Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« La vie moderne », histoires de la campagne.

Bonjour,

Absorbée par le bouquin d’Orsenna, « L’avenir de l’eau –Petit précis de mondialisation », j’en parle plus tard, d’ailleurs tout le monde en parle et c’est tant mieux, j’ai cherché un petit sujet. Et j’ai trouvé un grand documentaire. « La vie moderne », de Raymond Depardon. C’est le genre de film qui rend heureux quand on le regarde, et dont la force des images se révèle pleinement le jour d’après. Et les jours qui suivent. On prend d’abord une petite route des Cévennes dans le village de Villaret pour arriver à une ferme, rencontre avec la famille Privat. Deux vieux frères dessinés par une vie de travail au grand air, leur neveu fraîchement marié, et une petite citadine arrivée avec le mariage. Cinq personnages, surpris dans leurs paysages, près de leur étable, ou accoudés sur la toile cirée de la table de la cuisine. Ils évoquent une vie consacrée à la terre, à leurs brebis, à leurs vaches, ils retiennent les mots préférant les regards, ils finissent par lâcher un conflit de génération, et abordent l’avenir d’une exploitation qu’il faudra bien léguer aux plus jeunes, qui n’ont pas les mêmes méthodes. La question des partages justifie les non-dits. La petite, pas franchement convaincue de sa vie à la ferme. Puis on repart dans ces paysages de moyenne montagne aux étés torrides et aux hivers neigeux, aux terres austères et pentues, guère d’autre choix que l’élevage, une autre route, une autre ferme, Depardon voix-off mène la visite, la caméra est sur le véhicule, une autre route, une autre ferme, puis encore une autre, autant de séquences. Toutes ces routes mènent chez des connaissances du cinéaste, parfois des amis qu’il a déjà filmés, des figures d’un monde des champs qui fout le camp, et qui résiste comme il peut. Depardon pose quelques questions, la caméra saisit patiemment une série de portraits arrachés à l’intimité d’une vie repliée, des paysans pas franchement farouches, pas franchement bavards, mais parfois rigolards. Devant un bol de café, face à la caméra, on parle du laitier qui ne passe plus, des voisins qui restent, de ceux qui sont partis, des villages qui se vident, des citadins qui achètent des maisons, ou du manque d’argent pour mener à bien ses projets, de ces petites histoires qui font un monde. Dommage, il est déjà l’heure de repartir, un dernier regard sur ces paysages presque intacts.

« La vie moderne », qui succède à « L’approche » (2001) et « Le quotidien » (2005) est le troisième volet de la trilogie « Profils paysans ». Depardon, fils de paysans, n’a cessé de revenir sur le territoire de son enfance.

M.J

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Publié par marlene le 13 novembre 2008 dans Actualité,Cinema.
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Une réaction à “« La vie moderne », histoires de la campagne.”

  1. citizen99
    18 novembre 2008

    Article intéressant:

    La fonte des glaces serait 10 fois plus rapide que les rapports déjà alarmants. Le réchauffement climatique provoque une hausse du niveau des océans de l’ordre de 3 millimètres par an, du moins pour l’instant. Lors du prochain siècle, ce rythme va s’accélérer.
    L’analyse de la fonte du Groenland est de loin le phénomène le plus inquiétant. En opérant depuis l’espace, les scientifiques de la NASA ont remarqué à quelle vitesse ce continent de glace fondait.

    Source et suite :

    http://www.unisciences.com/physique/news/fonte_glace_giss.php?id=378

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