Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Ce moustique qui parasite une partie de l’humanité….

Bonjour,

Le FRP, qui l’inscrit dans ses initiales, ambitionne de faire reculer le paludisme. La structure, vient d’annoncer un plan pour faire échec à cette maladie parasitaire qui reste la principale cause de mortalité infantile, et qui touche près de 250 millions de personnes dans le monde, principalement en Afrique subsaharienne. (1) La semaine dernière à New-York, le FRP a profité du Sommet des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire pour relancer ses donateurs. Cette structure, créée en 1998, résultat d’un partenariat entre l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance ( UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), et la Banque mondiale, a besoin d’argent pour enrayer un mal que l’on peut combattre. De nombreux donateurs – Le Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale, la fondation Bill Gates, et d’autres décideurs – ont répondu à l’appel. Près de trois milliards de dollars seront débloqués pour sauver plus de 4 millions de vies, d’ici 2015. (2)

Une géographie du moustique qui colle à celle de la pauvreté…

Le paludisme, qu’on appelle aussi la malaria, résulte de la piqûre d’un moustique, l’anophèle. C’est la femelle qui pique. Cette maladie, dont on témoigne très tôt dans l’histoire de l’humanité, se manifeste par des fièvres intermittentes, des vomissements, et des maux de tête. Le palu tue environ 1 million de personnes par an, les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont plus vulnérables. Si 247 millions de personnes ont déclaré la maladie, le World Malaria Report 2008 estime à plus de 3 milliards le nombre de personnes exposées, d’où l’importance d’actions préventives.(1) La géographie du moustique, qui souligne le continent africain, englobe une centaine de pays. La malaria, installée en Inde, au Myanmar, Bengladesh, en Indonésie, en Papouasie- Nouvelle Guinée, tue chaque année 80.000 personnes au Pakistan.(3) Une géographie qui colle souvent à celle de la pauvreté. Le manque de moyens prive d’armes contre la maladie. Et le palu, qui engendre des dépenses et crée des temps morts dans l’activité économique, contrarie le développement des pays. On estime que ce fléau ampute les économies africaines de 12 milliards de dollars par an, et freine de 1,3% leur croissance économique. (4)

Le recul de la maladie, des exceptions encourageantes…

Le FRP, qui souhaite éradiquer la maladie à terme, articule sa stratégie autour de deux axes majeurs, prévention et soins. Côté prévention, elle veut renforcer la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à action durable, et promouvoir la pulvérisation d’anti-moustique dans les maisons. Côté soins, c’est donner accès aux antipaludéens au plus grand nombre. Même en cas de doute sur l’origine d’une fièvre, la prise de ce médicament permet de sauver des vies. Il est aussi question d’adapter les médications au type de palu. Et pour que ça marche, pour que la maladie recule, les initiatives «moustiquaires- insecticides -médicaments » doivent être soutenues par des programmes nationaux de lutte contre le palu. Le World Malaria Report, qui témoigne d’une petite décennie d’efforts, présente des résultats mitigés, quand ils sont connus. La pulvérisation dans les maisons a eu des effets positifs en Afrique du Sud, au Swaziland, et en Namibie. Les moustiquaires et les médicaments n’ont pas donné les résultats attendus dans certains pays africains, Ethiopie, Gambie, Mali, Niger, Togo. Bonne nouvelle, la formule « prévention – suivi » aurait permis de réduire de 50% entre 2000 et 2007 le nombre de personnes malades dans quatre pays africains, Erythrée, Rwanda, Sao Tome – Principe, et l’île de Zanzibar en République – Unie de Tanzanie. Un résultat porté par une petite démographie. Le nombre de cas déclarés a également diminué au Cambodge, aux Philippines, au Surinam, en Thaïlande, et au Vietnam. (1) En attendant mieux, l’OMS mise beaucoup sur la recherche qui pourrait aboutir au vaccin, d’ici 5 à 10 ans, au plus tard. Ce vaccin, qui tarde, est attendu depuis plusieurs décennies….

Le moustique, les zones humides, et les voyages…

Au Sénégal, pays qui développe un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), un article de « Sud Quotidien », daté du 26 septembre, titre : « Recul du paludisme dans la région de Dakar : La vérité des chiffres ». Selon le Quotidien, qui se réfère aux données du PLNP, on est passé d’environ 110 000 cas déclarés de paludisme de janvier à juillet 2007, contre 37 000 en 2008, pour la même période. Le nombre de morts aurait lui aussi chuté, 259 morts en 2007, et 10 en 2008. Un autre article de Sud Quotidien, daté du 27 septembre, indique : «  Sénégal: Eaux stagnantes et hautes herbes en banlieue – Le paludisme s’installe et se fait maîtriser. » On y apprend que  malgré les « grands efforts consentis par le Gouvernement pour refréner la malaria », le palu reste la première cause de consultation médicale dans la « banlieue de Dakar ». Ce, « malgré une nette diminution par rapport aux années passées. ». En cause, les eaux stagnantes héritées de la saison des pluies et les hautes herbes de la zone, le « Disneyland » du moustique qui adore les zones humides. Jusque dans les années qui ont suivi l’indépendance, les services d’hygiène contrôlaient l’état sanitaire des habitations pour limiter la prolifération des moustiques. A Saint-Louis du Sénégal, on se souvient encore du temps où les agents s’introduisaient dans les maisons pour vérifier l’état des lieux, propreté, eaux stagnantes, et rejet des eaux sales. Marais, lagunes, flaques, poches de plastique gorgées d’eau, ou poubelles, la question du palu est aussi une question d’environnement. Quand on ne peut pas les supprimer du paysage, il convient d’éliminer les lieux où les moustiques se reproduisent.

Eliminer le palu, l’un des grands travaux inscrit dans les Objectifs du Millénaire, n’est pas si simple. En 1982, Singapour gagne la bataille du moustique, et éradique le paludisme. Vingt cinq ans plus tard, la présence d’anophèles dans la ville se combine à l’immigration de travailleurs étrangers originaires de pays touchés, porteurs de la maladie, pour réactualiser le problème. (5) Le moustique aime beaucoup les voyages.

M.J

Youssou N’Dour live le 25 avril dernier, à l’occasion de la journée mondiale du palu…

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(1)World Malaria Report, 2008. http://www.who.int/malaria/mediacentre/wmr2008/MAL2008-SumKey-FR.pdf

(2) « Nouveau plan d’action mondial contre le paludisme », AFP/ Le Monde -25-09-2008.

(3) « 80,000 die from malaria in Pakistan every year », The Post, 14-04-2008.

(4) Journée mondiale contre le paludisme : « You à Washington, Awa Coll Seck à Livingstone », Sud Online, El Hadji Gorgui Wade Ndoye, 25-04-2008. http://www.sudonline.sn/spip.php?article10635

(5) Epidemiological News Bulletin (Ministère de la santé / Singapour), oct-dec.2007


Publié par marlene le 1 octobre 2008 dans Actualité,Santé.
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