Environnement
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Le Japon met du riz dans ses moteurs…

Bonjour,

Soucieux de coller aux objectifs de Kyoto sans renoncer à son parc de 70 millions de véhicules, le Japon se lance dans l’aventure de l’éthanol. Dès mars 2009, le pays devrait convertir du riz en carburant alternatif. Mais, pas question de toucher au riz japonais, ligoté à la tradition du pays. C’est une nouvelle variété, le Hokuriku 193, une semence bon marché avec un rendement de 30 à 40% supérieur au riz traditionnel, qui est expérimenté dans les rizières de Nigata, au centre de l’archipel. Ce projet, conduit par la Fédération nationale des coopératives agricoles (Zen Noh), encouragé par le gouvernement japonais, sera développé sur des terres, en principe, abandonnées. L’éthanol local sera mélangé au carburant traditionnel à hauteur de 3%.(1) Le Japon, qui souhaite diminuer son accoutumance au pétrole, mise sur 10% d’éthanol dans les moteurs japonais, d’ici à 2020.(2)

Gros consommateur de pétrole, en principe « bon élève » de Kyoto qui lui impose une réduction de Gaz à effet de serre de 6% d’ici à 2010, par rapport à 1990, le Japon s’intéresse à l’éthanol. Un intérêt encore accru par l’objectif défini en 2006, 20% de pétrole en moins d’ici 2030. (2) De bonnes raisons d’importer de l’éthanol du Brésil, depuis 2001. Et de plancher sur les possibilités d’une production locale. A Hokkaïdo, les Japonais ont essayé de convertir du blé, impropre à la consommation, en carburant. D’autres expériences ont été menées à partir de déchets de bois. A Okinawa, archipel subtropical, ils ont fait des essais avec la canne à sucre, puis avec la betterave, finissant par préférer la première, jugée plus productive. La mélasse a encore fait l’objet d’expériences. Rien de bien concluant. (2) Excepté un autre projet conduit à Tomakami, sur la côte Sud de l’île d’Hokkaïdo, où la compagnie Oenon Holding, distillateur depuis 80 ans, devrait implanter une usine d’éthanol, à base de riz. La technologie qui permet cette conversion serait similaire à celle qui permet de produire du sake. L’entreprise, qui souhaitait produire du carburant alternatif à partir de riz importé, a finalement opté pour une production locale.(3) Les rizières d’Hokkaïdo, étendues sur des parcelles familiales plus grandes – la moitié couvrent plus de 10 hectares contre moins de 2 pour le reste du pays -, auraient aussi un rendement supérieur.(4)

La production d’éthanol ne devrait donc pas empiéter sur la riziculture traditionnelle. Le riz japonais, cher mais très apprécié, très subventionné car peu rentable, est un secteur très protégé par le gouvernement. Le Japon, qui couvre ses besoins en riz, doit encore en importer 760 000 tonnes, stock imposé par les négociations du Gatt. D’autre part, les campagnes japonaises sont délaissées. En 20 ans, 665 000 hectares ont été abandonnés, dont beaucoup de rizières.(4) La riziculture destinée à l’éthanol permettrait de redonner vie à une partie de ces terres cultivables, et à reverdir les paysages japonais.  Mais le parcellaire japonais, petit, morcelé, ou juché en terrasse, pose la question de la rentabilité d’une culture à vocation industrielle. Autre inconnue, le « gain gaz à effet de serre ». Le Japon , qui mise sur l’éthanol pour réduire sa production de CO²,  notamment dans le secteur automobile, devra composer avec les émissions de méthane. Les rizières, second producteur de méthane après l’élevage, 60 millions de tonnes par an contre 80 pour les ruminants, représentent 20 à 40% des émissions totales. Sans oublier les rejets de CO² dues aux unités de production d’éthanol…

M.J

(1) Interview – « Japan’s first rice éthanol plant sees 2009 start », Risa Maeda, Reuters, 18-01-08 http://www.reuters.com/article/latestCrisis/idUST33749

(2) “Japan – Biofuels – Biofuels Production Report”, USDA Foreign Agricultural, Gain Report-JA (Global Agricultural Information Network), 25-05-2006. http://www.fas.usda.gov/gainfiles/200605/146197881.pdf

(3)”Japan’s Oenon may produce rice-original”, Reuters, 23-05-08 http://asia.news.yahoo.com/070523/3/32atk.html

(4) Click Japon / Agriculture. http://www.clickjapan.org/economie/industrie/agriculture.htm


Publié par marlene le 3 octobre 2008 dans biocarburants,Japon
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Une réaction à “Le Japon met du riz dans ses moteurs…”

  1. noiretblanc
    4 octobre 2008

    Les DIREN, c’est quoi?
    Les directions régional de l’environnement. !!!Environnement?!!!
    Donc en Normandie, !!!NORMALEMENT!!! il y a des gens dans des bureaux qui réagissent quant il y a des pollutions?
    Et d’autre qui sont sur le terrain pour faire des contrôles?
    Haaaaa Booon?! Et ça alors.
    http://cabourgeais.ifrance.com/

    Ou tapez cabourgeais sur le net (une page sur la Normandie)
    C’est pourtant en Normandie, c’est dans une !!!soit-disant!!! ZNIEFF
    Donc, si je ne me trompe pas, tous ça, c’est du pipo.
    Les ZNIEFF ne sert à absolument RIEN sauf à faire des décharges à ciel ouvert
    Les DIREN sont totalement, complètement inutiles.
    En voilà d’autre http://varaville.ifrance.com/
    http://normandie-pollution.ifrance.com/ 4 ans que cela dure.
    Que font tous ces gens qui parlent environnement? DRIRE, DIREN, ADEME, AESN, ARENE,
    EPE, MEDAD, etc. Etc. Etc.
    RIEN, du PIPO voilà, ça cause, ça fait des plans sur la planète (qui en a ras-le-bol elle).
    Mais concrètement RIEN, quant on voit une ZNIEFF se remplir de merde et que personne ne se sent concerné je dis BRAVO. Que l’on arrose des plantes protégées avec de l’huile de vidange, je dis BRAVO. Faite respecter les lois les plus élémentaires sur l’environnement, APRES, vous pourrez taxer les gobelets en plastiques. Car votre grenelle c’est n’importe quoi quant on vois ces photos.
    Savez vous comment l’état règle ce problème? En mettant celui qui dénonce cette pollution au tribunal. Elle est devenue belle la France!
    Nativelle P.

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