Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« Un monde sans eau », des stratégies de survie.

Bonjour,

Dans « Un monde sans eau ? », le réalisateur autrichien Udo Maurer prend prétexte de l’eau, celle qui détruit et celle qui manque, pour nous raconter la vie de millions de personnes. Trois lieux, le Bangladesh, le Kazakhstan, le Kenya, trois tableaux pour illustrer ces stratégies de survie.

Le premier épisode met en scène les paysans du delta du fleuve Brahmapoutre, au Bangladesh, une zone très peuplée, très cultivée, et soumise aux inondations des moussons. La montée des eaux, qui arrache des morceaux de terrains, submerge les cultures et menace les villages, force les Bangalis à anticiper les récoltes et à déplacer leurs habitations avant qu’elles ne soient avalées. Les habitations sont d’ailleurs conçues pour un déménagement rapide. Un vieil homme raconte qu’il a déplacé sa maison au moins une quinzaine de fois au cours de sa vie. Une vie de « nomade » climatique », une existence précaire dans une géographie instable. Les femmes, sur lesquelles reposent les contraintes familiales, sont les premières victimes de cette vie rythmée par la menace des eaux.

Second tableau, le port de pêche d’Aralsk au Kazakhstan, qui a vu la mer d’Aral commencer à se retirer dans les années 70, et dont les bateaux sont définitivement immobilisés dans un horizon de sable. La mer s’est retirée à 90 km de là, pour laisser du sable et des pesticides. Dans les années 50, les fleuves qui l’alimentaient ont été détournés pour irriguer le coton d’Ouzbekistan, et les rizières plantées en plein désert du Kazakhstan. La mer d’Aral, autrefois l’une des plus vastes mers intérieures du monde, est réduite à une peau de chagrin, se trouve désormais à 90 km d’Aralsk. Les vieux marins regrettent les sorties en mer, un fils de pêcheur se souvient des bains de son enfance, et des vieilles dames font visiter les friches de la conserverie de poisson qui les employait. Aujourd’hui, la ville compte 70% de chômeurs, les saltimbanques amusent les désoeuvrés, et les jeunes filles dessinent cette mer dont on attend toujours le retour.

Troisième temps, une immersion dans la fourmilière de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, la capitale du Kenya. Promiscuité, 20 000 habitants au km2, chômage, violence, insalubrité, et manque d’eau. Vendue quatre fois plus chère que dans les quartiers chics de Nairobi, l’eau est une marchandise, une source de revenus pour délinquants recyclés, un métier. Quelques billets glissés à un agent affecté au circuit officiel de distribution, une percée dans la canalisation, et la source, plus ou moins potable, se met à couler dans de gros bidons en plastique. Et pour remplir les bidons, il faut marcher, parcourir des kilomètres sur un terrain boueux, accidenté, chargé d’immondices, et bourré d’obstacles. La tâche des femmes, les hommes y perdraient leur dignité. Puis, il faut retourner, avec les bidons pleins. Les points d’eau, pourtant illégaux, sont rares à Kibera. Ses habitants, dont l’existence, autour de quelques litres d’eau par jour, plus ou moins, selon leurs moyens rêvent d’eau courante…

La bande-annonce d’un film sorti en salle, mercredi dernier. Le documentaire est sobre. L’image révèle des trajectoires de survie s’en s’embarrasser de contextes explicatifs. Y en a –t-il besoin ?

M.J


Publié par marlene le 11 octobre 2008 dans Actualité,Cinema.
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