Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Climat, CO², et solidarité.

Bonjour,

La Conférence de Poznan sur le climat ouvre une voie incertaine vers Copenhague. Pourtant, dans un an, le monde devrait enclencher un effort décisif pour freiner les effets de la crise climatique. Alors que les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevées, il s’agira de composer un nouveau Traité plus ambitieux que Kyoto, qui prend fin en 2012.

Kyoto et son bilan.

Seul cadre juridiquement contraignant, Kyoto jette les bases d’une mobilisation mondiale contre le réchauffement climatique. Ouvert aux engagements en 1998, le Protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005. Il est alors ratifié par 55 pays, minimum imposé, qui figurent parmi les plus gros pollueurs en 1990. Kyoto, qui propose un calendrier de réduction de gaz à effet de serre, engage les pays industrialisés ou en route vers une économie de marché, à réduire de 5,5% leurs émissions de GES d’ici à 2012. Pour faciliter la réduction des Gaz à effet de serre, le protocole met en place des mécanismes dits  » de flexibilité « , qui permettent aux pays de s’adapter. Kyoto, qui compte aujourd’hui 183 membres, n’oblige que 37 pays à limiter leurs émissions.

En 2008, l’ONU dresse un bilan de Kyoto. En 2006, une quarantaine de pays industrialisés – c’est-à-dire un peu plus que ceux dotés de vraie contraintes – ont réussi à diminuer de 5% leurs émissions de CO², par rapport à 1990. Cette bonne conduite est valable pour la période 1990-2006. En regardant de plus près, la courbe  commence à s’inverser en 2000. Entre 2000 et 2006, les rejets augmentent de 2,3%. Les pays d’Europe centrale et orientale, d’abord plongés dans une crise économique pendant leur période de transition vers l’économie de marché, et donc moins polluants, auraient contribué à cette évolution. Mais quand leur économie se redresse à partir de 2000, leurs rejets de CO² suivent, plus 7,4% entre 2000 et 2006. L’ONU remarque que, globalement, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter.

L’Europe centrale et orientale défend son économie polluante.

Ce qui pourrait expliquer pourquoi les pays d’Europe centrale, nouveaux membres de l’Union européenne, et dont l’économie dopée par le charbon, compliquent les discussions sur les réductions de gaz à effet de serre. Exemple, la Pologne, le pays d’accueil de la conférence. La Pologne, 95% d’électricité à base de charbon, l’un des champions européens du rejet de dioxyde de carbone, n’a pas les moyens d’une conversion rapide à une économie propre. Elle craint que l’Union européenne ne lui impose ses objectifs contraignants, ce qui ne manquerait pas de secouer le pays : chômage dans les mines de charbon, hausse de la facture énergétique des ménages, et une plus grande dépendance énergétique, notamment vis-à-vis de la Russie. Alors tant pis pour l’atmosphère, la cohésion européenne, et les paysages polonais.

Plus polluants, moins riches, les pays de d’Europe centrale et orientale réclament plus de temps pour s’adapter. Ils souhaitent quelques privilèges pour continuer à polluer. Et ils comptent sur la solidarité européenne pour les aider à financer cette nouvelle transition vers une économie plus propre. La France, qui préside l’Union européenne, a réuni à Gdansk ces nouveaux membres – Pologne, Bulgarie, Hongrie, Roumanie, République Tchèque, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie – pour tenter de les rallier à un plan climat européen, articulé autour du chiffre « 20 ». Moins 20% de CO² en 2020 par rapport à 1990, 20% de renouvelable dans la consommation européenne, et 20% d’économie d’énergie.

Copenhague en perspective.

Copenhague devra édicter un nouveau pacte climatique, articulé autour de trois priorités. Décider d’une politique de réduction des GES plus contraignante pour les pays industrialisés. Il est question de viser les 40% d’ici 2020, pour atteindre les 90% à l’horizon 2050. Seconde priorité, entraîner les nouvelles puissances émergentes dans cet effort international. La Chine est devenue le premier pollueur mondial, quand l’Inde, le Brésil, ou l’Afrique du Sud, ou le Mexique sont arrivés au niveau des pays industrialisés. Il s’agit encore d’imaginer des mécanismes de financement pour accompagner les pays pauvres, d’Afrique ou d’Asie, dans leurs efforts d’adaptation. En clair, il faut les aider à développer des technologies propres, technologies qui sont généralement au dessus de leurs moyens. Et leur donner les moyens de répondre aux conséquences du changement climatique, qui se fait déjà sentir dans nombre de pays.

La question de la déforestation, oubliée par Kyoto, source d’émissions, devra encore figurer sur le futur traité. Cette question a déjà été débattue à Accra, au Ghana, du 21 au 27 août dernier, lors d’une Conférence sur le climat et la déforestation, organisée par la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUC). Cette discussion, destinée à aborder l’après-Kyoto, a désigné la déforestation dans les pays en voie de développement, et en Afrique, comme l’une des priorités internationales. La destruction du couvert forestier, qui a des incidences climatiques dues aux émissions de CO², entraîne aussi une dégradation des sols et des écosystèmes. Avec le risque de priver les populations concernées de leurs ressources vitales. Copenhague devrait accompagner un développement plus respectueux de l’environnement dans les pays les plus exposés. Avec une probable contribution financière.

Retour à Poznan.

L’équipe Bush, présente à Poznan, devra bientôt céder la place à l’équipe Obama. Changement de direction, et changement de ton. En attendant que les Etats- Unis adhèrent à un nouveau traité sur le climat – les Etats-Unis, qui ont refusé de ratifier Kyoto, ne sont pas engagés à réduire leurs émissions de CO² -, hypothèse probable mais pas immédiate, Barack Obama a déjà chiffré ses objectifs. Il souhaite, à l’horizon 2020, ramener les émissions des Etats-Unis à leur niveau de 1990. Il va plus loin. Il propose une réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis à l’horizon 2050, toujours par rapport à 1990. La Chine, dont la croissance reste liée au charbon qui lui fournit de l’électricité, prend aussi conscience que sa propre pollution l’asphyxie. A Poznan, elle a fait preuve de bonne volonté, A condition que les pays riches montrent l’exemple, et l’aident financièrement à lutter contre le réchauffement. L’Europe, qui entre-temps s’est déplacée à Bruxelles pour négocier son fameux plan « Energie – climat », peine à trouver un compromis. Les pays d’Europe centrale et orientale, qui crient misère, pourraient bien bénéficier d’exemptions, assorties d’une enveloppe pour encourager leur coopération. Privilèges que pourraient envier les pays en voie de développement, déjà offerts au réchauffement, et sans moyens pour affronter la crise climatique. Un an avant Copenhague, le concert d’intérêts entendu à Poznan, pose la question d’une solidarité internationale. Et d’un front commun pour freiner les effets de la crise climatique.

M.j

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Publié par marlene le 11 décembre 2008 dans Actualité,Climat,Non classé
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2 réactions à “Climat, CO², et solidarité.”

  1. zango adama
    4 janvier 2009

    très content de te lire.je suis etudiant en droit;année de licence et je m’interesse aux question environnementale avec une association denommée « citoyen responsable ».je suis en phase d’elaboration de modules de formations pour sensibilier les élèves,étudiants et tout le monde.merci infiniment et on garde le contact.bon travail!j’ai vraiment apprécié.bye

  2. marlene
    9 janvier 2009

    Pas de problème…A bientôt. Et bonne année.

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