Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les aventures de la Spiral Jetty.

Bonjour,

L’idée était de faire une pause, d’oublier les dérèglements climatiques, les bouleversements environnementaux, ou les dysfonctionnements du système alimentaire mondial, pour parler d’autre chose. Un sujet sans catastrophe. C’est réussi. Zoom sur la « Spiral jetty », une œuvre majeure du Land Art, engloutie plusieurs fois, et menacée par un forage pétrolier. Mais, retour sur la création de l’oeuvre.


En 1970, Robert Smithson crée la Spiral Jetty , une immense bande qui s’enroule à la manière d’une spirale dans les eaux du Grand Lac salé, dans l’Ouest américain., au cœur du pays mormon. Il n’est pas tout seul. Une armada d’automoteurs à deux roues, de Caterpillars, et plus de 600 personnes remuent boue, terre, et roches pour fonder les lignes dessinées par l’artiste. La forme de l’œuvre s’inspire du site. La spirale s’inscrit dans la topographie du lac pour évoquer un tourbillon mythique, probablement situé en son centre. L’esquisse suggère encore les formes circulaires des dépôts de sel sur les rochers. Smithson aurait été séduit par les contrastes de ce site situé sur la rive nord du Grand Lac salé, une eau rose-orangé due à la prolifération d’une algue marine, les cristaux blancs du sel accumulé alentour, et les masses de basalte noir environnantes. L’œuvre, qui mesure 457 mètres de long, et 4,6 mètres de large, est l’une des constructions les plus emblématique du Land Art, ce mouvement qui préfère la nature aux musées.

Robert Smithson , disparu en 1973 dans un accident d’avion, appartient à la famille du Land Art. Après des études de dessin et de peinture à New York, et une période abstraite, l’artiste se tourne vers la sculpture. Au début des années 60, il commence à créer des œuvres démesurées qui mêlent géométrie, et fabrication industrielle. Smithson, affilié au Land Art, pratique le Earthwork, le terrassement, une démarche qui suppose une création dans le paysage, à base de terre. L’artiste, qui considère que la nature n’a pas achevé son processus de transformation, se propose de l’aider. Il récupère les matériaux trouvés sur place, et utilise des machines pour construire des œuvres gigantesques. Il concilie la technologie et les éléments naturels. Smithson, fasciné par l’entropie, souhaite que son œuvre se dégrade pour rendre à l’environnement les éléments empruntés. Et revenir au premier stade, avant son intervention. La spirale de la Spiral Jetty a aussi été interprétée comme le symbole de l’évolution, la traduction d’une dynamique « construction – destruction ».


Quand Smithson construit la Spiral Jetty, le niveau du grand lac salé est particulièrement bas, conséquence d’une sécheresse. En 1972, une montée des eaux engloutit l’œuvre. Depuis, l’œuvre devient accessible quand les conditions climatiques jouent sur le niveau du lac. En 1999, l’œuvre est à nouveau découverte. En 2003, sa réapparition est le sujet d’un carnet de route. Au printemps 2005, elle est à nouveau partiellement submergée. Bien plus grave, la Spiral Jetty, acquise par la Dia Foundation de New-York en 1999, est aujourd’hui menacée par un forage pétrolier. Depuis, la Dia Foundation, qui défend cette pièce symbolique du Land Art, les écolos de la région qui craignent pour un écosystème d’importance, affrontent la Pearl Montana, une compagnie canadienne qui ne demande qu’à forer…

M.J.


Publié par marlene le 5 juin 2008 dans land art
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