Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Crise financière et crise climatique.

Bonjour,

Le sommet de l’ONU sur le réchauffement climatique a débuté lundi 1er décembre à Poznan, une ville de l’Ouest de la Pologne. Un an après Bali qui avait adopté une « feuille de route » pour accompagner les négociations, Poznan vise à faire avancer un plan climat qui sera finalement décidé à Copenhague, en décembre 2009. Pendant deux semaines, les 192 signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) vont discuter pour imaginer l’après-Kyoto, qui expire en 2012. Il reste un an pour s’entendre sur les moyens de réduire, ensemble, les émissions de gaz à effet de serre. A Poznan, la crise financière pourrait s’immiscer dans les débats, et compliquer les discussions sur le climat. Lors de l’ouverture de la Conférence, Yvo de Boer, le responsable de la CNUCC, a déclaré : « La réalité est que mobiliser les ressources financières à l’échelle requise constituera un véritable défi. »(1), Les gouvernements des pays industrialisés, qui se sont ruinés pour sauver leur système financier, risquent d’être moins disposés à dépenser pour lutter contre le réchauffement climatique. Par exemple, l’Europe devra se donner les moyens de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 – par rapport à 1990 -, et de convertir en renouvelable 20% de son offre énergétique, programme ambitieux. Dans Libération (2), Yvo de Boer s’inquiète encore des conséquences de la crise financière: « Au cours des dix prochaines années, nous allons remplacer 40% des capacités de production de l’énergie.(..) Si à cause de la crise financière, la décision est prise d’utiliser des technologies peu chères et polluantes, elles seront encore là dans trente ou cinquante ans. »

En attendant un nouveau protocole, qui devrait intégrer les pays émergents, Barack Obama a envoyé une délégation à Poznan. Il souhaite tourner la page « Bush ». Les Etats-Unis pourraient cesser de faire « bande à part » pour rejoindre les 37 pays industrialisés qui ont ratifié Kyoto. A Poznan, Rajendra Pachauri, chef du GIEC et prix Nobel 2007, a rappelé aux participants les enjeux du réchauffement climatique, élévation du niveau des mers, pénurie croissante d’eau, et disparition des espèces. (3) Il y a quelques semaines, Claude Lorius, glaciologue français et Lauréat du Prix Blue Planet 2008, confiait son pessimisme au journal Le Monde : « Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu’on va subir un réchauffement : on prévoit d’ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l’âge glaciaire à l’holocène ! Je ne vois pas que l’homme ait actuellement les moyens d’inverser la tendance. » (4) Pour peut-être atténuer cette tendance, en visant une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25% en 2030 – par rapport à 2000 -, il faudrait 500 milliards de dollars annuels, estimation du CCNUCC, qui s’ajoutent évidemment aux milliards de dollars engloutis par le système financier mondial…

M.J

(1) AFP, 30 nov. 2008

(2) « Climat pesant à Poznan », Christian Losson, Libération, 1er décembre 2008.

(3) « UN Climate conf. Concerned about financial crisis », AP, 1er décembre 2008.

(4) “Un expert du climat appelle à un sursaut de l’homme”, propos recueillis par laurent Carpentier, Le Monde, 11-11-08.


Publié par marlene le 2 décembre 2008 dans Actualité,Climat
Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site.

Laisser une réponse

Vous devez être identifié pour écrire un commentaire.