tout le pays cultive des variétés améliorées du riz Japonica, c’est le Koshihikari qui a la cote, dans les rizières, et dans les bols. Au Japon, le goût du riz est un critère d’importance.(1)(2)

Il y a quelques mois, le gouvernement japonais s’est inquiété du réchauffement climatique, et de ses conséquences sur la production de riz. Durant la dernière décennie, la température moyenne de l’archipel s’est élevée de 0,2°C à 1°C, par rapport aux trois décennies antérieures. Les scientifiques, qui cherchent pour le compte du gouvernement, craignent qu’un réchauffement plus important affecte la production, et la qualité d’un riz. La céréale, très sensible aux variations de température à chaque stade de sa croissance, devient très vulnérable en fin de cycle. Un climat plus chaud pourrait faire échouer la pollinisation du riz, ou modifier l’apparence des grains. Mais difficile de prédire le comportement du riz sous des températures plus élevées, quand la force du vent, sa direction, ou l’altitude des cultures, influencent aussi son développement. Reste un point qui préoccupe les japonais, le goût du riz. « Ce serait une honte si le riz japonais, de haute qualité, perdait son goût à cause du réchauffement climatique. », a commenté un habitant de Tokyo.

M.J

(1) « En pleine crise alimentaire mondiale, le Japon ne sait que faire de son riz », Roland de Courson, 23-05-22008 AFP- (2) AIR, Le riz dans le monde, le Japon, FAO, 2004. (3) http://genma.free.fr/ninoto/article.php3?id_article=203


Publié par marlene le 3 juin 2008 dans Actualité,Alimentation,Japon
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