Environnement
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Le Sénégal relance la « Grande muraille verte »…

Bonjour,

En ce moment, le Sénégal parle beaucoup de la « Grande Muraille Verte ». Il s’agit de faire avancer ce projet pharaonique de reboisement qui doit traverser l’Afrique d’Ouest en Est, pour freiner la désertification de la frange sahélo-saharienne. Abdoulaye Wade, le Président sénégalais, coordonne la plantation de ce ruban transcontinental de 7000 kilomètres de long, sur une quinzaine de large, qui doit relier Dakar à Djibouti. Pour relancer ce processus qui piétine un peu, Djibo Leïty Kâ, le Ministre de l’Environnement sénégalais, a annoncé la création d’une agence panafricaine. Cet organe doit piloter un ouvrage qui implique 11 pays -Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Nigeria, Niger, Tchad, Soudan, Ethiopie, Erythrée,et Djibouti-. Beaucoup de monde à secouer, le projet traverse les frontières, mais chacun veille à ses plantations. Djibo Leïty Kâ est allé au Mali, au Burkina Faso, au Tchad, au Niger, en Ethiopie, pour rappeler l’importance de ce reboisement. Cette grande ceinture verte sera ourlée de bassins de rétention pour redonner vie à des espaces oubliés des pluies, et malmenés par ses habitants. Les caprices du climat ont fragilisé des sols, par ailleurs sur-exploités par leurs occupants, qui n’ont guère le choix. Cette barrière, et ses retenues d’eau, devraient rendre les terres à nouveau cultivables. D’où l’enjeu. (1) (2)

En pratique, ce reboisement est lent. Le Sénégal, qui doit ceinturer 515 kilomètres, compte 25 kilomètres de ruban vert. Objectif pour l’année prochaine, doubler ce ruban végétal. Et pour parvenir à cet objectif, Djibo Leïty Kâ convoque le secteur privé pour donner un coup de pouce à l’état. (1) (2) Début mai, les pépinières étaient déjà prêtes…

M.J

(1) Sénégal: Grande muraille verte – Vers la création d’une agence panafricaine

O. Ndiaye, Le Soleil, 8 Décembre 2008 http://fr.allafrica.com/stories/200812080161.html

(2) Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Le secteur privé invité à participer à la réalisation de la Grande muraille verte

5 Décembre 2008 http://fr.allafrica.com/stories/200812050781.html


Publié par marlene le 9 décembre 2008 dans Afrique - Environnement.,Désertification.
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4 réactions à “Le Sénégal relance la « Grande muraille verte »…”

  1. Lazare Hobarth
    28 janvier 2009

    Il est indispensable de réunir toutes les conditions permettant de s’assurer que ce projet ne connaisse pas l’échec du Barrage Vert d’Algérie qui suscita tant d’espérances en son temps: la fin des années 1960.
    L’activité forestière nécessite de solides connaissances techniques sinon scientifiques. Le volontarisme, les professions de foi, les visions romantiques voire héroiques ne suffisent pas pour relever d’aussi grands desseins.
    Qu’ont déjà entrepris les onze pays concernés par la Grande Muraille Verte d’Afrique en matière de sauvegarde et de valorisation des formations forestières naturelles? Il est certain que si les professionnels de ces pays ont déjà à leur actif d’avoir maitrisé la protection et la mise en valeur de leurs ressources sylvicoles spontanées, toutes les ambitions sont permises. Dans le cas contraire, il est préférable de s’accorder un temps de réflexion supplémentaire – le plus bref possible, cela s’entend.

  2. marlene
    29 janvier 2009

    Réfléchir encore à ce projet, réunir et fédérer les talents pour y parvenir. Oui. Mais il me semble, comme vous, que nous sommes déjà dans l’urgence. Il est cependant possible que l’inévitable progression de la désertification dans la frange sahélo-saharienne – avec ses inévitables compagnons, moins d’eau, moins de terres cultivables, moins de cultures, et donc moins de nourriture – rende ce projet incontournable. Et lui donne un coup de pouce. Avec bien sûr quelques moyens extérieurs, bien employés.

  3. Lazare Hobarth
    5 février 2009

    La désertification ayant pour origine la surexploitation des ressources naturelles prend effectivement un caractère alarmant dans plusieurs régions d’Afrique que ce soit au nord ou au sud du Sahara. La question de fond, à mon sens, réside dans la maîtrise ou non de la gestion de la biodiversité. Les forestiers d’Europe tempérée ont mis au point des méthodes d’aménagement forestier – perfectibles et ajustables par définition – qui ont très largement fait leurs preuves. En Algérie, le projet Barrage Vert suscita à la fin des années 1960 et au début des années 1970 d’immenses espoirs dans maintes contrées du monde entier. Ce qui a été oublié à partir de 1974 c’est que le projet devait être conduit en concomitance avec la protection et la mise en valeur des formations forestières naturelles. Un reboisement, pour les professionnels de la sylviculture est une future forêt . Au début de ce XXIème siècle, la France par exemple a pu se doter d’un patrimoine forestier d’une superficie équivalente à celle qui existait au Moyen Age ( 15,5 millions d’hectares environ ). Le volontarisme pour avoir quelques chances d’atteindre ses objectifs constructifs affichés doit nécessairement être accompagné de la maîtrise de techniques qu’elles soient de nature sylvicole, économique, cartographique, pédologique, climatologique…L’ignorance et le rejet de ces précautions basiques on fait du Barrage Vert d’Algérie un échec cuisant, un gaspillage d’argent et d’énergie, un motif de désaffection pour toute entreprise de reforestation dans les territoires semi arides.

  4. marlene
    5 février 2009

    Il me semble quand même lire au début de votre intervention l’une des causes principales de la désertification, sinon la principale, la pauvreté. Puisque sur-exploitation des ressources naturelles. Avec peut-être un manque de sensibilisation. Donc, un volontarisme, même doté d’une artillerie de techniques, oui. Mais, il doit s’accompagner d’un dispositif de lutte contre la pauvreté. Posé comme facteur complémentaire, mais nécessaire. Nous ne sommes pas en France.
    Je n’ai pas votre érudition concernant les politiques de reboisement en Afrique, mais j’ai vu, sur le terrain, des gens totalement approuver un plan de reforestation de mangrove -par exemple-. Tout le monde convenait des avantages, économiques, sociaux, culturels, d’un regain du milieu. Puis, lors de la réunion suivante, on apprenait que des pirogues entières repartaient chargées de bois de mangroves. Des « bras » étaient d’ailleurs toujours prêts à opérer dans les village. Question de revenus.
    Donc, oui pour votre programme, surtout s’il est facteur de développement. Et d’emplois. Sans parler de l’épineuse question des financements. Et des incertitudes liées à une collaboration des Etats pour construire cette fameuse « Barrière Verte » que les aléas du climat rendent un peu plus urgente.

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